Parentalité

Quelle chance d’avoir un enfant autonome !

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“Mon fils est un fainéant ! Quand il s’agit de travailler, il faut le pousser, quant à aider à la maison n’en parlons pas ! On ne peut pas lui demander un service sans qu’il ne s’énerve, et quand il se décide enfin à faire quelque chose c’est toujours bâclé… Je sens déjà qu’aucune femme ne voudra de lui, il faut tout lui faire à sa place ! Et toi tes enfants, ils ont l’air de beaucoup t’aider ! Tu as de la chance, profite !

Voilà à peut près les mots que m’a tenue une maman l’autre jour. Passons sur le fait qu’elle a déjà classé son fils de 4 ans dans la catégorie “Tanguy”… Je préfère m’attarder sur ma chance d’avoir des enfants autonomes !

Mes enfants sont très autonomes… si je suis avec eux !

Effectivement, à 3 et 5 ans, mes enfants s’habillent et se lavent seuls, ils font leurs lits, mettent et débarrassent la table. Il leur arrive de m’aider à faire la cuisine ou de passer l’aspirateur, ils étendent le linge et apprennent à plier leurs vêtements. Alors dit comme cela, on a l’impression qu’il ne me reste plus grand chose à faire à la maison puisque mes petits esclaves enfants participent tant, et que je peux mener une vie de loisirs et de repos.

Mais voyez-vous les choses ne sont pas si simples, et avoir de jeunes enfants autonomes représente beaucoup de travail pour l’adulte au final.

Car les jours où, fatiguée, je me dis que je vais tenter de leur crier à travers l’appartement de mettre leurs pyjamas afin d’aller un peu plus vite dans le rituel du soir, j’obtiens rarement le résultat escompté. Au mieux, lorsque j’arrive dans leur chambre, je trouve mes enfants toujours habillés et vacants à leurs occupations comme s’ils n’avaient rien entendu de ce que je leur ai demandé. Au pire, je trouve deux enfants à moitié habillés faisant une bataille d’oreillers dans une cabane qu’ils ont faite avec les draps de leurs lits.

Car mes enfants ne sont pas dupes. Lorsque je leur dis de faire quelque chose seuls et qu’ils voient que je n’ai pas l’intention de les accompagner, ils comprennent bien que j’essaye de me débarrasser d’une tâche qui ne m’enthousiasme pas ! Alors pourquoi s’enthousiasmeraient-ils ?

Pour que mes enfants fassent preuve d’autonomie, ils ont besoin d’un public (comprendre : ils ont besoin que leur mère applaudisse leurs exploits !). Leur laisser de l’autonomie suppose donc d’être présente, de les laisser faire en les encourageant et en les aidant lorsqu’ils le demandent.

 

enfant épluchant une carotte
Éplucher une carotte et préparer son repas.

 

Aide-moi à faire seul

Avoir des enfants autonomes quand ils ont 3 et 5 ans, ça n’est pas avoir des enfants qui font tout seul ou qui font tout. C’est avoir des enfants qui font seul avec un adulte qui les accompagne. C’est exactement ce qu’indique la citation de Maria Montessori : “Aide-moi à faire seul“. L’enfant n’a pas besoin qu’on fasse tout à sa place, mais il a besoin qu’on l’accompagne dans ses apprentissages. Et petit à petit, en ayant une position de retrait mais en étant toujours prêt à aider l’enfant quand il le demande, et en acceptant qu’il fasse ce qu’on ne l’aurait pas pensé capable de faire, l’enfant devient autonome.

Ma fille de 5 ans passe l'aspirateur
Ma fille de 5 ans passe l’aspirateur

 

et l'aspirateur se transforme en voiture de course pour mon fils !
et l’aspirateur se transforme en voiture de course pour mon fils !

Avoir un enfant autonome c’est patienter 20 minutes qu’il mette ses chaussures (bien-sûr on a le droit de les lui mettre le jour où on est très pressé, mais tout en lui expliquant que c’est cette fois pour être à l’heure), c’est ne pas avoir peur du regard des gens lorsque vos enfants sortent avec leur pull mis à l’envers (parce que quand ils ont fait seul, à moins que cela ne gène leur confort, on respecte et on ne revient pas sur la façon dont ils ont fait), c’est accepter que la cuisine devienne un champ de bataille pendant la préparation des repas (et leur apprendre aussi à laver la cuisine après, tant qu’on est dans l’autonomie, hein !), c’est accepter que l’enfant ne fera pas comme nous, mais qu’il fera peut-être tout aussi bien (ou moins bien, mais qu’en tous cas il prend ce chemin pour apprendre).

Enfant préparant leurs sandwichs
Ils ont mis plein de miettes, les plateaux étaient pleins de gras, la plaquette de beurre ressemble à un champs de bataille criblé d’obus, mais ce midi-là, mes deux enfants ont mangé entièrement tout leur sandwich remplis de bons légumes !

Avoir un enfant autonome c’est le voir se régaler à apprendre de nouvelles choses… et devoir les terminer à sa place parce qu’il n’a plus la patience. Et recommencer le processus encore, et encore… parce qu’un jour il y arrivera, il terminera son activité seul et il sera fier du résultat. Et ce jour-là, c’est nous qui nous régalons à voir la fierté dans ses yeux !

 

Mes astuces pour encourager mes enfants vers l’autonomie

Premièrement, pour avoir des enfants autonomes, il faut une maison qui leur est adaptée ! Cela passe par l’aménagement de la maison et l’achat de quelques accessoires (pas nécessairement coûteux) pour que ce dont les enfants ont besoin soit toujours à leur porté :

  • Des marchepieds : Si vous voulez vous faire plaisir, vous pouvez vous offrir une belle tour d’observation. Mais bien souvent une simple marche suffit. Une marche est peu coûteuse, légère et donc facile à transporter par l’enfant (oui, je vous rappelle que je vous écris un article sur l’autonomie !). Ici nous en avons plusieurs et de plusieurs tailles, placer à des endroits stratégiques (salle de bain, toilettes, cuisine, chambre des enfants).
  • Des rangements accessibles : il est nécessaire que les affaires dont les enfants auront besoin leurs soient accessibles. On voit souvent sur internet, de beaux dressings “Montessori” où tous les vêtements sont suspendus à une tringle à hauteur d’enfant. C’est très joli et idéal pour les petits, mais on n’a pas toujours une maison adaptée. Ici les vêtements sont pliés et posés sur des étagères ou dans des tiroirs à la hauteur de nos enfants. Ils peuvent donc choisir ce qu’ils vont porter et quand ils veulent reposer un vêtement, ils le replient puisque cela fait aussi partie de l’autonomie !  Je prends ici l’exemple des vêtements, mais à la maison, tout est rangé selon ce principe d’accessibilité : les enfants ont accès à leurs produits d’hygiène, à la vaisselle et aux ustensiles de cuisine, au matériel de loisirs créatifs. Bien évidemment certaines choses leurs sont inaccessibles pour des raisons de sécurité ou de complexité d’utilisation : médicaments, couteaux de cuisine, pâte à modeler (oui, la pâte à modeler est une arme de destruction massive de mon salon, je la range dans la même catégorie que les médocs et les couteaux !).
  • Des objets sans trop de valeur : Une chose est certaine, avec un enfant autonome il y aura de la casse ! Les petites mains sont encore maladroite, et puisqu’en tant qu’adulte il nous arrive aussi de casser des objets par inadvertance, il faut bien l’accepter de nos enfants aussi. Alors ici nous avons des objets facilement remplaçables (financièrement et sentimentalement). Par exemple, notre vaisselle est toute simple, peu coûteuse et facilement remplaçable. Quant aux beaux objets qui ont de la valeur pour nous : ils ne sont pas accessibles pour nos enfants et ils savent que ces objets ne sont pas à eux.
  • De la motivation : les enfants sont toujours fiers de faire seuls la première fois. Puis, la tâche devenant facile, ils s’en désintéressent parfois au bout d’un moment. Il est alors important de les aider à garder la motivation. Et c’est à ce moment que l’accompagnement devient important. Il est donc important de partager leurs activités régulièrement pour entretenir l’intérêt. Et quand je manque moi-même de motivation, j’utilise de la musique pour nous l’insuffler. Cela peut être juste la radio, ou des musiques plus ciblées sur le thème de l’activité (par exemple des chansons sur le rangement, vous pouvez trouver des playlists de chansons sur différents thèmes sur ma chaîne Youtube)

 

Alors oui, j’ai de la chance d’avoir des enfants autonomes, mais j’y ai aussi beaucoup travaillé. Parce que même si les enfants sont naturellement enclins à apprendre de nouvelles choses, ne pas tuer leur motivation et ne pas les décourager est parfois un vrai travail pour l’adulte car nous avons la fâcheuse tendance à vouloir que les choses soient faites à notre manière, vite et proprement. Ne pas intervenir demande parfois énormément de patience, et il faut trouver une force qu’on ne pensait pas avoir pour motiver les troupes ! Mais au final, laisser nos enfants faire par eux même peut nous conduire à de beaux moments de fierté et parfois même dans de belles aventures guidées par l’imagination de l’enfant !

 

Qui aurait cru qu'un super-héros râton-laveur pouvait tirer le carosse d'un princesse licorne ?
Qui aurait cru qu’un super-héros râton-laveur pouvait tirer le carosse d’un princesse licorne ?

 

 

 

Notre espace de retour au calme

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L’accompagnement de mes enfants dans la connaissance et la gestion de leurs émotions est l’un des plus grand défi de ma vie de maman. En tant qu’adulte, il m’est parfois difficile de gérer mes propres émotions (oui, je perds patience parfois… je suis humaine !) alors aider mes petits à maîtriser leurs ressentis n’est pas toujours facile. Avec Petit O’ (3 ans 1/2) et Colombe (5 ans), nous lisons beaucoup de livres sur le sujet et nous pratiquons de petits exercices de relaxation. Et afin de ritualiser ces pratiques de retour sur soi, j’ai aménager un petit espace de retour au calme dans lequel chacun peu se réfugier pour se calmer, mais aussi pour apaiser une excitation un peu forte ou simplement profiter dans le calme d’un moment de sérénité !

 

Espace de retour au calme

Nos activités de retour au calme

Notre espace de retour au calme consiste en un petit coin confortable où les enfants peuvent trouver diverses activités favorisant la respiration, la concentration et l’éveil des sens en douceur. J’ai choisi certaines de ces activités seule, et d’autres en consultant les enfants. Voici ce que je leur propose :

Des bouteilles sensorielles

Simples bouteilles remplies de liquide coloré, ou bouteilles remplies de paillettes, pompons et autres petits objets, les bouteilles sensorielles permettent la concentration. L’enfant les prends dans les mains, les secoue et observe le mouvement à l’intérieur. Plaisir des yeux, rythme tout doux, leur manipulation est souvent l’occasion de faire descendre les tentions.

Je n’ai pas fait d’article sur les bouteilles sensorielles présentées dans notre espace de retour au calme mais vous pouvez retrouver des exemples de bouteilles sensorielles ici :

 

Bouteilles sensorielles

Un livre de Yoga

J’incite souvent mes enfants à faire quelques postures de yoga. Cela permet de travailler son souffle et de se concentrer sur sa posture et sur les perceptions de son corps. En général, une petite séance de yoga permet de faire redescendre les tentions accumulées. Comme nous utilisons le livre 100% Yoga des Petits depuis longtemps, Colombe et Petit O’ sont capables de l’utiliser en autonomie. Je leur ai donc placé dans cet espace afin de leur donner l’idée d’une petite séance de yoga pour se calmer.

 

100% Yoga des petits

De petits objets à toucher ou observer

Les enfants m’ont beaucoup aidé à choisir les petits objets qui allait les aider à se calmer. Il y a un petit jouet (de chez MacDo’, pour une fois qu’ils font un jouet intéressant !) qui consiste à faire tourner un disque en soufflant dessus (2ème photo), un kaléidoscope qui fascine toujours beaucoup les enfants, un sablier, un rubik’s cube (choisi par Colombe) et un ours en peluche (parce qu’un petit câlin fait toujours du bien !).

 

Petits objets favorisant le retour au calme

jeu de travail du souffle

Des livres

Je ne veux pas surcharger cet espace avec des livres, alors je n’en présente qu’un seul en plus de notre livre de yoga, mais je change régulièrement de livre. Et nous avons de nombreux livres appropriés !

Mes premiers moments de relaxation : un livre muni de puces audio que l’enfant peut utiliser seul ou avec un adulte.

 

Mes premiers moments de relaxation

Mes premières activités pour être calme et concentré : C’est le premier livre sur le thème de la concentration que nous avons acheté, et après 3 ans d’utilisation il reste un des livres préférés de mes enfants !

 

Mes premières activités pour être calme et concentré

Mon temps calme avec Noah le Panda : Ce livre travail sur les sens et le souffle. Les enfants l’aiment beaucoup et même s’ils aiment que je leur lise, il leur arrive de se raconter l’histoire tout seuls.

 

 

Les contes de l’arc-en-ciel : Ne sachant pas lire, mes enfants ne peuvent pas utiliser ce livres de contes thérapeutiques seuls. Mais il se trouve tout de même tout près de l’espace de retour au calme et Colombe et Petit O’ savent qu’ils peuvent venir me chercher s’ils veulent que je leur lise un des contes.

 

La boîte lumineuse

La boîte lumineuse que j’avais fabriquée reste un des éléments préféré de mes enfants pour leurs temps calme. Observer les formes et les couleurs à la lumière douce les fascine ! Je n’ai pas posé la boîte directement dans l’espace de retour au calme car elle y prendrait trop de place. Elle est rangée avec tout son matériel associé, dans une des étagères situées juste à côté. Vous pouvez trouver des idées de matériel à observer avec la boîte lumineuse ici :

La boîte lumineuse

La Lunii

Cette petite radio qui raconte des histoires aux enfants n’est jamais bien loin de notre espace de retour au calme. Elle n’est pas directement posée avec le reste car je veux apprendre aux enfants à en prendre soin et la ranger par terre me paraît inapproprié. Mais les enfants peuvent la prendre sur les étagères et choisir l’histoire qu’ils veulent entendre ! D’ailleurs, le luniistore vient de sortir une série de séances de méditations et j’ai très envie de les ajouter à notre collection d’histoires !

Lunii

L’affichage

C’est la partie que j’ai le moins développée pour le moment, n’ayant pas encore trouver exactement ce que je cherche. Vous pouvez voir sur les photos une affiche sur laquelle les personnages de Vice Versa (dessin animé apprécié de mes enfants) illustrent les différentes émotions et leur évolution (je ne vous mets pas le lien car je n’ai pas trouvé qui était à l’origine de cette affiche, mais vous pouvez la trouver, ainsi que d’autres, sur mon tableau Pinterest des émotions).

Je cherche toujours de nouvelles affiches, et j’ai proposé aux enfants de trouver des images qu’ils trouveraient apaisantes et qu’ils voudraient accrocher là !

L’aménagement de notre espace de retour au calme

Notre espace de retour au calme est installé dans la bibliothèque, la pièce la plus petite de la maison : en fait c’est une espèce de cagibi de moins de 9m2 et sans fenêtre dont je ne savais trop que faire et que j’ai décidé d’aménager en espace cosy. L’espace de retour au calme occupe un petit coin par terre entre les banquettes et les étagères pleines de livres. Ainsi, l’enfant peut s’y installer confortablement, au sol ou blotti dans des coussins.

 

Notre bibliothèque

L’aménagement a été pensé pour que les enfants trouvent un espace confortable et propice à la relaxation, mais il convient tout à fait aux adultes aussi et je dois vous avouer qu’il m’arrive aussi de m’y installer. Et je pense que les enfants investissent l’espace en partie parce qu’ils me voit le faire aussi.

 

Et chez vous comment se passent les moments de relaxation ? Avez-vous aménagé un espace de retour au calme ? Si vous avez des suggestions, faites en part en commentaire ! C’est toujours sympa d’avoir de nouvelles idées et c’est toujours un grand plaisir pour moi de vous lire !

Unschooling : les rituels qui rythment nos journées

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Il y a quelques semaines, je vous expliquais comment nous étions arrivés au unschooling. Depuis plusieurs mois maintenant, mes enfants (3 et 5 ans) ne vont plus à l’école et il a fallu réinventer le rythme familiale. Je dois avouer que trouver une organisation qui permette aux enfants d’évoluer et d’apprendre sereinement (comprenez parvenir à les canaliser afin qu’ils ne fassent pas de la maison un champs de bataille), et à chacun d’avoir des moments pour soi (comprenez : libérer des moments pour que maman ne deviennent pas complètement folle) n’a pas été une mince affaire. Pour être honnête, même si nous avons trouvé notre voie avec le unschooling, nous n’avons sans doute pas encore atteint l’équilibre parfait, mais nous nous en sortons bien la plupart du temps et je sais que nous sommes en bonne voie ! Et cela grâce à l’organisation dont je vous propose de vous parler aujourd’hui !

 

cerf-volant

 

Unschooling : notre organisation au quotidien

Ce qui nous plaît le plus dans le unschooling, c’est sans doute cette liberté de choisir le programme quotidien. Si nous avons envie d’aller à la plage, nous le faisons. Si une copine nous appelle pour nous proposer une sortie à la dernière minute, nous sommes généralement disponibles. Si nous avons envie de rester à la maison et de travailler de manière plus formelle, nous en avons également la possibilité. Mais Colombe et Petit O’ n’ont que 5 et 3 ans et ont encore besoin de repères clairs dans la journée pour ne pas se retrouver perdus (et par là j’entends : pour ne pas faire des crises monumentales !). Nous avons donc un certain nombre de temps forts qui rythment la journée :

  • Le petit-déjeuner : c’est sans doute le pilier de notre journée puisque nous le prenons toujours à la maison. Nous ne le prenons pas toujours tous ensemble puisque chacun le prend à son réveil (et que les enfants se réveillent quand ils veulent, n’ayant pas de contrainte horaire). Le petit-déjeuner est l’occasion pour nous de lire des poésies et de les apprendre. Je trouve important que les enfants apprennent des choses par cœur afin d’entraîner leur mémoire. Et après avoir essayé la lecture de poésies à différents moments de la journée, j’ai remarqué que le petit-déjeuner était le moment qui nous convenait le mieux. Les enfants sont très disponibles, et la poésie les canalise.
  • Le déjeuner avec Papa À Dada ! (oui, nos temps forts de la journée sont clairement orientés bouffe !) : mon mari a la chance de pouvoir rentrer à la maison sur l’heure du midi et nous en profitons largement. Si nous faisons une sortie, c’est souvent en matinée mais nous nous arrangeons pour être rentrés pour le déjeuner. Les enfants sont contents de raconter leur matinée à leur papa, et j’ai l’impression d’avoir une petite pause qui coupe ma journée.
  • Le temps calme du début d’après-midi : malheureusement (pour moi, car admettons-le tout parent savoure intensément les moments de sommeil de son enfant) mes enfants ne font plus la sieste. Mais j’essaye d’instaurer un temps calme car je me sens souvent épuisée après le déjeuner (oui, je sais, manger moins lourd, toussa toussa…).  C’est généralement un moment durant lequel nous lisons des histoires. Mais j’avoue que lorsque je suis vraiment fatiguée, nous nous installons pour regarder un dessin animé.
  • Le temps rituel du soir : comme dans la plupart des familles, le rituel du soir est un des piliers de la journée. Chez nous, les enfants ont le droit de faire une activité calme (nous les encourageons à prendre un livre, mais ne les y forçons pas) et en autonomie avant que nous n’éteignons la lumière.

 

Bien-sûr, en fonction de nos activités, nous ne respectons pas toujours tous ces moments forts. Mais il reste toujours quelques temps forts pour cadrer la journée et rassurer les enfants.

Découpage de notre semaine unschooling

La semaine aussi est découpée en temps forts :

  • Le découpage jours de semaine/week-end : en semaine, Papa À Dada ! travaille en dehors de la maison. Toutes les sorties en familles ont donc lieu le week-end (vendredi-samedi ici à Dubaï).
  • Les activités extérieures régulières : les cours de gym, de natation, l’heure du conte à la bibliothèque sont autant de repère dans la semaine.
  • Le jour de la cuisine des enfants : j’ai instauré ce petit rituel qui nous fait rentrer dans le week-end, chaque jeudi soir, les enfants préparent le repas pour toute la famille. Ils réfléchissent au menu pendant la semaine, établisse la liste de course, et le jeudi, nous allons acheter ce dont nous avons besoin et nous cuisinons ensemble.

Comme les repères quotidiens, ces repères sont flexibles. Les cours s’arrêtent pendant les vacances, il arrive que les enfants n’aient pas envie de cuisiner le jeudi (ou que je n’ai pas le courage de superviser), mais il en reste toujours quelques uns. Et globalement, Colombe (5 ans) et Petit O’ (3 ans) arrive facilement à se repérer dans le temps.

Outre les rituels, le repérage passe aussi par quelques outils comme la poutre du temps, ou un semainier.

Grandir librement !

 

De l’intérêt de structurer le temps, même en unschooling

Le principe de unschooling est de suivre les apprentissages de son enfant en l’accompagnant, sans le contraindre et en essayant de le guider sans le détourner de sa route. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, n’importe quand et de vivre sa vie uniquement sur des impulsions du moment et sur de l’improvisation, même si l’improvisation a bien-sûr ça place dans ce mode de vie. Le jeune enfant a besoin de repère temporel et de structures, et c’est en les lui apportant, comme une fondation dans son développement, que l’on peut ensuite facilement intégrer l’improvisation. Parce que la nouveauté peut être effrayante, elle est bien plus facilement appréciée si elle se place dans une structure stable. Ainsi, les quelques rituels que nous entretenons en famille, sont autant de piliers sur lesquels mes enfants peuvent s’appuyer pour accepter les nouveautés.

Et quand à 3 ans, on changé de pays, quitté tous ses copains, quitté l’école et changé de langue et de culture au quotidien, les piliers ont plutôt intérêt à être bien solide !

Et chez vous, quels sont les rituels qui structurent votre journée ? Dites le moi en commentaire, car c’est toujours un plaisir pour moi de vous lire et d’échanger avec vous !

 

Le grand guide des pédagogies alternatives

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Au printemps dernier, Anne-Cécile Pigache, l’auteur de l’excellent blog Activités à la Maison a publié un livre en collaboration avec Madeleine Deny (auteur de nombreux livres sur l’éducation par le jeu) : Le grand guide des pédagogies alternatives. À travers son blog, j’avais déjà pu apprécier le sérieux avec lequel Anne-Cécile aborde l’instruction de ses 5 enfants. J’avais donc très envie de découvrir son livre ! Mais à ce moment-là j’étais en plein déménagement et n’avais pas vraiment de temps à consacrer au sujet. Le livre a tout de même trouvé une petite place dans nos bagages, et à notre arrivée à Dubaï, j’ai enfin commencé sa lecture ! Ce moment marquant le début de notre instruction en famille, c’était la lecture idéale !

Le grand guide des pédagogies alternatives

Le grand guide des pédagogies alternatives

Le grand guide des pédagogies alternatives est divisé en 11 chapitres consacrés à chaque auteur/chef de file d’un mouvement pédagogique. Chaque chapitre s’ouvre sur une double page de biographie du pédagogue abordé, expliquant ses influences, son cheminement, ses grands principes et son impact.

Le grand guide des pédagogies alternatives

Puis, chaque double page suivante présente une carte mentale dédiée à un grand principe pédagogique soutenu par le théoricien en question. En encart est consacré à un point particulier ou à des idées d’activités, et dans une colonne appelée “Cinq enfants et mon expérience“, Anne-Cécile Pigache nous livre une anecdote ou une mise en action de la pédagogie dans sa famille.

Le grand guide des pédagogies alternatives

Une partie de chaque chapitre est ensuite consacrée au matériel et aux activités à proposer aux enfants.

Le grand guide des pédagogies alternatives

Enfin, la dernière partie est un dialogue entre Madeleine Deny et Anne-Cécile Pigache abordant la pédogogie d’un œil d’expert et de maman. On y trouve également un rappel des points à retenir, ainsi que des références bibliographiques et internet pour en apprendre plus sur la pédagogie abordée.

À la fin du livre, on retrouve une chronologie de 2500 ans de pédagogie, et un tableau des activités par thème.

L’utilisation du grand guide des pédagogies alternatives

Le grand guide des pédagogies alternatives peut être lu d’un bout à l’autre, mais ça n’est pas son but. C’est ainsi que je l’ai abordé au départ. Je commençait l’instruction en famille avec mes enfants, et j’avais envie d’une vision d’ensemble des différentes pédagogies existantes afin de trouver le plus d’inspiration possible. Le guide étant passionnant, je n’ai pas eu de mal à le lire d’une traite.

Mais comme son nom l’indique, il s’agit d’un guide. Il est donc plutôt destiné à être abordé par thème (donc par pédagogie) afin d’y trouver des références et des idées d’activités. Maintenant que je l’ai lu entièrement, c’est ainsi que je m’en sers. J’approfondis ma connaissance d’une pédagogie donnée, ou alors je me réfère au tableau des activités par thème pour trouver des idées d’activités.

Grand guide des pédagogies alternatives

Mon avis

J’aime beaucoup l’idée d’avoir abordé le sujet selon 2 angles différents : celui de la spécialiste en éducation (Madeleine Deny) et celui de la mère de famille (Anne-Cécile Pigache, bien qu’en fait, étant enseignante, elle a également un œil expert sur la pédagogie !). Cette approche permet à la fois une démarche formelle, et une certaine proximité avec le lecteur et une grande authenticité. On sent que les auteurs maîtrise la théorie, mais qu’elles ont également mis ces théories en pratique. Il est évident qu’elles ont mis en pratique certaines pédagogie plus que d’autres, mais elles signalent toujours lorsqu’elles sont moins au fait de certaines pratique.

Ce guide est vraiment dense et il propose de très nombreuses idées d’approches de l’enseignement, mais aussi d’activités à proposer aux enfants. Tout y est toujours très bien expliqué et illustré et on n’a aucun mal à se projeter.

Personnellement j’ai approfondit mes connaissances sur des pédagogies qui me plaisent beaucoup (Steiner, Reggio, Freinet…). J’ai enfin compris pourquoi je n’accroche pas du tout à la pédagogie Montessori (trop strict, trop carré, moi j’aime la créativité, l’originalité et les détournements !). Et j’ai découvert de belles pédagogies que dont j’aimerais approfondir l’étude (Mason, Decroly…).

Notre table des saisons
Notre table des saisons inspirée de la pédagogie Steiner et que j’ai mis en place depuis la lecture du guide des pédagogies alternatives.

Ce guide est devenu et restera certainement longtemps un de mes essentiels dans mon approche de l’instruction de mes enfants. J’en conseille la lecture à tous les parents qui comme moi instruisent leurs enfants à la maison, ou qui sont tout simplement intéressés par le sujet. Et l’un des points positifs non négligeable du livre est son prix : 20€. Cela ne semble pas particulièrement bon marché pour un livre, mais il est si complet et a été écrit avec tant de rigueur et de sérieux qu’il est largement mérité !

Madeleine Deny, Anne-Cécile Pigache, Le grand guide des pédagogies alternatives, Eyrolles, 2017

Et si vous vous intéressez aux activités pour les enfants, je ne peux que vous conseiller la lecture du blog d’Anne-Cécile Pigache Activités à la Maison, qui présente les activités de ses 5 enfants âgés actuellement de 3 à 16 ans.

Être maman, c’est vraiment Waouh ?

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Dubaï, un jour de la mi-août en plein milieu de journée.

À cette heure-là les gens dotés de bon sens sont chez eux ou au travail à profiter de la douceur de la climatisation. À Dubaï en plein mois d’août, il fait au bas mot 45° à l’ombre. Mais qui dit milieu de journée, dit soleil à son zénith et donc… il n’y a pas d’ombre.

Ce jour-là, une maman s’est dépêchée de parcourir les 300 mètres qui séparent son immeuble de l’entrée du métro. Non seulement elle n’était pas en avance (pour changer) à son rendez-vous, mais elle ne voulait pas vraiment cuire lors de cette traversée. Mais avec 1 enfant de 4 ans qui marche à contre cœur et un autre de 2 ans qui ne veut pas rester dans la poussette, le trajet prend une allure plus compliquée. Finalement après de trop nombreux “dépêche-toi un  peu !” et “mais arrête de bouger dans la poussette”, ruisselant, le trio arrive devant les portes du métro.

Une vague de froid s’abat sur eux (vive la clim à 20° quand il fait 50° dehors !). Se disant qu’elle aurait l’air ridicule en annonçant à ses proches qu’elle et ses enfants ont attrapé une pneumonie alors qu’ils vivent au chaud, la mère s’arrête net et prononce 3 mots : “Lunettes, chapeau, gilet”. L’organisation des sorties commence à être rodée et les enfants lui tendent immédiatement leurs lunettes de soleil et leur chapeau qu’elle échange avec les gilets à enfiler !

Elle range les lunettes, ferme le sac, aide le petit à mettre son gilet malgré la ceinture de la poussette, aide la grande à mettre les 15 minuscules boutons de son gilet parce que “c’est plus joli comme ça” et les ouvre parce que “finalement non.”. Elle calme le petit qui s’impatiente, attend que la grande rattrape le côté de la poussette et ils sont enfin prêts à repartir vers le métro.

Arrivés vers l’ascenseur les 2 enfants s’exclament en chœur : ” c’est moi qui appuie !”. Elle rappelle alors la règle : “Celui qui marche a le droit d’appuyer sur les boutons” (je vous avais dit que l’organisation des sorties était rodée !). Le petit réplique : ” Mais moi je voulais marcher !” (bon ok, cette organisation n’est pas rodée du tout, elle est juste complètement bidon !). Elle laisse la grande appuyer, ils entrent dans l’ascenseur et la maman prononce quelques mots en direction de la grande : “1er étage, fermer les portes”. Elle tente de rasseoir le petit dans la poussette et l’empêche trop tard d’appuyer sur le bouton d’ouverture des portes. Machinalement elle appuie sur le bouton fermeture des portes et la grande s’écrit “c’était moi qui appuies”. La maman décide alors d’ignorer tout le monde.

Ils s’engagent alors dans les longs couloirs du métro et croyez-le ou non mais les choses se sont très bien passées ! Il faut dire que sautiller sur les tapis roulant et se laisser pousser rapidement par maman c’est tellement drôle ! Et puis il faut aussi dire que parfois avec les enfants ça se passe bien aussi !

Les portiques d’entrée dans le métro sont en vue, la maman sort sa carte. La grande s’écrit : “c’est moi qui passe la carte !”. La maman lui dit : “alors il faut te mettre du bon côté de la poussette”. La petite s’exécute, la maman lui donne la carte, et le trio se dirige vers le seul portique suffisamment large pour laisser passer une poussette. Le portique est alors assailli par nombre de personnes sortant (donc en sens inverse). La mère doit attendre, la grande à lâché la poussette et s’engage dans la foule qui la bouscule. La mère lui dit de revenir, la petite n’entend pas, les gens ne prêtent pas attention. Les gens sont tous jeunes, minces, valides et sans poussette, ils pourraient utiliser tous les autres portiques, mais non, c’est celui-là qu’ils voulaient. La mère peste en français, mais tout le monde s’en fout, personne ne comprends le français. La mère tire une tronche de dix pieds de long. Les gens comprennent. Ils changent de portique.

La mère rattrape sa fille par le bras, la dirige vers le portique et sur un ton plus qu’irrité lui lance : “aller passe la carte maintenant !”. La petite fille passe la carte et reste sur place. La mère a peur que le portique se referme sur la petite et lui lance : “mais reste pas plantée là !”.

Malgré les 20° la mère s’est pris une nouvelle suée, elle ne ressemble sans doute plus à rien et son gilet porte une belle auréole sous chaque bras.

Arrivés vers l’ascenseur (oui, à Dubaï le métro est aérien, on y accède par un ascenseur) les 2 enfants s’exclament en chœur : ” c’est moi qui appuie !”. Elle rappelle alors la règle : “Celui qui marche a le droit d’appuyer sur les boutons” (je vous avais dit que l’organisation des sorties était rodée !). Le petit réplique : ” Mais moi je voulais marcher !” (bon ok, cette organisation n’est pas rodée du tout, elle est juste complètement bidon !). Vous vous dites que vous avez déjà lu ce paragraphe, mais la maman, elle a déjà vécu cette scène des dizaines de fois (au cours du dernier mois seulement) et elle est heureuse que vous expérimentiez ainsi un peu son quotidien ! Elle laisse la grande appuyer, ils entrent dans l’ascenseur et la maman prononce quelques mots en direction de la grande : “1er étage, fermer les portes”. Elle tente de rasseoir le petit dans la poussette et l’empêche trop tard d’appuyer sur le bouton d’ouverture des portes.

Et là, une femme qu’elle avait à peine remarquée quand elle était entrée dans l’ascenseur avec eux demanda à la maman sur un ton incroyablement enthousiaste : “Est-ce que c’est vraiment waouh ?
-Euh… comment ça ? Quoi est waouh ?
-Être maman, est-ce que c’est vraiment waouh ?”

Cette femme était elle une nullipare qui débutait sa vie et qui s’imaginait déjà à la tête d’une grande famille, belle, épanouie, pimpante et souriante ? Avait-elle découvert un test de grossesse positif le matin même, qui aurait changé sa vision du monde, transformé la sueur ruisselante sur le front de la maman en tiare de diamant, et les enfants braillards en Bisounours fredonnant la plus joyeuse des mélodies ? Était-elle simplement sous acide pour ne pas remarquer à quel point la maman se sentait plus “arrrrghhh !” que “waouh” à ce moment même ?

Décontenancée, la maman répondit simplement : “Oui, c’est complètement waouh !”

Et en y pensant, être maman c’est waouh ! C’est gniiii ! C’est arggh ! C’est aaaaahhhhh ! C’est snif ! Être maman c’est tous les sentiments du monde décuplés ! Les meilleurs, comme les pires. Mais ça doit quand même être super waouh, puisque même dans les moments les plus “grrr !” les mamans admettrons toujours que c’est la plus grande expérience de leur vie.

Sortie toute simple avec les enfants !
Les sorties avec les enfants sont souvent physique ! D’ailleurs dans ce domaine j’ai des précédents !

 

Mon temps calme avec Noah Le Panda

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Un de mes plus gros défi de maman de jeunes enfants, est de faire retomber l’excitation après une longue journée ou un moment ou l’on a joué à faire les “foufous” (oui, à la maison on aime bien cette expression !). Pas facile, de faire redescendre la tension quand l’énervement pointe le bout de son nez car généralement,  les enfants en redemande ! C’est donc avec beaucoup de curiosité (et d’espoir !!!) que j’ai découvert la collection Petit Zen des éditions Fleurus, et notamment Mon temps calme avec Noah le Panda !

Mon temps calme avec noah le panda

L’histoire de Noah

Noah est un petit dont on va suivre la journée. Son réveil et ses étirements tout en douceur, sa promenade au grand air et un bon moment de détente avec sa maman sont autant de moments partagés avec le petit panda. Tout au long de sa journée, Noah est très attentif à son environnement et aux sensations. Il inspire fort, écoute chaque bruit et même profite du silence…

Mon temps calme avec Noah

Le principe

Mon temps calme avec Noah est une invitation à s’initier à la sophrologie avec son enfant. À chaque scène, Noah pratique un petit exercice : inspirer très fort, se frotter différentes parties du coup, se concentrer  sur les bruits ambiants. L’enfant peut écouter l’histoire tout simplement, ou imiter Noah dans ses exercices et prendre conscience de son corps et de son environnement.

À La fin du livre, “le coin des parents” guide le parent  lecteur dans la démarche. On nous conseille de faire le calme avant la lecture, de choisir un moment propice  à l’attention de l’enfant, et on nous explique les bénéfices de la sophrologie ludique.

Ce que nous en avons pensé

Même s’il est conseillé de choisir un moment de calme pour débuter la lecture du livre, il m’arrive de l’utiliser pour apaiser les enfants. Colombe (4 ans) et Petit O’ (2 ans et demi) apprécient beaucoup le personnage de Noah et n’ont donc pas de mal à se concentrer sur l’histoire. Il faut dire que Noah est vraiment mignon et les illustrations sont toutes douces.

Jusque-là Petit O’ n’a jamais reproduit les exercice avec Noah, il se contente d’écouter l’histoire ou de la commenter. Colombe au contraire s’est très vite prise au jeu (avant même la fin de la première lecture si mes souvenir sont bons). Pour cette raison, j’aime surtout lui lire en tête à tête afin de l’aider à se concentrer et pour qu’elle ne soit pas perturbée par les commentaires de son petit frère.

Personnellement, ma curiosité a été récompensée car j’apprécie beaucoup ce livre. La raison en est simple, il parvient très rapidement à son but, soit l’apaisement de l’enfant. Le petit plus, sa lecture est un moment de partage et de complicité plus important encore que dans la lecture d’un simple livre.

La collection Petit Zen

La collection Petit Zen est toute nouvelle aux éditions Fleurus. Écrite par une psychologue, Louison Nielman, elle propose déjà 3 autres titres qui peuvent être bien utiles dans la vie de jeunes enfants : “J’ai pas sommeil” (au titre évocateur et dont je vous parle très bientôt), “Martin le lapin a trop de choses dans la tête”, et “Anémone l’oursonne est en colère”.

Mon temps Calme avec Noah le panda, éditions Fleurus
9,90 €

Merci aux éditions Fleurus pour l’envoi de ce livre qui se révèle être une très belle découverte !

Ce billet est ma participation à “Chut les enfants lisent“, le rendez-vous du blog Devine qui vient bloguer ?

Fatiguée, épuisée ! Je ne déménagerai plus jamais !

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Eh voilà qu’à cause de moi vous avez la musique de la Reine des Neiges dans la tête ! Pardon mais depuis quelques temps je me fredonne ce petit “Fatiguée, épuisée” à longueur de journées… Pour la partie “Je ne déménagerai plus jamais !” je sais déjà que je ne tiendrai pas cette résolution. Tout d’abord parce qu’en ce moment même, je vis chez mes parents… et si je leur annonce que mes enfants et moi ne partirons plus jamais de leur petit 3 pièces, je pense qu’ils risquent de mal le vivre (on s’aime bien, hein, mais on est un peu à l’étroit tous ensemble chez eux !). Ensuite parce que nous ne sommes qu’à la moitié de notre déménagement. Mais oui, vous vous souvenez, la famille À Dada ! part vivre à Dubaï ! Et ce déménagement vers l’étranger est un peu plus compliqué qu’un déménagement traditionnel, il me laisse moins de temps pour écrire ici et pour vous donner des nouvelles. Alors je profite d’une petite après-midi de repos pour vous faire un petit bilan de l’avancement du projet !

Palmiers

Mi avril, nous avons quitté Cannes

Pour cette expatriation, tout doit se faire très vite. Papa À Dada ! a trouvé un travail à Dubaï et son nouvel employeur a accepté de nous laisser 3 mois pour tout organiser. 3 mois, cela peut paraître beaucoup, mais lorsque dans ce laps de temps on doit se marier, vendre une grande partie de ses biens qui ne pourront pas être déménagés ni stockés dans la famille, faire ses valises pour qu’elles contiennent tout le nécessaire à notre nouvelle vie sans peser plus de 30 kg chacune, et organiser le déménagement, faire les démarches administratives pour l’obtention des visas, 3 mois, ça passe très vite !

Mi avril, Papa À Dada ! a donc fini son travail en France. Le lendemain, nous finissions les paquets, et le jour suivant encore, nous chargions le camion avec mes beaux-frères et sœurs descendus dans le Sud pour nous aider. Le 14 avril nous avons fini le ménage de notre appartement, avec les enfants nous lui avons dit un dernier “au revoir” et nous avons rendu les clés. Bien-sûr nous sommes très excités par notre nouveau projet, mais je vous mentirais si je disais que nous avons quitté Cannes sans la moindre émotions… Cela faisait déjà quelques jours qu’au fur et à mesure des adieux je versais une petite larme… Cela faisait 4 ans que nous vivions à Cannes, c’est la ville dans laquelle j’ai eu mes enfants, dans laquelle notre famille a grandi et s’est épanouie. Alors même si nous partons pour une superbe aventure, nous gardons un pincement au cœur en quittant cette douce vie que nous avions ici…

La Normandie, la famille, la paperasse

Une fois le camion et la voiture chargés nous avons pris la direction de notre Normandie natale où nous attendait nos familles ! Là bas nous attendaient bien-sûr les proches que nous n’avions pas vu depuis longtemps, et les incontournables fêtes de famille, mais aussi (et c’est bien moins joyeux), une quantité de paperasse à terminer. Des extraits d’acte de naissance à aller chercher directement en mairie (Merci la Poste qui perd régulièrement le courrier !), et des papiers à faire certifier et valider à Paris à l’ambassade des Émirats Arabes Unis.

Après la fatigue physique du déménagement, nous avons dû faire face à la fatigue nerveuse de l’administration (bon j’avoue tout s’est super bien passé à chaque fois, mais quand on va faire des papiers importants on a toujours une petite appréhension) et des déplacements… Nous avons été très occupés et n’avons pas vraiment eu le temps de souffler. D’autant que le jour du départ de Papa À Dada ! approchait à grand pas.

Le départ de Papa À Dada ! pour Dubaï

Papa À Dada ! est arrivé à Dubaï il y a quelques jours. Il découvre cette ville gigantesque,  s’occupe des démarches administratives et commence son nouveau travail. Je n’ai jamais autant apprécié internet et les moyens modernes qui nous permettent de lui parler et de le voir en vidéo chaque jour. En effet, Petit O’ a du mal à comprendre l’absence de son papa, car même si on lui a bien expliqué ce qui se passait, il n’a pas encore de notion très précise du temps et de toutes façons, nous ne savons pas quand nous nous retrouverons tous… Les 2 premiers jours ont été très difficiles pour lui. Lui qui parle très bien pour son âge ne communiquait plus que par grognements et par des crises de larmes, il disait non à tout et le moindre geste du quotidien se terminait en crise sans même qu’on ne l’ait contrarié… Il ne mangeait plus non plus, lui qui a pourtant toujours très bon appétit, et il avait énormément de mal à trouver le sommeil… Finalement, lorsqu’il a pu voir son papa via la web cam pour la première fois, il a été rassuré ! Juste après l’appel j’ai retrouvé mon petit garçon bavard, joyeux et gourmand ! Nos appels sont donc devenus quotidiens, et lorsque Petit O’ voit son papa sur mon téléphone, il s’empresse d’embrasser l’écran !

Colombe (4 ans) gère bien mieux la situation. Je sens qu’elle prend beaucoup sur elle et que l’absence de son papa lui pèse (et vive la poussée d’eczéma sans doute due au stress !) mais elle se montre très raisonnable. Elle est aussi incroyablement heureuse quand elle voit son papa en vidéo. Mais le reste du temps, elle nous explique que Papa est parti chercher un maison à Dubaï et que nous le rejoindrons dès qu’il aura trouvé ! Le soir, lorsque nous tombons sur “Chasseur d’appart'” à la télé, elle m’explique : “Tu sais maman, elle est belle cette maison, mais on ne va pas y habiter car elle n’est pas à Dubaï !”.

Et maman ? Je consacre beaucoup de temps à Petit O’ qui a besoin d’être rassuré, et le reste de mon temps j’essaye de le passer avec Colombe afin qu’elle ne se sente pas délaissée. J’ai envie de faire mille choses pour moi, mais je n’en trouve pas l’occasion. Voilà pourquoi je me sens si fatiguée. Mais je relativise : nous avons beaucoup de démarches à faire et la séparation n’est pas une période facile, mais une fois que nous serons tous ensemble à Dubaï, une aventure extraordinaire s’ouvrira à nous !

“Et vous, vous partez quand ?”

Voici une question que j’entends quotidiennement mais à laquelle je ne peux absolument pas répondre !

Comme Papa À Dada ! est embauché par une entreprise à Dubaï, il a son visa d’entrée depuis un moment déjà. Mais pour que Colombe, Olivier et moi obtenions nos visas, il faut que Papa À Dada ! soit déjà à Dubaï car c’est lui qui nous “sponsorise”. Nous aurions pu entrer dans le pays avec un visa touristique et le faire convertir en visa de résident, mais si le visa de résident nous avait été refusé, nos aurions sans doute dû quitter les Émirats sans pouvoir y retourner pendant 3 mois (et dans ce cas, 3 mois c’est long ! Oui, tout est relatif !). Alors nous avons décidé de faire les choses en respectant la procédure à la lettre : mon mari est parti avant nous afin de trouver un logement et de faire la demande de nos visas. Nous le rejoindrons une fois que tout cela sera fait.

Nous espérons que toutes ces démarches ne prendront pas plus d’un mois, mais dans les faits nous ne savons absolument pas combien de temps cela nous prendra. Avec un peu de chance nous serons partis dans deux semaines. Sinon, nous patienteront le temps qu’il faudra… Et en attendant, Colombe, Olivier et moi profitons pour nous promener en Normandie. Nous découvrons les parcs, ainsi que les musées (il faut bien les instruire un peu ces petits qui ne vont plus à l’école !).

La vie est loin d’être désagréable ici, mais nous avons hâte d’être réunis tous les 4 !

Cet article est un peu moins structuré que d’habitude, il comporte sans doute plus de fautes d’orthographe et de syntaxe aussi… Je suis très occupée par ce déménagement à Dubaï, mais j’ai envie de partager chaque étape avec vous. Alors ne vous étonnez pas si mes prochains articles, comme celui-ci, sont un peu plus brouillons !

Et soudain… prendre son temps

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Depuis la rentrée de septembre j’ai l’impression de courir après le temps. Le rythme de l’école nous pèse beaucoup, Colombe est épuisée et difficile à gérer. Ces derniers mois, toute la famille a été mise sous la pression de ce rythme imposé par une équipe éducative bornée. Et alors que nous aimions sortir et faire des activités tous ensemble, le temps que Colombe passait à la maison était uniquement consacré à son repos : elle rentrait de l’école trop fatiguée pour la moindre activité, les week-end nous avions de la peine de la sortir trop longtemps tant elle était déjà sollicitée toute la semaine. En somme notre quotidien était principalement réglé autour du rythme scolaire d’une petite fille de 3 ans 1/2…

Et puis jeudi matin… Depuis lundi, j’ai eu un lumbago, une gastro, et là j’enchaînais sur une angine… Je suis allée tirer Colombe de son lit comme tous les matins d’école et une fois installées en tête à tête à la table du petit-déjeuner je l’ai regardée. Ma petite fille qui avait eu du mal à sortir du sommeil et qui portait encore sur elle des cernes lui donnant l’air d’un petit panda, tentait de manger sa tartine de chocolat entre deux quintes de toux. Oh rien de bien grave, mais une petite toux désagréable. Alors je lui ai laissé le choix : “Tu veux aller à l’école ou tu préfères te reposer ici avec moi ?”. “Je préfère me reposer avec toi.”

Alors après avoir fini notre petit-déjeuner nous avons allumé la télé et nous avons regardé quelques dessins animés. Petit O’ s’est levé et a mangé. Puis nous avons éteint la télé et nous nous sommes tous habillés sans nous soucier de l’heure. Nous avons sorti de la peinture et des tampons, puis des feutres et des coloriages. J’ai mis un plat dans le four et je suis allée jouer avec les enfants. Nous mangé, fait une sieste, lu des histoires et trié des affaires qui avaient besoin d’être triées. Et pendant 4 jours nous avons fait la cuisine à 4 et parfois 6 mains. Nous avons lavé de la salade avec la brosse pour la vaisselle en mettant de l’eau partout mais ça n’était pas grave parce que nous avions bien le temps de laver après. Nous sommes sortis faire du vélo, nous avons vu les canards et les copains. Nous avons fait des gâteaux et préparé des légumes super bons. Nous avons fait des tours très très hautes, même plus hautes que Petit O’ ! Nous avons fait des exercices de lectures et d’écriture et Colombe a adoré ça.

Nous avons passé ces 4 derniers jours à profiter : profiter du temps, profiter de nous. 4 petits jours qui nous ont suffit à refaire le plein d’énergie. 4 petits jours durant lesquels les soucis du quotidien ont paru bien petits. 4 jours de bonheur et d’échange entre nous. 4 jours sans sans cri, sans chamailleries (ou presque !) 4 jours durant lesquels nous ne nous sommes pas vraiment préoccupés du temps ni même de quelconques obligations. Et finalement, sans se soucier de ce qui devait impérativement être fait, juste en se disant qu’on allait faire “ça” tout de suite et le terminer avant de passer à autre chose mais sans se donner de limite de temps ou d’impératif de résultat, nous avons réussi à faire beaucoup plus que dans notre quotidien dans lequel on s’impose tant de contrainte. En 4 jours, j’ai réussi à finir plusieurs tâches qui traînaient pour la maison, j’ai pris également du temps pour moi et pour des projets personnels, et j’ai passé de nombreux moments complices et joyeux avec mes enfants.

 

"Avec mon filet de pêche, je vais attraper la lune !"
“Avec mon filet de pêche, je vais attraper la lune !”

Alors maintenant, plutôt que de courir après, il se peut qu’on prenne tout simplement notre temps…

Mine de rien, la collection des livres de Catherine Dolto

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L’autre jour en flânant dans ma librairie préférée, j’ai eu la bonne surprise de trouver quelques titres de la collection “Mine de rien”, les livres pour enfants écrits par Catherine Dolto. C’est une collection que je connais bien pour en avoir déjà empruntés à la médiathèque, sans jamais les avoir trouvés en boutique. Je sais que chacun de ces titres a été écrit avec soin et que les textes sont pensés en détails pour aider les enfants (et leurs parents) à affronter une épreuve ou une petite difficulté du quotidien. C’est donc les yeux fermés (enfin c’est une façon de parler, parce qu’il fallait que je garde les yeux ouverts pour lire les titres sur les livres !) que j’ai choisi 2 titres qui me semblaient utiles pour nous actuellement. “Juste pas juste” parce que quand on est petit on se demande souvent pourquoi les adultes ont certains droits que les enfants n’ont pas, et aussi parce que quand on a un frère ou une sœur, la notion de justice devient très présente. “Les mensonges” me semblait adapté car même si elle ne ment pas vraiment, depuis quelques semaines, on sent que Colombe essaye de voir ce qu’un mensonge pourrait provoquer comme réaction chez nous. Elle remplace parfois un “oui” par un “non”, nous dit qu’elle n’a pas fait une chose alors que c’est faux. Et à chaque fois, elle a un petit temps de réflexion avant de parler et on sent que plus que de nous donner une réponse, elle observe notre comportement et constate le poids de ses mots.

2 livres de la collection Mine de Rien

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Ces livres ne présentent pas d’histoire, mais des pistes de réflexion. Sur chaque double page se trouve une illustration et un texte associé qui invitent à réfléchir sur un aspect précis du thème du livre. Ainsi dans “Juste pas juste” on aborde le sentiment d’injustice lorsque tous les enfants n’ont pas exactement la même chose, mais on explique aussi pourquoi les différences sont utiles et parfois nécessaire. Et comme le livre est ancré dans une tradition de bienveillance, il ne se contente pas d’un “c’est comme ça, accepte-le !”, mais explique à l’enfant que parfois les adultes n’agissent pas correctement (et pas forcément de manière intentionnelle) et que l’enfant peut en discuter.

Sans jugement, le livre amène l’enfant mais aussi l’adulte vers une réflexion. C’est un livre idéal pour trouver des pistes dans la résolution des soucis de nos enfants, mais aussi tout simplement pour partager nos opinions sur les grands sujets de la vie !

mine-rien-dolto-collection-titres

La collection aborde des thèmes qu’on retrouve souvent dans la littérature pour enfant (L’école, le docteur, les colères…) mais aussi des thèmes plus rarement abordés et pour lesquels on a souvent du mal à trouver des mots (la mort, l’adoption, le racisme…). Tous sont écrits par Catherine Dolto (médecin et psychothérapeute) et Colline Faure-Poirée (éditrice qui a découvert de grands noms de la littérature pour enfant) et tous les titres de la collection que j’ai lu était de valeur égale ! Alors si vous êtes confrontés à des questions auxquels vous ne trouvez pas les mots adaptés à votre enfant, allez faire un tour du côté de la collection Mine de rien qui est vraiment très complète (et qui semble s’agrandir régulièrement) !

Collection Mine de rien, Gallimard Jeunesse
Prix : 6,20 €
âge : certains titres sont abordables dès 1 an, d’autres à partir de 2 ou 3 ans.

Cet article est ma participation au rendez-vous “Chut les enfants lisent” du blog Devine qui vient bloguer ?

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Et l’école, comment ça se passe ?

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Durant les vacances de la Toussaint, nous avons revu nos familles et nos amis qui vivent loin de chez nous. Une question brûlait les lèvres de nos proches qui savaient bien que Colombe venait de faire sa première rentrée scolaire : “Et l’école, comment ça se passe ?“.

Il y avait bien-sûr les pessimistes qui ajoutaient un “C’est pas trop dur ?” ou un “ça va, elle ne pleure pas trop quand elle doit y aller ?“. C’est non sans un peu de déception qu’ils accueillent mes explications : “Ça se passe très bien, elle aime beaucoup ce qu’elle fait en classe et n’a jamais pleuré au moment d’aller à l’école. Certains jours sont plus difficiles et elle proteste un peu, mais elle a bien compris que la maîtresse l’attendait pour travailler et qu’elle devait être présente.” . Pourquoi cette déception ? Pourquoi faudrait-il que les enfants pleurent à chaque fois qu’ils vont à l’école ? Ces personnes ont sans doute vécu cela avec leurs propres enfants et cherchent à se rassurer. Ou alors c’est juste que lorsque tout se passe bien, il y a moins à dire… Qu’importe…

Colombe va à l'école d'un pas décidé

Mais alors, l’école, ça se passe bien ? Eh bien oui… et non… Le rythme de l’école est intense pour les petits et ici, le rythme est pensé pour les demi-pensionnaires. Or, ma fille est externe : tous les midi je vais la chercher pour la faire manger à la maison et je la raccompagne à l’école ensuite. C’est un moment auquel je tiens, pas uniquement parce que je suis une horrible mère possessive qui refuse de laisser respirer sa progéniture. J’y tiens car c’est le rythme que j’avais quand j’étais enfant et que j’appréciais tout particulièrement cette coupure qui me permettait de sortir de la vie en communauté tellement épuisante. J’y tiens aussi parce que les menus de la cantine ne correspondent pas à mes principes : beaucoup de viande, des aliments parfois hors saison ! Et j’y tiens car je trouve stupide d’être à la maison, d’être disponible à seulement 5 minutes à pieds de l’école et de ne pas en profiter. Les élèves demi-pensionnaires sont couchés à 13h, mais pour les externes, l’école ne reprend qu’à 14h. On prive donc ces enfants d’une heure complète de sommeil. Les enfants sont réveillés à 15h au plus tard, les externes ont donc au grand maximum 1h de sieste alors que les textes officiels insistent sur le fait que “jusqu’à l’âge de 4 ans, la majorité des enfants a besoin d’un temps de sommeil dès la fin du déjeuner : une sieste d’une durée d’une heure trente à deux heures correspond à un cycle de sommeil et permet à l’enfant de se sentir reposé”. L’école ne respecte donc même pas ses propres règles ! Dans le cas de ma fille, cela a des répercutions catastrophiques : elle a souvent du mal à s’endormir. Dans les meilleurs jours, elle n’y parvient pas sur le temps de la sieste à l’école. Ces soirs-là elle sort de l’école fatiguée mais pas beaucoup plus qu’après une journée normale. Les jours où elle parvient à s’endormir, elle se fait réveiller peu de temps après pour retourner en classe. À la sortie de l’école, je sais tout de suite qu’elle a été réveillée car elle râle, elle refuse d’obéir, et très vite elle part dans les cris et les larmes. En la réveillant peu après son endormissement on prive ma fille de sommeil, et cela de manière régulière puisque cela se reproduit chaque après-midi d’école. Faut-il rappeler que la privation de sommeil est une forme de torture ? Et ça n’est pas moi qui le dit, mais les plus grandes institutions de défense des droits de l’Homme (La Croix Rouge, Amnesty Internationale…)

Il existe une solution simple à ce problème, et c’est celle qui est appliquée dans la plupart des cas : lorsque c’est possible, les élèves de petite section restent chez eux l’après-midi. Après une première semaine d’école épuisante, c’est ce que j’ai proposée à l’équipe éducative. Mais alors la direction de l’école m’a fait la leçon : l’école n’est pas obligatoire avant 6 ans, alors si j’ai fait le choix d’inscrire mon enfant, je dois respecter le rythme et les horaires imposés. Ils sont les mêmes pour les enfants de 2 ans et demi à 11 ans parce que “madame, imaginez comme ça serait compliqué sinon !“. Et si les enfants sont épuisés, si leur rythme de sommeil s’en retrouve chamboulé, c’est le prix à payer pour que les petits découvrent la vie en communauté car “vous savez madame, il y a des avantages et des inconvénients à tout.“…

Un mois après la rentrée, ce rythme avait déjà des conséquences catastrophiques sur ma fille. Lorsqu’elle s’endormait pour la sieste à la maison l’après-midi, elle se réveillait systématiquement en sursaut après 15 ou 20 minutes de sommeil… À la maison, elle ne communiquait plus que part les cris et les pleurs. Épuisée je me suis mise à crier beaucoup moi-même. Mon fils de 20 mois a suivi le mouvement et s’est mis à crier. Et mon mari, supportant les cris de tout le monde était sans doute bien content de partir au travail chaque matin. Je sentais que ma famille ne tiendrait pas, qu’elle risquait l’implosion et cela à cause de l’école… Je cherchais une solution. La changer d’école était compliqué : une dérogation pour une simple histoire de sieste m’aurait été refusée, et les écoles privées sont loin de chez nous. Et quitter cette école c’était aussi quitter une maîtresse bienveillante, stimulante et qui en quelques jours avait déjà permis à ma fille de faire de gros progrès tant au niveau du travail que de la confiance en elle. D’ailleurs la maîtresse ne s’oppose pas à ce que Colombe reste à la maison l’après-midi et elle m’a soutenue tout au long de mon parcours pour trouver une solution. Solution que nous avons fini par obtenir, à force de revenir à la charge auprès de la direction. Et bien évidemment la solution est celle que j’ai proposée dès le départ (ou presque), mais il aura fallu quémander pour obtenir le respect du rythme pour une enfant qui s’épuisait.

Alors l’école, comment ça se passe ? Eh bien l’école c’est une lutte de tous les jours pour faire subir à ma fille le moins de conséquences possible des décisions prises de manière unilatérale par des personnes qui ne connaissent pas nos enfants et qui refusent d’entendre leurs besoins. L’école est une lutte pour se faire respecter et entendre en tant que parents par des personnes qui sous prétexte de leur autorité, considèrent que nous ne pouvons pas être doués de bon sens et que seul leur jugement prévaut. Alors bien-sûr, l’école ne peut pas se faire “à la carte” et les enfants doivent suivre des règles de vie en communauté. Mais est-ce faire une école “à la carte” que d’accepter que tous les élèves de petite section qui en ont la possibilité restent chez eux l’après-midi ? Non, l’école à la carte c’est celle qui me permet à ma fille d’être la seule à bénéficier de cet aménagement. Eh oui, l’école est pleine de contradictions.

Vous êtes choqués de constater que l’école apprend à ma fille qu’elle ne peut pas s’endormir sans être immédiatement réveillée ? Alors attendez l’année prochaine, quand elle sera en moyenne section et qu’on lui apprendra qu’elle n’a plus le droit de dormir, parce que dormir, c’est pour les bébés. Dormir, c’est pour les faibles !

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