Comment nous vivons le unschooling et surtout comment nous y sommes arrivés !

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“Comment, la famille À Dada ! a encore changé de mode de vie et les enfants usent leurs pantalons sur les bancs de l’école (ou plutôt dans la cours de récréation…) ?” Voilà sans doute ce que vous vous êtes demandés en lisant le titre de cet article. Je vous rassure (ou pas) nos enfants ne vont toujours pas à l’école et nous ne songeons pas à les y envoyer. Mais ça n’est pas pour autant que l’on fait l’école à la maison ! D’ailleurs si vous me lisez depuis un moment vous vous serez peut-être rendu compte que j’utilise très peu ce terme. Lorsque je parle de notre manière d’apprendre, je parle plutôt d’instruction en famille, le terme général aux enfants qui ne vont pas à l’école. Et lorsque je veux être plus précise, je vous parle de unschooling ou de “liberté d’apprendre”.

Qu’est-ce que le unschooling ?

Voilà une grande question qui suscite de nombreux débats ! Le unschooling est un concept vivant et même assez personnel, il est donc normal que chacun le vive différemment. Le grand principe du unschooling est la liberté d’apprendre et le respect des élans de curiosité de l’enfant. Cela signifie que l’enfant est maître de ses apprentissages et que les parents ne font que suivre et accompagner l’enfant. Les désaccords sur la définition de unschooling résident donc souvent sur la limite entre “accompagner” et “guider” son enfant. Les unschoolers n’utilisent généralement pas de programme (quoique ça n’est pas tout à fait vrai puisque certains l’utilisent comme ligne directrice pour atteindre un but comme l’obtention d’un diplôme) et certains parents unschoolers affirmeront même qu’utiliser du matériel pédagogique va à l’encontre de la liberté d’apprendre de l’enfant. Je pense que le unschooling va au-delà de ce genre de question. Il ne s’agit pas d’une religion avec ses dogmes, où il serait blasphématoire de faire telle ou telle chose. C’est plutôt une philosophie de vie : oui, selon moi le unschooling n’est pas qu’un système d’enseignement, mais bien un mode de vie car il impacte le quotidien de toute la famille (mais remarquez, vu comme l’école a fait de notre vie de famille un enfer, c’est sans doute aussi un mode de vie…). La définition est donc très large et de nombreuses familles s’y retrouvent. Il y a bien sûr le stéréotype de la famille qui vit pieds nus au fond des bois en communion avec la nature, mais aussi des familles qui vivent en ville dans un système plus traditionnel. L’essence du unschooling ne tient pas tant de la méthode que de l’initiateur du savoir : l’enfant !

Pour une définition plus détaillée du unschooling, je vous suggère cet article du blog Apprendre avec bonheur, ainsi que le visionnage du film de Clara Bellar Être et Devenir.

Le parent unschooler se la coule douce !

Puisque le unschooling, selon la manière dont je le définis, correspond à la liberté d’apprendre et que l’enfant est maître de ses apprentissages, alors il est bien naturel de penser que les parents n’ont absolument rien à faire, non ?

Dans la réalité, ça n’est pas si simple. Si l’enfant est libre d’apprendre ce qui l’intéresse, l’adulte est là pour l’accompagner et répondre à ses questions. Et ça n’est pas toujours une mince affaire ! Bien souvent, l’enfant se passionne pour un sujet que le parent ne maîtrise pas ou connaît très peu. Le parent va alors se documenter avec l’enfant et le guider dans ses recherches (en particulier avec des petits qui ne savent pas lire, cela est sans doute moins vrai lorsque l’enfant devient plus autonome). Le parent peut également préparer des activités et des expériences en rapport avec la passion du moment. Tout cela demande de la préparation, pas mal de travail, et c’est parfois source de frustration (pour le parent), car l’enfant ne va pas nécessairement s’enthousiasmer pour ce que l’on aura préparé ! Et en unschooling, si l’enfant ne trouve pas d’intérêt pour une activité, on ne la lui impose pas. Alors j’arrête tout de suite les mauvaises langues, il ne s’agit pas de faire des enfants capricieux qui ne vont faire que ce qu’ils veulent, mais de ne pas forcer un enfant dans une activité qu’il rejette. On peut alors la présenter différemment, demander à une autre personne de l’introduire, ou tout simplement la mettre de côté afin que l’enfant puisse s’y diriger de lui-même s’il en ressent l’envie. Car en unschooling, on considère que l’enfant a sans doute une bonne raison de ne pas s’intéresser à une chose, même si nous ne saisissons pas cette raison (et qu’il n’est d’ailleurs pas forcément utile de saisir cette raison). Si un jour l’enfant ressent le besoin d’y revenir, alors il le fera naturellement, et s’il n’y vient jamais c’est simplement que cette chose ne lui est pas utile. Il ne s’agit pas d’éveiller la curiosité des enfants en leur proposant une foule d’activités : la curiosité des enfants est naturellement présente, elle n’a pas à être éveillée mais simplement entretenue (et répondre à leur questions suffit pour ça).

Mais le plus gros du travail du parent unschooler est sans doute un travail de lâcher-prise. La plupart des parents unschooler ont sans doute reçu leur instruction à l’école. Nous avons appris à rester calme, assis sur une chaise et à écouter des cours magistraux qui tentaient de nous enseigner des concepts bien éloignés de notre quotidien. Nous avons été conditionnés à croire que les apprentissages ne pouvaient se faire que par la transmission du maître à l’élève, nous avons rarement appris par l’expérience, et plus que tout, nous avons appris que ne pas savoir était un échec. Ainsi, face à nos enfants nous sommes souvent confrontés à cette peur de l’échec par laquelle nous sommes conditionnés : mon enfant va-t-il apprendre à lire si je ne le force pas à s’exercer chaque jour ? Va-t-il avoir un jour l’envie d’apprendre à résoudre une équation à 2 inconnues si je ne l’y contrains pas ? Toutes ces questions sont légitimes, car nous avons souvent davantage appris par contrainte de réussite à l’examen que pour notre enrichissement personnel. Mais si nos enfants ont réellement besoin de ces apprentissages, ils s’y dirigeront naturellement et trouveront la motivation nécessaire pour travailler sans qu’on ne les y pousse. Nos enfants apprendront sans doute à lire, même si leur intérêt naît tardivement. En revanche, certains ne trouveront jamais l’intérêt d’apprendre à résoudre une équation à 2 inconnues, mais finalement, vous souvenez-vous comment on fait ? Cela vous a-t-il déjà été utile ? Bref, le plus gros du travail du parent unschooler est sans doute de se rappeler que l’élan doit venir de l’enfant, que l’on peut avoir confiance en nos enfants pour apprendre tout ce dont ils auront besoin pour leurs projets futurs. Ce lâcher-prise et cette confiance ne sont pas faciles à acquérir, mais on y travaille.

Pourquoi le unschooling ?

Lorsque j’ai annoncé que mes enfants allaient être déscolarisés, je me souviens que quelques personnes m’avaient dit : “Chouette, je te vois bien en unschooling !”. Sur le moment, et alors que je n’y avais pas encore totalement réfléchi, je me demandais si j’allais réussir à laisser toute cette liberté à mes enfants (quand je vous parle de lâcher-prise, je sais de quoi je parle). Finalement, les 2 premiers mois d’instruction en famille se sont faits chez mes parents lorsque nous attendions nos visas pour venir à Dubaï, et nous les avons vécus comme de grandes vacances. Nous avons fait de très nombreuses sorties et les enfants ont beaucoup appris. Notre rythme de vie était celui de la maison, et si nous avions des routines, nous n’avions pas vraiment de contraintes horaires.

À notre arrivée à Dubaï, les enfants ont eu besoin de temps pour s’habituer aux coutumes locales (comme je l’explique en détails dans cet article). Il a également fallu qu’ils apprennent l’anglais qui est la langue majoritairement parlée ici. À 3 et 5 ans, je ne me voyais pas du tout le leur enseigner par des cours magistraux, alors j’ai dû créer des situations pour les confronter à la langue. Au final, il me restait peu de temps pour penser et préparer des “cours” ou activités correspondant à leur niveau scolaire, alors je ne l’ai pas fait. Mais cela ne m’a pas empêchée de constater qu’ils étoffaient leurs acquis. Nous discutons et lisons beaucoup, nous faisons de nombreux jeux de société, nous faisons également énormément de rencontres au quotidien, et sans qu’on ne fasse d’effort, toutes ces actions participent largement à la stimulation intellectuelle de nos enfants. Alors que j’avais encore dans l’idée de préparer du travail régulier mais que je n’en trouvais pas le temps, j’ai constaté tous les progrès de mes enfants et me suis rendu compte qu’ils apprenaient très bien seuls et à travers le monde ! C’est ainsi que tout naturellement nous avions débuté le unschooling.

 

abra dans le vieux Dubaï

 

Cet article est bien assez long comme ça, alors je vous ferai grâce du détail de notre organisation (car oui on peut pratiquer le unschooling et être organisé !), mais soyez rassurés (ou pas…) cela fera l’objet d’un prochain article ! Mais pour conclure, j’ai surtout l’impression que le unschooling s’est imposé à nous naturellement. Bien que je n’ai pas réussi à lâcher prise totalement, et même si je ne suis pas certaine de continuer en unschooling dans les années à venir (parce que qui peut dire où nous serons et ce que nous ferons dans le futur ? ), c’est pour le moment le mode d’instruction qui nous convient le mieux et qui correspond le mieux à notre envie de ralentir !

Mais dites-moi tout : y a-t-il parmi vous des personnes qui pratiquent le unschooling ? Des personnes que cela intéresse ? Ou au contraire est-ce que vous préférez les méthodes d’enseignement plus classiques et plus dirigées ? J’adore vous lire alors racontez-moi vos expériences, vos interrogations, vos envies…

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10 commentaires sur “Comment nous vivons le unschooling et surtout comment nous y sommes arrivés !

    stéphanie cosnier a dit :
    04/02/2018 à 20:15

    Petit Poussin voudrait (veut, il me l’a déjà dit, il me l’a même “négocié” avec de très bons arguments) “l’école à la maison”, et vraiment ça me tenterait bien (école à la maison ou unschooling, ça reste à voir), mais je suis trop “dépendante” de l’école. C’est pas que j’aime particulièrement l’école, mais c’est la norme, non pas que je sois attachée à la norme (au contraire, je ne veux pas que mon fils rentre à tout prix dans le moule). Le truc, c’est que l’éducation d’un enfant ne se décide pas seule. Petit Poussin a aussi un père, et un père qui attend le moindre faux-pas pour me faire retirer la garde (j’ai eu les assistantes sociales et la caf en contrôle à la maison déjà). Donc je ne peux pas descolariser Petit Poussin, alors que je sais que c’est parfaitement légal, alors que je sais que c’est ce qu’il veut (et il n’aime pas l’école, il le dit presque tous les jours), alors que je sais que je pourrais gérer ses apprentissages puisque j’ai la formation… parfois j’ai le sentiment de faire le mauvais choix en restant dans le système, mais j’ai trop peur de le perde. Alors il va à l’école, et c’est de plus en plus dur. Il n’a aucune difficulté d’apprentissage, mais il n’aime pas…

      mamanadada a répondu :
      05/02/2018 à 08:21

      Je comprends tout à fait ton soucis. En France l’instruction en famille (qu’elle soit faite en unschooling ou par un suivit de programme plus classique) est souvent vue d’un mauvais œil. Pourtant l’école cause beaucoup de dégâts aussi. Certains enfants comme Petit Poussin (et Colombe était pareil) n’ont aucune difficulté d’apprentissage mais ils n’aiment pas aller à l’école. Et cette contrainte finit par les bouffer… Malheureusement certains associent beaucoup trop instruction en famille avec enfermement et sectarisation. Alors que finalement les enfants qui ne vont pas à l’école que je connais sont bien plus libres et ont une vie sociale bien plus riche que ceux qui sont scolarisés…

    Monjolipetitbureau a dit :
    04/02/2018 à 20:23

    J’aimerais beaucoup le unschooling avec des petits aussi je pense, même si je doute d’arriver à lâcher prise. Ethan ne va tjs pas à l’ecole ici alors q sa sœur y était à 2,5 ans en France. Je ne peux m’empêcher de comparer et de voir ce qu’il ne sait pas. Mais à côté de ça c’est vrai qu’il connaît une foule d’autres choses! Le plus pesant pour moi serait sans aucun doute le regard des autres et le poids de la société….
    Je me demandais justement qu’elle était les «règles » ensuite quand les enfants sont en âge « d’obligation scolaire » : peut-on continuer sans « programme », Dubaï (ou la France car vous êtes expatriés donc peut-être tjs dépendants de la France) impose qqchse?
    En tt cas c’est super que vous ayez trouvé un système qui vous convient, je pense que ça contribue au bien-être de tes loulous dans ce changement de vie! J’espere que tu arrives à t’accorder un peu de temps à toi (autre raison qui m’arreterait assez vite dans cette démarche…).
    Désolée pour ce pavé 😅

      mamanadada a répondu :
      05/02/2018 à 09:01

      Alors tout d’abord ne t’en fais pas pour ton pavé, au contraire ça engage la discussion ! Et puis tu as vu la taille de mon article ?
      Pour le temps pour moi, c’est ce que j’ai le plus de mal à trouver… Mais avec une vie bien réglée et qui tourne sur des habitudes de vie, les enfants prennent rapidement en autonomie. Je maintenant de nombreuses pauses de quelques minutes (oui seulement quelques minutes) pour faire quelques mouvements de sport ou de la méditation. Mais je reparlerai de cela en détail dans un article 😉
      Les obligations : si nous étions en France nous aurions un contrôle par an à partir des 6 ans de l’enfant. Ce contrôle ne vise (normalement) pas à vérifier que l’enfant suis le programme (qui n’est pas obligatoire) mais que l’enfant a bien fait des progrès dans l’année écoulée. Étant à l’étranger, nous ne devons absolument rien à la France (les lycées français à l’étranger étant payants et souvent très chers, la France ne peut se permettre des exigences envers des ressortissants à qui elle ne garantit plus l’école gratuite !). Du côté émirati pas de contrainte non plus. Les ressortissants émiratis qui déscolarisent leurs enfants sont soumis à un contrôle (je crois), mais en tant qu’étranger nous n’avons absolument aucun contrôle ni aucune obligation. Et j’avoue que cette grande liberté n’est pas sans me déplaire !
      Enfin pour les acquis ne nos garçons, moi aussi je compare parfois avec ce que Petit O’ sait ou non et que Colombe savait à son âge. Il est notamment moins discipliné en groupe. Colombe était déjà habituée au groupe de la crèche (qu’elle a quitté à 3 ans 1/2), et elle avait également développé ses facultés d’attention grâce à son cours d’éveil musical en groupe. Mais finalement, quand je vois Petit O’ en groupe, je me dis que son côté moins discipliné lui vient aussi beaucoup de son caractère un peu foufou… Quant aux acquis purement “scolaires” en fait Petit O’ suit beaucoup sa soeur, il connaît donc beaucoup de choses. Et nos garçons ont aussi un domaine que nos filles n’avaient pas à leur âge : une langue étrangère en cours d’acquisition !

        Monjolipetitbureau a dit :
        05/02/2018 à 10:21

        Oui je me dit la même chose, ils sont « en retard » sur les standards français (et de notre famille : cousin, cousines du même âge) mais ils parlent une langue en plus (et bientôt 2 car l’anneeprochaine Emmy passe au Hochdeutsch en primaire).
        Et puis je crois que les garçons sont plus cools que les filles sur les apprentissages 🤣 En tout cas ils sont moins « formels », mais peut-être est-ce l’effet 2ème aussi!

          mamanadada a répondu :
          05/02/2018 à 16:09

          Je ne sais pas si c’est une question de deuxième, ou une question de sexe… ou juste une question de caractère… En tous cas, chaque enfant est différent…
          Oh la la ! Une troisième langue ! Bon j’avoue que je préfère le Hochdeutsch au suisse allemand ! lol !

            Monjolipetitbureau a dit :
            05/02/2018 à 17:13

            Et Ethan change de crèche car il n’est qu’avec des bébés et s’ennuie… la seule dispo est bilingue suisse/anglais 😂

            mamanadada a répondu :
            06/02/2018 à 18:42

            Lol ! Bon bah au moins pour l’apprentissage des langues il sera rôdé !

    Mamanoquotidien a dit :
    04/02/2018 à 20:51

    Je n’ai pas encore trouvé le moyen de lâcher-prise et pourtant j’aimerais beaucoup. Entre l’inspection qui approche et les enfants qui me parlent parfois de retourner à l’école l’an prochain, je n’arrive pas à me détacher des programmes scolaires pour ce qui est du français et des mathématiques… Je m’agace moi-même parce que je met la pression à mon fils, ce qui est un vrai antonyme de l’IEF n’est-ce pas ?! Bref j’ai encore beaucoup à apprendre pour apporter une vraie liberté à mon fils (je suis bien plus cool avec les filles).

      mamanadada a répondu :
      05/02/2018 à 09:21

      Je pense que j’aurais beaucoup de mal à lâcher prise avec l’apprentissage de la grammaire et de la conjugaison française car je ne vois pas comment l’apprendre “naturellement” et je connais tant de gens bloqués par leurs lacunes sur ces points (en Angleterre la grammaire est rarement enseignée à l’école, ainsi je connais beaucoup d’anglais qui peine à apprendre des langues étrangères correctement car ils ne connaissent même pas la différence entre un nom et un verbe !)
      Ne t’en veux pas de ne pas arriver à lâcher prise. Je pense que c’est un long travail à faire sur soi-même. Et en France, avec les contrôles et le regard méfiant porté sur l’ief, ce lâcher prise est encore plus difficile. Ici nous avons une liberté totale. Aucun contrôle, aucune obligation. Cela aide !

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