Parentalite

Être maman, c’est vraiment Waouh ?

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Dubaï, un jour de la mi-août en plein milieu de journée.

À cette heure-là les gens dotés de bon sens sont chez eux ou au travail à profiter de la douceur de la climatisation. À Dubaï en plein mois d’août, il fait au bas mot 45° à l’ombre. Mais qui dit milieu de journée, dit soleil à son zénith et donc… il n’y a pas d’ombre.

Ce jour-là, une maman s’est dépêchée de parcourir les 300 mètres qui séparent son immeuble de l’entrée du métro. Non seulement elle n’était pas en avance (pour changer) à son rendez-vous, mais elle ne voulait pas vraiment cuire lors de cette traversée. Mais avec 1 enfant de 4 ans qui marche à contre cœur et un autre de 2 ans qui ne veut pas rester dans la poussette, le trajet prend une allure plus compliquée. Finalement après de trop nombreux “dépêche-toi un  peu !” et “mais arrête de bouger dans la poussette”, ruisselant, le trio arrive devant les portes du métro.

Une vague de froid s’abat sur eux (vive la clim à 20° quand il fait 50° dehors !). Se disant qu’elle aurait l’air ridicule en annonçant à ses proches qu’elle et ses enfants ont attrapé une pneumonie alors qu’ils vivent au chaud, la mère s’arrête net et prononce 3 mots : “Lunettes, chapeau, gilet”. L’organisation des sorties commence à être rodée et les enfants lui tendent immédiatement leurs lunettes de soleil et leur chapeau qu’elle échange avec les gilets à enfiler !

Elle range les lunettes, ferme le sac, aide le petit à mettre son gilet malgré la ceinture de la poussette, aide la grande à mettre les 15 minuscules boutons de son gilet parce que “c’est plus joli comme ça” et les ouvre parce que “finalement non.”. Elle calme le petit qui s’impatiente, attend que la grande rattrape le côté de la poussette et ils sont enfin prêts à repartir vers le métro.

Arrivés vers l’ascenseur les 2 enfants s’exclament en chœur : ” c’est moi qui appuie !”. Elle rappelle alors la règle : “Celui qui marche a le droit d’appuyer sur les boutons” (je vous avais dit que l’organisation des sorties était rodée !). Le petit réplique : ” Mais moi je voulais marcher !” (bon ok, cette organisation n’est pas rodée du tout, elle est juste complètement bidon !). Elle laisse la grande appuyer, ils entrent dans l’ascenseur et la maman prononce quelques mots en direction de la grande : “1er étage, fermer les portes”. Elle tente de rasseoir le petit dans la poussette et l’empêche trop tard d’appuyer sur le bouton d’ouverture des portes. Machinalement elle appuie sur le bouton fermeture des portes et la grande s’écrit “c’était moi qui appuies”. La maman décide alors d’ignorer tout le monde.

Ils s’engagent alors dans les longs couloirs du métro et croyez-le ou non mais les choses se sont très bien passées ! Il faut dire que sautiller sur les tapis roulant et se laisser pousser rapidement par maman c’est tellement drôle ! Et puis il faut aussi dire que parfois avec les enfants ça se passe bien aussi !

Les portiques d’entrée dans le métro sont en vue, la maman sort sa carte. La grande s’écrit : “c’est moi qui passe la carte !”. La maman lui dit : “alors il faut te mettre du bon côté de la poussette”. La petite s’exécute, la maman lui donne la carte, et le trio se dirige vers le seul portique suffisamment large pour laisser passer une poussette. Le portique est alors assailli par nombre de personnes sortant (donc en sens inverse). La mère doit attendre, la grande à lâché la poussette et s’engage dans la foule qui la bouscule. La mère lui dit de revenir, la petite n’entend pas, les gens ne prêtent pas attention. Les gens sont tous jeunes, minces, valides et sans poussette, ils pourraient utiliser tous les autres portiques, mais non, c’est celui-là qu’ils voulaient. La mère peste en français, mais tout le monde s’en fout, personne ne comprends le français. La mère tire une tronche de dix pieds de long. Les gens comprennent. Ils changent de portique.

La mère rattrape sa fille par le bras, la dirige vers le portique et sur un ton plus qu’irrité lui lance : “aller passe la carte maintenant !”. La petite fille passe la carte et reste sur place. La mère a peur que le portique se referme sur la petite et lui lance : “mais reste pas plantée là !”.

Malgré les 20° la mère s’est pris une nouvelle suée, elle ne ressemble sans doute plus à rien et son gilet porte une belle auréole sous chaque bras.

Arrivés vers l’ascenseur (oui, à Dubaï le métro est aérien, on y accède par un ascenseur) les 2 enfants s’exclament en chœur : ” c’est moi qui appuie !”. Elle rappelle alors la règle : “Celui qui marche a le droit d’appuyer sur les boutons” (je vous avais dit que l’organisation des sorties était rodée !). Le petit réplique : ” Mais moi je voulais marcher !” (bon ok, cette organisation n’est pas rodée du tout, elle est juste complètement bidon !). Vous vous dites que vous avez déjà lu ce paragraphe, mais la maman, elle a déjà vécu cette scène des dizaines de fois (au cours du dernier mois seulement) et elle est heureuse que vous expérimentiez ainsi un peu son quotidien ! Elle laisse la grande appuyer, ils entrent dans l’ascenseur et la maman prononce quelques mots en direction de la grande : “1er étage, fermer les portes”. Elle tente de rasseoir le petit dans la poussette et l’empêche trop tard d’appuyer sur le bouton d’ouverture des portes.

Et là, une femme qu’elle avait à peine remarquée quand elle était entrée dans l’ascenseur avec eux demanda à la maman sur un ton incroyablement enthousiaste : “Est-ce que c’est vraiment waouh ?
-Euh… comment ça ? Quoi est waouh ?
-Être maman, est-ce que c’est vraiment waouh ?”

Cette femme était elle une nullipare qui débutait sa vie et qui s’imaginait déjà à la tête d’une grande famille, belle, épanouie, pimpante et souriante ? Avait-elle découvert un test de grossesse positif le matin même, qui aurait changé sa vision du monde, transformé la sueur ruisselante sur le front de la maman en tiare de diamant, et les enfants braillards en Bisounours fredonnant la plus joyeuse des mélodies ? Était-elle simplement sous acide pour ne pas remarquer à quel point la maman se sentait plus “arrrrghhh !” que “waouh” à ce moment même ?

Décontenancée, la maman répondit simplement : “Oui, c’est complètement waouh !”

Et en y pensant, être maman c’est waouh ! C’est gniiii ! C’est arggh ! C’est aaaaahhhhh ! C’est snif ! Être maman c’est tous les sentiments du monde décuplés ! Les meilleurs, comme les pires. Mais ça doit quand même être super waouh, puisque même dans les moments les plus “grrr !” les mamans admettrons toujours que c’est la plus grande expérience de leur vie.

Sortie toute simple avec les enfants !
Les sorties avec les enfants sont souvent physique ! D’ailleurs dans ce domaine j’ai des précédents !

 

Et soudain… prendre son temps

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Depuis la rentrée de septembre j’ai l’impression de courir après le temps. Le rythme de l’école nous pèse beaucoup, Colombe est épuisée et difficile à gérer. Ces derniers mois, toute la famille a été mise sous la pression de ce rythme imposé par une équipe éducative bornée. Et alors que nous aimions sortir et faire des activités tous ensemble, le temps que Colombe passait à la maison était uniquement consacré à son repos : elle rentrait de l’école trop fatiguée pour la moindre activité, les week-end nous avions de la peine de la sortir trop longtemps tant elle était déjà sollicitée toute la semaine. En somme notre quotidien était principalement réglé autour du rythme scolaire d’une petite fille de 3 ans 1/2…

Et puis jeudi matin… Depuis lundi, j’ai eu un lumbago, une gastro, et là j’enchaînais sur une angine… Je suis allée tirer Colombe de son lit comme tous les matins d’école et une fois installées en tête à tête à la table du petit-déjeuner je l’ai regardée. Ma petite fille qui avait eu du mal à sortir du sommeil et qui portait encore sur elle des cernes lui donnant l’air d’un petit panda, tentait de manger sa tartine de chocolat entre deux quintes de toux. Oh rien de bien grave, mais une petite toux désagréable. Alors je lui ai laissé le choix : “Tu veux aller à l’école ou tu préfères te reposer ici avec moi ?”. “Je préfère me reposer avec toi.”

Alors après avoir fini notre petit-déjeuner nous avons allumé la télé et nous avons regardé quelques dessins animés. Petit O’ s’est levé et a mangé. Puis nous avons éteint la télé et nous nous sommes tous habillés sans nous soucier de l’heure. Nous avons sorti de la peinture et des tampons, puis des feutres et des coloriages. J’ai mis un plat dans le four et je suis allée jouer avec les enfants. Nous mangé, fait une sieste, lu des histoires et trié des affaires qui avaient besoin d’être triées. Et pendant 4 jours nous avons fait la cuisine à 4 et parfois 6 mains. Nous avons lavé de la salade avec la brosse pour la vaisselle en mettant de l’eau partout mais ça n’était pas grave parce que nous avions bien le temps de laver après. Nous sommes sortis faire du vélo, nous avons vu les canards et les copains. Nous avons fait des gâteaux et préparé des légumes super bons. Nous avons fait des tours très très hautes, même plus hautes que Petit O’ ! Nous avons fait des exercices de lectures et d’écriture et Colombe a adoré ça.

Nous avons passé ces 4 derniers jours à profiter : profiter du temps, profiter de nous. 4 petits jours qui nous ont suffit à refaire le plein d’énergie. 4 petits jours durant lesquels les soucis du quotidien ont paru bien petits. 4 jours de bonheur et d’échange entre nous. 4 jours sans sans cri, sans chamailleries (ou presque !) 4 jours durant lesquels nous ne nous sommes pas vraiment préoccupés du temps ni même de quelconques obligations. Et finalement, sans se soucier de ce qui devait impérativement être fait, juste en se disant qu’on allait faire “ça” tout de suite et le terminer avant de passer à autre chose mais sans se donner de limite de temps ou d’impératif de résultat, nous avons réussi à faire beaucoup plus que dans notre quotidien dans lequel on s’impose tant de contrainte. En 4 jours, j’ai réussi à finir plusieurs tâches qui traînaient pour la maison, j’ai pris également du temps pour moi et pour des projets personnels, et j’ai passé de nombreux moments complices et joyeux avec mes enfants.

 

"Avec mon filet de pêche, je vais attraper la lune !"
“Avec mon filet de pêche, je vais attraper la lune !”

Alors maintenant, plutôt que de courir après, il se peut qu’on prenne tout simplement notre temps…

Et l’école, comment ça se passe ?

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Durant les vacances de la Toussaint, nous avons revu nos familles et nos amis qui vivent loin de chez nous. Une question brûlait les lèvres de nos proches qui savaient bien que Colombe venait de faire sa première rentrée scolaire : “Et l’école, comment ça se passe ?“.

Il y avait bien-sûr les pessimistes qui ajoutaient un “C’est pas trop dur ?” ou un “ça va, elle ne pleure pas trop quand elle doit y aller ?“. C’est non sans un peu de déception qu’ils accueillent mes explications : “Ça se passe très bien, elle aime beaucoup ce qu’elle fait en classe et n’a jamais pleuré au moment d’aller à l’école. Certains jours sont plus difficiles et elle proteste un peu, mais elle a bien compris que la maîtresse l’attendait pour travailler et qu’elle devait être présente.” . Pourquoi cette déception ? Pourquoi faudrait-il que les enfants pleurent à chaque fois qu’ils vont à l’école ? Ces personnes ont sans doute vécu cela avec leurs propres enfants et cherchent à se rassurer. Ou alors c’est juste que lorsque tout se passe bien, il y a moins à dire… Qu’importe…

Colombe va à l'école d'un pas décidé

Mais alors, l’école, ça se passe bien ? Eh bien oui… et non… Le rythme de l’école est intense pour les petits et ici, le rythme est pensé pour les demi-pensionnaires. Or, ma fille est externe : tous les midi je vais la chercher pour la faire manger à la maison et je la raccompagne à l’école ensuite. C’est un moment auquel je tiens, pas uniquement parce que je suis une horrible mère possessive qui refuse de laisser respirer sa progéniture. J’y tiens car c’est le rythme que j’avais quand j’étais enfant et que j’appréciais tout particulièrement cette coupure qui me permettait de sortir de la vie en communauté tellement épuisante. J’y tiens aussi parce que les menus de la cantine ne correspondent pas à mes principes : beaucoup de viande, des aliments parfois hors saison ! Et j’y tiens car je trouve stupide d’être à la maison, d’être disponible à seulement 5 minutes à pieds de l’école et de ne pas en profiter. Les élèves demi-pensionnaires sont couchés à 13h, mais pour les externes, l’école ne reprend qu’à 14h. On prive donc ces enfants d’une heure complète de sommeil. Les enfants sont réveillés à 15h au plus tard, les externes ont donc au grand maximum 1h de sieste alors que les textes officiels insistent sur le fait que “jusqu’à l’âge de 4 ans, la majorité des enfants a besoin d’un temps de sommeil dès la fin du déjeuner : une sieste d’une durée d’une heure trente à deux heures correspond à un cycle de sommeil et permet à l’enfant de se sentir reposé”. L’école ne respecte donc même pas ses propres règles ! Dans le cas de ma fille, cela a des répercutions catastrophiques : elle a souvent du mal à s’endormir. Dans les meilleurs jours, elle n’y parvient pas sur le temps de la sieste à l’école. Ces soirs-là elle sort de l’école fatiguée mais pas beaucoup plus qu’après une journée normale. Les jours où elle parvient à s’endormir, elle se fait réveiller peu de temps après pour retourner en classe. À la sortie de l’école, je sais tout de suite qu’elle a été réveillée car elle râle, elle refuse d’obéir, et très vite elle part dans les cris et les larmes. En la réveillant peu après son endormissement on prive ma fille de sommeil, et cela de manière régulière puisque cela se reproduit chaque après-midi d’école. Faut-il rappeler que la privation de sommeil est une forme de torture ? Et ça n’est pas moi qui le dit, mais les plus grandes institutions de défense des droits de l’Homme (La Croix Rouge, Amnesty Internationale…)

Il existe une solution simple à ce problème, et c’est celle qui est appliquée dans la plupart des cas : lorsque c’est possible, les élèves de petite section restent chez eux l’après-midi. Après une première semaine d’école épuisante, c’est ce que j’ai proposée à l’équipe éducative. Mais alors la direction de l’école m’a fait la leçon : l’école n’est pas obligatoire avant 6 ans, alors si j’ai fait le choix d’inscrire mon enfant, je dois respecter le rythme et les horaires imposés. Ils sont les mêmes pour les enfants de 2 ans et demi à 11 ans parce que “madame, imaginez comme ça serait compliqué sinon !“. Et si les enfants sont épuisés, si leur rythme de sommeil s’en retrouve chamboulé, c’est le prix à payer pour que les petits découvrent la vie en communauté car “vous savez madame, il y a des avantages et des inconvénients à tout.“…

Un mois après la rentrée, ce rythme avait déjà des conséquences catastrophiques sur ma fille. Lorsqu’elle s’endormait pour la sieste à la maison l’après-midi, elle se réveillait systématiquement en sursaut après 15 ou 20 minutes de sommeil… À la maison, elle ne communiquait plus que part les cris et les pleurs. Épuisée je me suis mise à crier beaucoup moi-même. Mon fils de 20 mois a suivi le mouvement et s’est mis à crier. Et mon mari, supportant les cris de tout le monde était sans doute bien content de partir au travail chaque matin. Je sentais que ma famille ne tiendrait pas, qu’elle risquait l’implosion et cela à cause de l’école… Je cherchais une solution. La changer d’école était compliqué : une dérogation pour une simple histoire de sieste m’aurait été refusée, et les écoles privées sont loin de chez nous. Et quitter cette école c’était aussi quitter une maîtresse bienveillante, stimulante et qui en quelques jours avait déjà permis à ma fille de faire de gros progrès tant au niveau du travail que de la confiance en elle. D’ailleurs la maîtresse ne s’oppose pas à ce que Colombe reste à la maison l’après-midi et elle m’a soutenue tout au long de mon parcours pour trouver une solution. Solution que nous avons fini par obtenir, à force de revenir à la charge auprès de la direction. Et bien évidemment la solution est celle que j’ai proposée dès le départ (ou presque), mais il aura fallu quémander pour obtenir le respect du rythme pour une enfant qui s’épuisait.

Alors l’école, comment ça se passe ? Eh bien l’école c’est une lutte de tous les jours pour faire subir à ma fille le moins de conséquences possible des décisions prises de manière unilatérale par des personnes qui ne connaissent pas nos enfants et qui refusent d’entendre leurs besoins. L’école est une lutte pour se faire respecter et entendre en tant que parents par des personnes qui sous prétexte de leur autorité, considèrent que nous ne pouvons pas être doués de bon sens et que seul leur jugement prévaut. Alors bien-sûr, l’école ne peut pas se faire “à la carte” et les enfants doivent suivre des règles de vie en communauté. Mais est-ce faire une école “à la carte” que d’accepter que tous les élèves de petite section qui en ont la possibilité restent chez eux l’après-midi ? Non, l’école à la carte c’est celle qui me permet à ma fille d’être la seule à bénéficier de cet aménagement. Eh oui, l’école est pleine de contradictions.

Vous êtes choqués de constater que l’école apprend à ma fille qu’elle ne peut pas s’endormir sans être immédiatement réveillée ? Alors attendez l’année prochaine, quand elle sera en moyenne section et qu’on lui apprendra qu’elle n’a plus le droit de dormir, parce que dormir, c’est pour les bébés. Dormir, c’est pour les faibles !

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La rentrée des mamans

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Devant l’école le jour de la rentrée, on voit de drôle de spécimens. On les appelle des mamans. Chacune représentant un modèle différent, elles s’organisent et se complètent. Dans un mouvement plus ou moins chaotique, mais dans lequel chacune (ou presque) sait exactement où est son petit, elles poussent leur progéniture à l’intérieur dans l’antre du savoir nommé “école”. À la suite d’une fine observation, je suis en mesure aujourd’hui de vous décrire les spécimens les plus communs lors de ce grand moment appelé : la rentrée des mamans.

 

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Source de l’image : Magazine Pomme d’Api, septembre 2016

La “plus prête que jamais” :

Ça fait plusieurs semaines qu’elle a calqué son rythme de vie sur celui de l’école. Elle connaît aussi tous le programme de l’année et d’ailleurs avec son petit, ils travaillent déjà sur les acquis à avoir en fin d’année  pour qu’il ne soit pas perdu. Elle peut vous réciter par cœur “Tchoupi va à l’école” et “La rentrée des classes pour les nuls”. Ce matin devant l’école elle est sur les starting blocks ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Tu va voir tout va se passer exactement comme dans l’histoire qu’on a lu à la maison !”

L’angoissée :

On la reconnaît à ses lunettes noires qui cachent tant les cernes d’une longue nuit d’insomnie que ses larmes qu’elle ne peut pas retenir. Son enfant est trop petit, et les autres sont trop violents, la vie en communauté est vraiment trop dure et les instits n’ont pas assez de temps à consacrer à chacun. Son tout-petit, sera forcément perdu sans elle (et elle sans lui ?). Pourvu qu’il soit en classe avec son copain et avec la bonne maîtresse ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Bon et surtout s’il y a le moindre problème tu le dis à la maîtresse d’accord ?”

La coach :

Ses enfants, elles les a bien préparés : devoirs de vacances, fournitures scolaires de qualité et vêtements indestructibles sont de rigueur ! Elle arrive à l’école en donnant les consignes : écoute la maîtresse, ne bavarde pas, sois poli et apprend tes leçons. L’école c’est du sérieux ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Souviens toi bien de ce que je t’ai dit : tu écoutes attentivement et tu fais tout ce que la maîtresse te dit !”

La détendue :

Elle est sûre d’elle et de son enfant ! Et de toute façon, “les enfants stressent que si on stresse” ! Le cartable, elle l’a fait ce matin, de toute façon, “il n’y a rien de vital et si on oublie un stylo, ils doivent bien en avoir à l’école”. Elle est confiante pour l’année à venir, et si son petit n’est pas dans la classe de son copain, il s’en fera d’autres, et s’il n’a pas la maîtresse qu’il espérait, il découvrira d’autres horizons ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Tu sais la rentrée c’est un jour comme un autre dans l’année !”

L’esseulée :

Quand son petit entrera dans la classe, elle se retrouvera toute seule… Elle avait adoré les vacances passées avec lui ! Ils ont fait plein de visites, des loisirs créatifs, on lu des tas de livres ! La maison sera bien silencieuse sans lui. D’ailleurs elle ne va peut-être pas retourner à la maison tout de suite après l’avoir déposé, une petite promenade lui fera certainement du bien ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Ne t’inquiète pas je viens te chercher très vite !”

La vacancière :

Après 2 mois non stop avec ses enfants elle va enfin pouvoir souffler ! Verre en terrasse avec les copines, spa, shopping, elle s’est préparée un planning aux petits oignons ! Elle resterait bien dans sa voiture mais elle va quand même accompagner les enfants jusqu’à la porte (oui, elle a un cœur, elle a juste envie de penser enfin à elle !). Son mot pour rassurer ses enfants : “Amuse-toi bien !”

La bonne copine :

C’est simple, elle connaît tout le monde. Quand elle arrive, elle fait une tournée de bisous aux autres mamans et aussi à la maîtresse de l’an dernier. Elle parle des vacances et des activités extrascolaires dans lesquelles elle va inscrire son petit. Et quand elle ne connaît pas une personne ? Elle va à sa rencontre et s’en fait un nouvel ami. Pour peu que son petit soit timide, elle fait elle même les présentation pour qu’il se fasse des copains ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Tu vas voir, tu vas te faire plein de copains !”

La retardataire :

Elle a les cheveux mal peignés et les couettes de sa fille sont un peu de travers. Elle a encore un pied dans les vacances et ce matin elle n’a pas entendu le réveil. Heureusement que les affaires pour la rentrée sont prêtes depuis 2 jours (parce que les autres jours de classe elle arrive en retard aussi, mais elle oublie toujours quelques affaires puisqu’elle ne les prépare jamais la veille) ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Bonne journée ! Vas-y vite !”

L’interrogatrice :

Elle a mille questions à poser. Est-ce qu’on va pouvoir entrer dans l’école ? Combien de temps pourrons-nous rester ? Est-ce que les enfants seront bien couverts pour sortir en récrée ? Elle n’attend pas toujours les réponses à ses questions qu’elle pose nerveusement, comme pour combler un vide. Son mot pour rassurer ses enfants : “Et n’hésite pas à demander à la maîtresse si tu as des questions, d’accord ?”

Le vindicative :

Cette année l’organisation lui semble être vraiment n’importe quoi  (l’année dernière aussi d’ailleurs !). Et comment voulez-vous que les enfants s’y retrouvent ? C’est pas en commençant l’année comme ça que les enfants font avoir des repères ! Et ils ont mis son fils avec Untel, donc l’année sera catastrophique ! Son mot pour rassurer ses enfants : “T’inquiètes pas j’irai demander à ce qu’on te change de classe !”

La “complètement perdu” :

Elle attend devant une porte mais finalement, elle n’est pas sûre… Elle va voir une autre porte, cherche son petit sur la liste, va voir une autre liste, une autre porte… Tient elle a trouvé la porte ! Celle avec la liste avec le nom du petit dessus ! Bah ? Ou il est le petit ? Bon bah elle va aller regarder devant les autres portes ! Son mot pour rassurer ses enfants : “Surtout tu suis bien la maîtresse pour ne pas te perdre dans l’école, hein ?”

Finalement quel que soit son profil, chaque maman cherche le meilleur pour son enfant et veut le rassurer ! Et vous, dans quelle catégorie êtes-vous ?

Le choix du cartable de maternelle

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La rentrée des classes approche ! Il y a d’un côté les mamans qui s’en réjouissent et qui se disent qu’elles vont enfin pouvoir souffler un peu, et de l’autre il y a les nostalgiques qui aimeraient profiter encore des longues journées passées avec leurs enfants ! Qu’importe de quel côté on se place, il y a un impératif auquel on ne peut pas couper : l’achat des fournitures scolaires ! En maternelle, il n’y a pas grand chose à prévoir mais il faut tout de même penser à l’indispensable cartable ! Alors voilà comment j’ai effectué ma sélection !

Petite fille portant son cartable devant un tableau

Mes critères de sélection

Un cartable de qualité

Je n’ai pas l’intention d’acheter un cartable tous les ans, alors je voulais en choisir un de qualité. Mais j’ai été confrontée à un obstacle : tous les cartables de maternelle que je trouvais étaient soient des sacs très peu cher mais de qualité douteuse (et je ne parle même pas des conditions de production…), soient des sacs très résistants mais aussi trop gros et très chers ! Un cartable de maternelle n’a pas besoin d’être très gros puisque son porteur est tout petit, et il n’a pas besoin de renforts puisqu’il ne contiendra au plus qu’un change, un doudou et éventuellement une tétine.

Un prix raisonnable

J’ai tout de même trouvé quelques cartables qui correspondaient à mon premier critère dans des boutiques spécialisées, mais ils étaient à des prix vraiment trop élevés. Même si je ne veux acheter qu’un seul cartable pour la maternelle et que par conséquent il sera utilisé pendant 3 ans, je trouve que 80€ est un prix trop élevé (oui, j’ai sérieusement vu des cartables de maternelle à ce prix). J’avais décidé de mettre entre 30 et 50€ (grand maximum, en cas de très gros coup de cœur) mais je n’ai rien trouvé dans cette fourchette de prix. Ou plutôt, si , il y avait un cartable qui correspondait à tous mes critères, mais ni ma fille ni moi ne le trouvions particulièrement joli.

Un cartable neutre

Je vous l’ai dit, j’ai acheté le cartable de ma fille pour qu’elle le garde toute la maternelle. J’ai donc voulu un cartable sans licence. Ma fille a des sacs Reine des Neiges, Hello Kitty et autres, mais je réserve leur usage aux loisirs. Les modes passent, ma fille se lassera un jour de tout ça (oui, oui ! Même de la Reine des Neiges !) alors je voulais son cartable le plus neutre possible pour qu’elle ne puisse pas me dire un jour : “C’est nul, c’est pour les bébés ça !”.

Pas de prénom inscrit dessus

Je vois beaucoup d’enfants avec un cartable sur lequel est inscrit leur prénom. Sur le principe je trouve cela adorable et c’est une belle manière de personnaliser ses affaires. Mais dans les faits je ne peux m’empêcher de penser qu’une personne malveillante peut appeler l’enfant et gagner sa confiance juste parce qu’elle aura vu son prénom sur son sac. On peut toujours répéter à nos enfants de ne pas parler à un inconnu, mais dans leur tête une personne qui connaît leur prénom n’est peut-être pas un inconnu. Quant à surveiller nos enfants, c’est vrai. Mais ce genre de drames peuvent se produire en une seconde : il suffit que le bébé pleure, que le petit frère tombe. On détourne son attention quelques secondes et son enfant a disparu ! Alors je ne tente pas le diable. (ceci n’est qu’une opinion personnelle et je respecte totalement ceux qui choisissent un sac avec le prénom de leur enfant. Je voulais juste exposer mon point de vue)

Et ce cartable alors ?

Cartable de maternelle : Kickers

C’est en discutant avec mon amie Queen Mama qu’elle m’a conseillée de faire un tour sur le site Edisac qui propose des sacs de grandes marques et de qualité à des prix raisonnables. Et c’est là que j’ai trouvé mon bonheur ! Un joli petit cartable rose et violet de la marque Kickers à 30 €. Je n’ai jamais été déçue par la qualité des chaussures et des sacs de la marque Kickers, alors j’étais en confiance de ce point de vue. Encore une fois, cette marque tient ses promesses puisque le cartable semble résistant. Il est fait proprement et pas une couture ne dépasse. Il se ferme à l’aide d’aimant, ce qui est bien plus simple que des boutons ou des pressions pour un petit enfant. On peut le porté par la poignée ou le mettre sur ses épaules, et sur le dos (à l’abri des regards malveillant) on peut insérer une petite étiquette avec le nom de l’enfant.

Ce cartable réunit tous mes critères et il plaît énormément à ma fille qui ne désire plus qu’une seule chose : l’emporter à l’école ! Il va falloir attendre encore quelques jours !

Ma “petite” grande

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Je ne suis pourtant pas du genre sentimentale et généralement j’apprécie plutôt de voir mes enfants grandir, mais là j’ai eu un pincement au cœur lorsque j’ai vu ma “petite” grande. Habituellement, la voir grandir me procure plus de fierté que de nostalgie, mais à ce moment précis j’ai senti qu’on quittait une époque. Alors je l’ai prise en photo !

Fillette en haut des escaliers
Ma “petite” grande observe et décide du chemin à prendre !

Depuis quelques semaines, ma “petite” grande a découvert l’école. Pas de rentrée anticipée pour elle, mais une matinée en immersion avec ses copains de la crèche, et une visite des locaux avec moi. À chaque fois, elle ne voulait plus partir. À chaque fois, elle se sentait fière qu’on lui ait ouvert les portes de cette école qu’elle regarde avec envie depuis des mois ! Elle m’a expliqué que les “grands” (les élèves qui sont en petite section cette année) lui ont montré la table des dessins, qu’ils lui ont donné la main pour faire la ronde, qu’elle a bien écouté mais qu’elle a quand même un petit peu touché à tout !

Depuis quelques semaines, ma “petite” grande a compris qu’un nouveau monde s’ouvre à elle, et elle a hâte que ça commence. Elle me réclame de plus en plus “d’activités d’écoles”, elle me répète qu’elle fera du bon travail. Et elle a du mal à comprendre que ce sont les vacances et que l’école est fermée. Et le jour de la photo, c’est elle qui m’avait guidé jusqu’à ces escaliers. Elle s’est arrêtée en haut et m’a décrit ce qu’elle voyait, m’a expliqué qu’on pourrait aller là ou encore là-bas pour voir ça… À ce moment précis je l’ai vue grande. C’en est fini de mon petit bébé, et depuis longtemps je le sais, mais cette fois j’ai une grande fille devant moi !

Mais heureusement pour ne pas me donner l’impression qu’elle grandit trop vite, ma grande fille va rentrer en section de petits !

Quand maman est malade

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Quand maman est malade

Quand les enfants sont malades, ça n’est pas drôle, on passe souvent de mauvaises nuits, on est parfois inquiète, on est très sollicitée, mais on prend sur ses réserves. Et quand on est maman au foyer comme moi, ça n’est pas un gros problème d’organisation comme ça peut l’être dans les familles où les deux parents travaillent. Je reporte tout simplement les éventuels rendez-vous prévus, j’annule les activités et je reste au chaud à la maison avec les enfants. Nous avons la chance de ne pas nous poser la question de qui gardera l’enfant souffrant. Mon mari a droit à des congés “enfant malade” qu’il n’a jamais pris et il n’a pas besoin non plus de prendre sur ses congés quand les microbes s’installent à la maison.

Mais lorsque JE suis malade c’est une autre histoire ! Comme beaucoup de mère au foyer, je ne bénéficie pas d’un mode de garde fixe : j’ai la chance de pouvoir mettre mes enfants à la crèche mais il ne s’agit que d’une journée ou deux par semaine et je ne choisis pas ces journées. Et comme beaucoup de familles, nous avons dû quitter notre région d’origine et nous éloigner de nos parents : nous n’avons donc pas non plus la possibilité de confier nos enfants à nos proches.

Alors lorsque je suis malade, je passe aussi de mauvaises nuits : entre les insomnies, les quintes de toux et le bébé qui se réveille alors que je viens de trouver le sommeil, le repos n’est pas au rendez-vous. La journée, je ne bénéficie pas de congé maladie : si je peux laisser le ménage de côté pour quelques jours, il me reste les couches à changer, les repas à préparer, les bobos à soigner… Les bobos à soigner ? Oui ! Tous sauf les miens. Car quand je suis malade mes journées ressemblent exactement à toutes les autres journées : je m’occupe des autres et s’il me reste du temps et de l’énergie, je prends soin de moi…

Quand maman est malade, pas plus de repos qu’à l’habitude. On peut tout juste carburer au café et aux médicaments pour garder le cap. Et encore si comme moi vous allaitez encore, les médicaments autorisés ne sont pas toujours nombreux ! On demande à son mari de rentrer tôt, ce qui dans mon cas veut dire “si tu pouvais essayer de rentrer avant le repas du soir des enfants ça me soulagerait”. On remet à plus tard tout ce qui peut l’être, et on partage la sieste des enfants et on abuse un peu de la télévision pour les tenir tranquilles.

Ne vous méprenez pas, j’ai choisi d’être mère au foyer et j’aime cette situation. Je suis convaincue que mon quotidien et celui de ma famille est bien plus détendu et plus facile que si mon mari et moi travaillions tous les deux. Mais lorsque je suis malade, je ressens comme une injustice. Je pense à l’employeur de mon mari qui doit être bien heureux d’avoir des employés qui n’utilisent jamais congés pour enfant malade, qui ne quittent jamais les réunions car il faut aller chercher les enfants à la garderie ou qui n’ont pas besoin de prendre de congé pour garder les enfants à chaque grève.

Alors je rêve au jour où on inventera le  “congé conjoint au foyer malade” !

Si je parle de mère au foyer dans cet article c’est parce que je me fonde sur ma propre expérience. Bien évidemment, cette réflexion est valable pour les familles dans lesquels c’est le papa qui reste à la maison !

Le Chemin de la crèche

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Tout avait pourtant bien commencé. Nous étions prêts à l’heure, sans stress et sans cris. Mais parce que j’ai cru bon d’avoir confiance en mon enfant, j’allais vivre une vraie galère comme seuls les parents en connaissent !

Ce jour-là en partant pour la crèche, Colombe m’a dit :

“On ne prend pas la poussette, je suis grande, je vais marcher !”

Tellement heureuse de voir ma fille grandir, je range donc la poussette et installe Petit O’ dans le porte-bébé. Nous nous mettons en route. Colombe gambade, sautille tout en lançant des “Moi, je marche comme une grande fille !”. Et tout d’un coup, patatras ! Colombe s’emmêle les pieds et tombe de tout son long sur le trottoir. Elle pleure, elle crie et bien évidemment il n’est plus question pour elle de marcher. Dans toute cette agitation, et parce que les enfants savent en rajouter au pire moment, Petit O’ s’est mis à hurler, sans doute par pure solidarité pour sa sœur ou peut-être bien pour lui dire d’arrêter son cirque !

Voilà comment un beau matin, je me suis retrouvée dégoulinante de sueur, remontant la côte qui mène jusqu’à la crèche en traînant les sacs et portant mes deux brailleurs, l’un sur le dos et l’autre à bout de bras. Mais il faut voir le bon côté des choses, si ce genre de galère me donne un look plus que douteux, il est plus efficace pour me maintenir en forme que n’importe quel programme de fitness !

Le Chemin de la crèche, illustration Le blog de Ref

Merci Le blog de Ref pour cette super illustration ! Et si vous voulez découvrir toutes ses illustrations du quotidien, rejoignez-le sur Facebook ou sur Twitter !

Kestumdis : l’imagier des animaux, et le carnet de bord du bébé signeur

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Je vous ai déjà parlé de Kestumdis, ce bel imagier de langue des signes pour bébé. Sa réception a été pour nous l’occasion de commencer à signer avec Petit O’ et je vous avais promis de vous parler de l’avancée des progrès ! Chose promise, chose due, et ce sera l’occasion pour moi de vous parler de deux autres livres “Kestumdis” : l’imagier des animaux, et le carnet de bord du bébé signeur.

Couverture du Carnet de bord du bébé signeur de Kestumdis

Le carnet de bord du bébé signeur est un petit cahier (20 pages) dans lequel on peut noter au fil des mois les souvenirs de la vie du bébé signeur. Après une page de présentation classique (photo du bébé, prénom, date de naissance, qui a eu l’idée de signe), on trouve plusieurs pages sur lesquelles ont est amenés à expliquer comme se passe l’aventure à la maison ou chez nounou (à la crèche), quels sont les signes les plus utilisés par le bébé… Puis, vient une fiche mois par mois pour noter les progrès de Bébé, et ceux pendant ses 3 premières années ! Enfin, et je crois que c’est la partie que je préfère, on trouve une fiche nommée “évolution des signes-sons-mots” ou l’on note la date de la première occurrence d’un signe, le son que le bébé y associait et enfin la date où Bébé a su prononcer le mot (ou quelque chose de très ressemblant) et où en toute logique il a arrêté de le signer. C’est la partie que j’aime le plus car en se tenant à une certaine régularité pour la remplir, on peut observer une réelle évolution et on constate à quel point les signes n’entravent pas le langage si on les associe toujours à un son.

Carnet de bord du bébé signeur : les débuts

quelques anecdotes sur l'apprentissage de la langue des signes par bébé

J’aime beaucoup ce carnet qui nous suivra jusqu’à ce que Petit O’ cesse de signer et qui laissera un beau souvenir de ce moment. Très fin et de petit format, il tient parfaitement dans le range document de l’album de naissance de mon bébé. C’est donc là qu’il restera ! Les albums de naissance ne contiennent jamais de partie “bébé signeur” (du moins je n’en ai jamais vu), alors notre carnet de bord est un bon complément ! Pensez-y pour les idées de cadeaux de naissance !

Notre carnet de bord du bébé signeur Kestumdis a trouvé sa place dans l'album de naissance de mon bébé

L'imagier "Mon p'tit vocabulaire, le monde animal" de Kestumdis

L’imagier des animaux est fait sur le même modèle que l’imagier du quotidien dont je parlais dans mon premier article : d’un côté, une image figurant le mot, de l’autre le mot est écrit en haut, une illustration d’enfant signant ce mot se trouve sur la gauche, et sur la droite on peut lire une explication du geste à faire, renforcée par un gros plan de ce geste. L’explication m’a toujours parue très claire, je n’ai donc jamais eu de mal à comprendre le signe que je devais faire. La grosse différence entre ces deux imagiers réside dans le fait que l’image figurant le mot est ici une vraie photo de l’animal présenté. Ainsi il n’y a aucun doute quant à l’animal représenté (quoi, ça ne vous est jamais arrivé de voir un dessin et de ne pas reconnaître ce qu’il représentait ?).

Illustration en photo dans l'imagier du monde animal de Kestumdis

Comment faire le signe du chat

Petit O’ a plutôt utilisé cet imagier pour regarder les animaux et entendre leur nom ou leur cri, que pour apprendre à signer leur nom. En fait, face à son manque d’intérêt quand au fait de signer les noms des animaux, je n’ai pas trop insisté. Petit O’ est un grand amoureux des animaux et devient tout fou quand il en voit, même en photo. Il préfère donc regarder l’imagier en criant des grands “yayi !” (expression utilisée à chaque fois qu’il voit un animal), des “chachat” ou “waf waf” ! En somme, l’imagier participe à son acquisition du langage, mais a priori cela se fera sans passer par le signe.
Pour Colombe (3 ans) c’est différent. Elle connaît certains signe du quotidien car elle nous voit les faire avec son frère et qu’elle les répète avec nous, mais elle ne les a jamais fait spontanément (puisque de toutes manières elle parle). Mais associer un signe à un animal l’a beaucoup intéressée. Je ne sais si c’était pour elle un jeu de mime, mais elle a souvent demander à apprendre de nouveaux signes. Elle aime donc signer le nom des animaux dans ses jeux d’imitation, et lorsque je la gronde elle détourne très souvent la conversation avec cette phrase qui me donne à chaque fois envie de rire aux éclats : “Regarde maman, je fais la vache !” accompagné bien-sûr du signe adéquat !

Colombe fait le signe de la vache

Grâce à notre carnet, je suis en mesure de vous raconter la suite de notre aventure ! C’est à 13 mois que Petit O’ a fait son premier signe : nous venions de lire l’imagier du quotidien juste avant l’heure de la sieste, et Petit O’ a spontanément signer “dodo”. Vous imaginez à quel point j’étais fière ! J’étais surprise aussi qu’il réclame son lit, mais finalement je me dis qu’il l’avait certainement réclamé souvent sans que je ne comprenne. Pendant une période de plusieurs semaines, il a signé “dodo” lorsqu’il voulait se coucher, ce qui m’a permis de mieux cerner son rythme (j’avais tendance à le coucher un peu trop tard l’après-midi) et à l’adapter. Maintenant il est devenu rare qu’il signe “dodo”, je pense qu’il en ressent moins le besoin depuis que j’ai changé ses horaires de coucher.

Le deuxième mot qu’il a su signer est gâteau. Le signe était 2 coup sur la joue, il a commencé par faire ses coups sur ma joue au lieu de la sienne, ce qui me faisait bien rire ! Finalement il a bien maîtrisé le geste et en a usé et abusé à chaque goûter. Il y associant d’abord le son “gaga”, puis “taga”. Et finalement aujourd’hui il ne l’utilise plus. A-t-il appris à dire gâteau ? Est-ce que je comprends trop bien son “taga” pour qu’il n’ait plus besoin de signer ? Pas du tout, non ! Simplement depuis quelque temps, Monsieur préfère le pain ! (Bon en fait c’est depuis que je fais systématiquement le pain moi-même alors ça me satisfait pleinement !)

Enfin, le mot qui perdure et qui est utilisé encore et encore, eh bien c’est… “encore” ! Petit O’ (16 mois) n’arrive pas à prononcer de son qui ressemble suffisamment pour qu’on reconnaisse ce mot, alors il signe. En grand gourmand, il signe surtout au moment des repas. Quand on lui donne à manger, il signe “encore” entre chaque cuillère ! Et quand il mange seul et qu’il a fini son assiette, il ne prend pas toujours le temps de poser sa fourchette pour signer !

Petit O' signe "encore" avec sa fourchette
Désolée pour la qualité de cette photo prise sur le vif !

Au quotidien, nous n’utilisons pas beaucoup de signes, j’avais essayé d’en introduire plus que ceux que nous utilisons réellement, mais soit Petit O’ a réussi à prononcer le mot et a abandonné le signe, soit j’ai arrêté de signer car cela ne m’était pas utile. Je reste pourtant convaincue des avantages de la langue des signes avec Bébé. J’ai parlé de l’exemple du rythme de sommeil que j’ai réussi à mieux comprendre grâce au signe. Au quotidien pour les repas c’est bon aussi de savoir si Petit O’ veut manger plus ou non. Je compte bien continuer à signer dans les situations où ça nous est utile, sans me forcer à introduire des signes dont nous n’avons pas réellement besoin. Et pour ceux qui se posent encore cette éternelle question : j’ai pu constaté que le signe n’a pas retarder l’acquisition du langage chez Petit O’, mais qu’il l’a accompagnée. J’ai même parfois l’impression qu’il lui a donner envie de parler car beaucoup de mot lui sont venus alors que nous travaillions le signe (toujours en prononçant le mot). Et bien qu’étant un bébé signeur à la maison, Petit O’ est considéré à la crèche comme un enfant très bavard et que l’on comprend plutôt bien malgré ses 16 mois ! Alors si vous avez envie de découvrir la langue des signes pour bébé, n’hésitez pas à aller faire un tour sur la boutique du bébé signeur et à chercher des ateliers près de chez vous (pour info, Nathalie, la fondatrice de Kestumdis organise des ateliers sur Toulouse !)

Merci à Nathalie pour l’envoi de l’imagier et du carnet de bord, et pour nous avoir embarqué dans cette super aventure qu’est celle du bébé signeur où parents et bébé se comprennent tellement plus facilement !

Cet article est ma participation à “Chut les enfants lisent”, le rendez-vous du blog Devine qui vient bloguer ?

Mauvaise Mère – un livre poignant sur les blessures de l’adoption

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Accueillir son enfant dans son foyer est le début d’une belle histoire. Et quand cet enfant a connu la misère et la séparation d’avec sa famille biologique, que l’on a soi-même eu des difficultés ou une impossibilité à concevoir, bref quand cet enfant qu’on accueille est adopté, c’est le début d’un rêve. De belles histoires, l’adoption en compte des milliers, heureusement. Mais comme toujours dans la vie, le rêve peut tourner au cauchemar. C’est ce cauchemar que raconte Mauvaise Mère, le livre de Judith Norman.

Le titre apparaît sans ponctuation car comme le raconte souvent Judith Norman dans les interviews, le lecteur y mettra le ton qu’il voudra. Chacun est libre de son point de vue, cette mère nous livre juste son histoire.

Mauvaise_mere_couverture

Mauvaise Mère part d’un évènement marquant par sa violence. Le jour de son 32ème anniversaire, Mina, la fille adoptive de Judith assène insultes et coups à sa mère qui n’avait pas prévu de foie gras avec le champagne. Judith est blessée physiquement et psychologiquement. Ce jour marque alors le début d’une période de 5 mois durant lesquels malgré tout l’amour que Judith porte à sa fille, elle refusera de la voir afin de se protéger. Judith va alors se battre pour rétablir une relation saine entre elle et son mari, en essayant notamment de lui faire réaliser qu’il ne peut pas rester complètement soumis à sa fille. Mais elle va aussi se battre pour faire comprendre que cet éloignement ne remet pas en cause son amour pour Mina, car malgré toutes les difficultés elle reste sa fille.

Loin des histoires idylliques d’enfants adoptés trouvant leur salut grâce à leur nouveau foyer, celle de Judith et Mina nous enseigne que parfois tout l’amour du Monde ne suffit pas. Mina, cette petite fille dénutrie venue d’Éthiopie à l’âge d’un an a vite repris des forces physiquement. Mais les blessures d’amour sont parfois impossible à  guérir, même par une maman aimante et un papa dévoué. Et Judith Norman l’explique parfaitement :

À quel moment notre vie avec Mina avait-elle basculé ? Avions-nous cru, comme certains, que l’adoption était un conte de fées ? Non. Il y a tant de blessures à colmater, nous savions que ce ne serait pas facile ! Rien n’est automatique. L’amour ne peut pas tout, même si l’on y croit très fort. La “chance” d’être adopté, disent les ignorants ! Pour les parents en mal d’enfant peut-être mais pour l’enfant, pas une chance ce qui lui arrive : il n’a rien demandé ! Abandonné “pour son bien”, cette phrase qui carillonne dans leur tête et que jamais les parents, même les plus aimants ne pourront effacer.”
(chapitre 5)

Au-delà du thème de l’adoption, Mauvaise Mère est aussi un fabuleux récit sur la difficulté de rester un couple lorsque l’on est parents (et qui plus est lorsque les relations avec son enfant sont difficiles). C’est un livre sur l’ambiguïté des mères (et des pères) dont l’amour n’est jamais remis en question, même lorsque l’enfant leur fait vivre l’enfer.

Je pourrai vous parler de ce livre pendant longtemps tant il m’a touchée, mais je pense que le mieux c’est que vous le lisiez. Judith Norman nous livre son expérience sans chercher la pitié, sans accuser personne, sans prétendre connaître la solution, mais avec beaucoup de courage.

Judith Norman, Mauvaise Mère, Ed. Les liens qui libèrent, 2016

Merci aux éditions Les liens qui libèrent pour l’envoi de ce livre bouleversant.

Pour en savoir plus sur le livre, retrouver deux interviews de Judith Norman :

Elle fût l’invitée des Maternelles sur France 5 et de LCI.