Vie de mère

Et si au lieu de chercher l’équilibre, on créait plutôt l’harmonie ?

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Voilà un an et demi, ma vie a radicalement changé. Mon mari, mes 2 enfants et moi sommes devenus minimalistes, nous sommes partis vivre à l’étranger et nous avons choisi d’instruire nos enfants à la maison.

Avant ce grand changement, nous avions une vie plutôt équilibrée : mon mari travaillait, j’étais femme au foyer mais bénéficiait de temps pour moi lorsque les enfants allaient à la crèche (2 petites journées par semaine) ou à l’école.

Aujourd’hui, je me retrouve à 7500 km de toute famille et de mes cercles d’amis (même si nous avons créé d’autres amitiés ici, la vie d’expat’ (surtout à Dubaï) est une vie de passage où on a peu de temps pour créer des liens forts). Je m’occupe de mon foyer, de l’éducation de mes enfants, mais aussi de leur instruction, sans possibilité d’aide autour de moi. Bien-sûr mon mari est impliqué, mais il est absent 10h par jour puisqu’il travaille, et ce qui concerne le foyer et les enfants reste principalement à ma charge.

Pendant ces 18 derniers mois, voulant m’adapter à ma nouvelle vie, j’ai chercher l’équilibre qui me permettrait d’être disponible pour mes enfants, tout en élaborant leur programme d’instruction, en tenant mon foyer et essayant de trouver du temps pour moi. Mais comment trouver cet équilibre quand on a à charge de s’occuper des autres ? Comment trouver du temps pour soi lorsqu’on n’est jamais seule ? Et comment tout gérer seul lorsqu’on n’a personne sur qui se reposer ?

J’ai touché cet équilibre du bout du doigt lorsque j’ai décidé de laisser les enfants quelques heures à mon mari le week-end pour aller faire des choses pour moi. Mais j’avais l’impression de gâcher du temps que j’aurais voulu passer avec ma famille.

J’ai effleuré cet équilibre en me levant plus tôt le matin pour prendre du temps pour moi. Mais à la première période de fatigue, je n’ai plus trouvé la force de me lever, et le plaisir a laissé la place à la frustration.

Et un jour, j’ai eu la révélation ! Je me trompais de voie et ça n’était pas l’équilibre que je devais chercher ! Il ne peut pas y avoir d’équilibre s’il n’y a pas d’harmonie. Ou du moins, cet équilibre ne peut qu’être vacillant et voué à s’écrouler à chaque petit grain de sable.

La différence peut paraître ténue, mais en réalité elle est immense, car ce qui distingue équilibre et harmonie, c’est le bien-être.

En cherchant l’équilibre, on tente de trouver du temps pour les besoins de chacun, mais on fractionne ce temps. Un moment pour moi, un moment pour les enfants, un moment pour les tâches ménagères… La vie finit parfois par devenir oppressante, passant d’un temps à un autre sans transition fluide… On se fait des listes interminables de choses qu’on ne pourra finalement pas faire et qui encombrerons notre conscience sous forme de culpabilité…

En cherchant l’harmonie, on se contente de l’essentiel. Bien-sûr qu’il faut trouver un moment pour régler les factures et organiser la garde des enfants si l’on travail (ou si on ne travail pas mais qu’on a besoin de souffler !). Mais a-t-on vraiment besoin d’organiser toutes ces activités dirigées pour nos enfants ? Doit-on se forcer à leur faire faire de la peinture ou de la pâtisserie quand on n’aime pas cela soi-même ? Doit-on jouer avec eux pour leur éviter l’ennui ? Faut-il sans cesse s’adapter aux autres lorsqu’on est ensemble ou ne peut-on pas plutôt être soi-même, faire ce que l’on aime et laisser les autres nous accompagner s’ils en ont envie ?

Au cours de l’année dernière, les meilleurs moments que nous avons passé sont les moments de partage. Lorsque je m’installe pour peindre, colorier, ou (mon dernier loisir) travailler de la laine feutrée, que les enfants s’installent à côté de moi et imitent mes gestes ou en inventent de nouveaux. Dans ces moments-là, je ne leur fait pas faire une activité, nous la faisons ensemble. Chacun à son rythme et chacun à sa manière. Certains quittent l’activité, y reviennent, d’autres y passent beaucoup de temps et la vie continue autour d’eux. Comme sur une partition de musique, chacun apporte sa note pour créer une douce harmonie.

Ces moments de partage sont incroyablement riches en apprentissages et en transmission. Ils nous amènent à parler de tout et de rien, et parfois libèrent la parole sur des choses importantes. Chacun est libre d’aller et venir et trouve sa place naturellement. Nous rechargeons notre réservoir affectif et lorsque l’activité se termine c’est parce que chacun a eu son compte et a trouvé autre chose à faire. Les enfants vont alors généralement entamer une longue période de jeu, et je peux me consacrer à mes occupations d’adultes.

Voilà pourquoi je ne chercherai plus l’équilibre, mais j’ai bien l’intention de créer, avec ma tribu, une douce harmonie.

Et vous ? Avez-vous déjà fait la distinction entre l’équilibre et l’harmonie ? Racontez-moi vos plus beaux moments en famille, et votre philosophie de vie (oui, rien que ça !) en commentaire, car c’est toujours un immense plaisir pour moi de vous lire !

phrases inspirantes

Juste un petit pouce levé

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Juste un petit pouce levé, ça suffit pour redonner la pêche parfois !

Après une énième nuit entrecoupée par les pleurs d’un bébé malade, j’ai eu la désagréable surprise de constater que ma machine à café était en panne ce matin. Mon précieux breuvage noir étant souvent ce qui m’aide à tenir, la journée s’annonçait mal…

Nous sommes donc en fin d’après-midi. J’ai la mine tellement fatiguée que plusieurs personnes n’ont pas manqué de me le faire remarquer. Mais heureusement j’ai pu faire un détour au supermarché où j’ai trouvé du café soluble (le truc immonde que je ne bois jamais) qui m’apportera ma dose de caféine aussitôt arrivée à la maison. J’attends le bus avec ma poussette double bien chargée, mais celui-ci tarde à venir. Je pourrais bien rentrer à pied comme je le fais parfois, mais l’idée de remonter la côte avec mes 30kg de poussette me décourage (oui 30kg, j’ai fait le calcul !).

Petit O’, exténué se met à pleurer. Je décide d’abord de ne pas le prendre car si je l’ai dans les bras quand le bus arrive, jamais je ne pourrai monter la poussette. Mais finalement j’ai mal pour lui. Il est malade et épuisé. Je le prends dans mes bras, le console, le berce. Mais le bus arrive… Poser Petit O’, demander au chauffeur d’ouvrir la porte de derrière, monter la poussette dans le bus, garer la poussette, mettre le frein, bloquer les roues, reprendre Petit O’ qui s’est mis à hurler, sortir la carte de bus, valider la carte de bus, trouver un siège et consoler Bébé. Voilà, je suis assise. Mais pas pour longtemps car je descends dans 3 arrêts. D’ailleurs voilà on y est. Attendre l’arrêt du bus, me lever avec Petit O’ dans les bras, débloquer les roues de la poussette, retirer le frein de la poussette, manœuvrer la poussette à une main jusqu’à la porte, puis sortir doucement la poussette du bus.

Me voilà sur le trottoir. Les portes du bus se ferment et alors qu’il s’apprête à repartir, je croise le regard d’une dame assise au fond du véhicule. Elle me sourit et me montre son pouce levé. Même si j’ai l’air épuisé, elle me montre qu’elle est impressionnée. Même si j’ai le sentiment d’être débordée, elle me dit que j’assure !

Le bus part et moi aussi. Je pousse ma poussette double en tenant mon bébé dans les bras, mais cette fois j’ai un grand sourire au lèvres !

Eh oui ! Il n’y a pas que le café qui donne la pêche !