Vie de mère

Mon premier trimestre de grossesse à Dubaï

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Pour une troisième grossesse, on connaît le suivi médical et on a déjà quelques habitudes. Mais si vous me connaissez, je préfère largement l’aventure aux habitudes, alors ce bébé, je l’ai fait à l’étranger ! Voici donc mon suivi médical pour ce premier trimestre de grossesse à Dubaï.

Mon premier trimestre de grossesse à Dubaï

Je suis enceinte : mais j’en parle à qui ?

En apprenant mes 2 premières grossesses (en France), j’étais allée voir mon médecin traitant ou ma sage-femme. Mais à Dubaï, je ne connais pas de sage-femme ni même de gynéco, et le seul médecin généraliste que j’avais consulté m’avait paru complètement nul (“Pendant une grossesse, Madame, on ne doit prendre absolument aucun médicament ! Pas même du paracétamol !”). Bref, j’étais un peu perdue…

Finalement, j’ai décidé d’aller voir un nouveau généraliste dans mon quartier. Je me suis dit qu’il m’aiguillerait. Immédiatement, il me propose de prendre rendez-vous avec la gynécologue du centre. A peine avais-je accepté qu’il me répond :

“C’est fait, vous avez rendez-vous dans 10 minutes.

Imaginez ma tête de française habituée à prendre mes rendez-vous médicaux un an à l’avance !

Quelques questions inhabituelles

En sortant de chez le généraliste, je vais donc directement rencontrer la gynécologue. Lorsque je lui dis que je venais pour un début de grossesse, elle commence à me poser toutes sortes de questions auxquelles je m’attendais plus ou moins :

  • Date des dernières règles
  • Date et mode d’accouchement pour mes 2 premiers
  • Date de mon mariage

Effectivement, aux Émirats Arabes Unis un homme et une femme n’ont pas le droit de vivre ensemble s’ils ne sont pas mariés (D’ailleurs Papa A Dada ! et moi nous sommes mariés pour venir vivre ici). Avoir un enfant hors mariage est tout aussi illégal : c’est passible d’amende, d’expulsion du pays et même de prison ! La loi est très stricte là-dessus, et la première chose à mettre dans son sac de maternité, c’est son acte de mariage !

Forcément, lorsque j’annonce à la gynécologue une date de mariage postérieure à celle de la naissance de mes 2 enfants, je vois à son visage que cela l’intrigue.

suivi du premier trimestre de grossesse à Dubaï

L’assurance médicale doit donner son approbation

Enfin, la gynécologue regarde mon dossier et me dit : “Très bien, vous avez une assurance médicale, ça facilitera les choses !”.

Je m’attends à ce qu’elle me prescrive un test sanguin pour confirmer la grossesse, complété d’une batterie de tests pour savoir si tout va bien comme on m’aurait fait en France. Elle ne me prescrit que le test de grossesse et me dit :

“J’envoie la demande à votre assurance. Leur réponse peut prendre entre 10 minutes et plusieurs heures, alors essayer de rester dans les parages pour revenir faire le test dans notre labo dès qu’on a leur approbation.”

L’assurance nous facilitera les choses en couvrant les frais, mais elle ne nous fera pas gagner notre temps !

Après une heure d’attente avec mes deux enfants dans la pizzeria à côté du centre médical, je reçois la réponse positive de l’assurance. Je vais donc faire ma prise de sang.

Quelques jours plus tard, la gynécologue me confirme ma grossesse. Elle me fait alors une première échographie (ce qui me surprend beaucoup) et me prend rendez-vous 2 semaines plus tard chez l’échographiste du centre pour enregistrer le cœur du fœtus. Sans cet enregistrement, nous ne pouvons pas prouver que la grossesse est viable, et nous n’obtiendrons pas l’autorisation de l’assurance pour poursuivre les tests.

Ces premiers rendez-vous m’ont donné le ton de la grossesse. Le suivi médical sera bon, mais chaque dépense sera comptée par l’assurance. On ne considère pas d’emblée que je porte la vie et on me demande de le prouver. Ma grossesse est une lourde dépense et on me le rappelle sans cesse. Le suivi médical sera bon, et le personnel est chaleureux comme souvent à Dubaï, mais il planera toujours au-dessus de moi ce côté financier extrêmement froid. Ce bébé n’est pas encore né qu’on me fait déjà comprendre que sa vie va coûter cher.

tarifs accouchements Dubaï
A Dubaï, tout le monde n’a pas d’assurance maladie alors certains hôpitaux proposent des “packages” et les tarifs sont clairement indiqués dès la salle d’attente.

Les échographies s’enchaînent

Dès mon deuxième rendez-vous, j’ai eu une échographie. Depuis, j’ai une échographie à chaque rendez-vous sans que ça ne pose problème à personne, alors qu’on doit attendre l’autorisation de l’assurance pour la moindre prise de sang !

Ce côté systématique de l’échographie me surprend ! Même si je sais que cela se fait parfois aussi en France.

Mais j’ai eu 2 échographies importantes, faites chez l’échographiste du centre médical et non chez par ma gynécologue (2 écho qui ont nécessité l’aval de l’assurance). La première, à 9sa pour enregistrer le cœur du fœtus. Et la deuxième à 12 sa, l’échographie liée au dépistage de la trisomie 21.

Le choix du médecin, de l’hôpital…

C’est un peu par hasard que j’ai trouvé ma gynécologue, mais le courant passe bien donc je n’ai pas de raison de changer. Si je décide de continuer mon suivit avec elle, c’est elle qui m’accouchera. Elle m’a même donné son numéro personnel afin de la contacter directement en cas de question ou d’urgence. Ici, le médecin suit ses patients de près.

Mais l’hôpital dans lequel elle pratique les accouchements est à l’autre bout de la ville (comme un très grand nombres d’hôpitaux à Dubaï, car il y a un quartier qui les regroupe, même s’il existe des hôpitaux éparpillés dans la ville). Cela me refroidit un peu, d’autant que nous avons 2 hôpitaux au bout de notre rue…

Et récemment, j’ai visité les urgences d’un hôpital plus proche de chez nous et dans lequel l’accueil était excellent. J’hésite donc entre suivre mon médecin, ou choisir selon l’hôpital…

suivi du premier trimestre de grossesse à Dubaï

Finalement le suivi du premier trimestre de grossesse à Dubaï est un peu le même qu’en France, sauf que…

Le fait que nous soyons couverts par des assurances privées changent beaucoup la manière d’aborder les soins.

Mis à part ce côté financier, le suivi du premier trimestre de grossesse à Dubaï est assez similaire à celui que j’avais vécu en France. Les tests sont les mêmes, sauf la toxoplasmose dont on ne parle absolument pas ici.

Il y a tout de même quelques différences. En France, on choisit son hôpital, mais on sait rarement qui va nous accoucher. Ici, je dois bien choisir mon gynécologue, car c’est lui qui m’accouchera. Cela signifie aussi que je dois suivre ce médecin dans l’hôpital dans lequel il pratique.

Enfin, la différence majeure, c’est qu’une grossesse ne dure pas autant de temps partout dans le monde ! Si si ! Je vous assure ! En France, on considère qu’une grossesse dure 41 semaines, et on peut parfois attendre jusqu’à 42 semaines avant un déclenchement. Ici (et dans de nombreux pays !!!) on considère qu’une grossesse dure 40 semaines. Et si parfois on attend plus d’une semaine pour le déclenchement, ma gynécologue m’assure qu’elle ne dépassera pas 41 semaines. Vous me direz : “La plupart des femmes accouchent avant le terme, alors ça n’a pas beaucoup d’importance !”… Eh bien pour moi qui ai toujours dépassé le terme (français), et qui en plus de cela, ai déjà eu une césarienne (donc déclenchement plus risqué), ça en a ! Affaire à suivre…

Je souhaite remercier Tiphaine, du blog Morue Family, une sage-femme hiralante, d’avoir rafraîchi ma mémoire sur le suivi de grossesse en France !

Et si au lieu de chercher l’équilibre, on créait plutôt l’harmonie ?

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Voilà un an et demi, ma vie a radicalement changé. Mon mari, mes 2 enfants et moi sommes devenus minimalistes, nous sommes partis vivre à l’étranger et nous avons choisi d’instruire nos enfants à la maison.

Avant ce grand changement, nous avions une vie plutôt équilibrée : mon mari travaillait, j’étais femme au foyer mais bénéficiait de temps pour moi lorsque les enfants allaient à la crèche (2 petites journées par semaine) ou à l’école.

Aujourd’hui, je me retrouve à 7500 km de toute famille et de mes cercles d’amis (même si nous avons créé d’autres amitiés ici, la vie d’expat’ (surtout à Dubaï) est une vie de passage où on a peu de temps pour créer des liens forts). Je m’occupe de mon foyer, de l’éducation de mes enfants, mais aussi de leur instruction, sans possibilité d’aide autour de moi. Bien-sûr mon mari est impliqué, mais il est absent 10h par jour puisqu’il travaille, et ce qui concerne le foyer et les enfants reste principalement à ma charge.

Pendant ces 18 derniers mois, voulant m’adapter à ma nouvelle vie, j’ai chercher l’équilibre qui me permettrait d’être disponible pour mes enfants, tout en élaborant leur programme d’instruction, en tenant mon foyer et essayant de trouver du temps pour moi. Mais comment trouver cet équilibre quand on a à charge de s’occuper des autres ? Comment trouver du temps pour soi lorsqu’on n’est jamais seule ? Et comment tout gérer seul lorsqu’on n’a personne sur qui se reposer ?

J’ai touché cet équilibre du bout du doigt lorsque j’ai décidé de laisser les enfants quelques heures à mon mari le week-end pour aller faire des choses pour moi. Mais j’avais l’impression de gâcher du temps que j’aurais voulu passer avec ma famille.

J’ai effleuré cet équilibre en me levant plus tôt le matin pour prendre du temps pour moi. Mais à la première période de fatigue, je n’ai plus trouvé la force de me lever, et le plaisir a laissé la place à la frustration.

Et un jour, j’ai eu la révélation ! Je me trompais de voie et ça n’était pas l’équilibre que je devais chercher ! Il ne peut pas y avoir d’équilibre s’il n’y a pas d’harmonie. Ou du moins, cet équilibre ne peut qu’être vacillant et voué à s’écrouler à chaque petit grain de sable.

La différence peut paraître ténue, mais en réalité elle est immense, car ce qui distingue équilibre et harmonie, c’est le bien-être.

En cherchant l’équilibre, on tente de trouver du temps pour les besoins de chacun, mais on fractionne ce temps. Un moment pour moi, un moment pour les enfants, un moment pour les tâches ménagères… La vie finit parfois par devenir oppressante, passant d’un temps à un autre sans transition fluide… On se fait des listes interminables de choses qu’on ne pourra finalement pas faire et qui encombrerons notre conscience sous forme de culpabilité…

En cherchant l’harmonie, on se contente de l’essentiel. Bien-sûr qu’il faut trouver un moment pour régler les factures et organiser la garde des enfants si l’on travail (ou si on ne travail pas mais qu’on a besoin de souffler !). Mais a-t-on vraiment besoin d’organiser toutes ces activités dirigées pour nos enfants ? Doit-on se forcer à leur faire faire de la peinture ou de la pâtisserie quand on n’aime pas cela soi-même ? Doit-on jouer avec eux pour leur éviter l’ennui ? Faut-il sans cesse s’adapter aux autres lorsqu’on est ensemble ou ne peut-on pas plutôt être soi-même, faire ce que l’on aime et laisser les autres nous accompagner s’ils en ont envie ?

Au cours de l’année dernière, les meilleurs moments que nous avons passé sont les moments de partage. Lorsque je m’installe pour peindre, colorier, ou (mon dernier loisir) travailler de la laine feutrée, que les enfants s’installent à côté de moi et imitent mes gestes ou en inventent de nouveaux. Dans ces moments-là, je ne leur fait pas faire une activité, nous la faisons ensemble. Chacun à son rythme et chacun à sa manière. Certains quittent l’activité, y reviennent, d’autres y passent beaucoup de temps et la vie continue autour d’eux. Comme sur une partition de musique, chacun apporte sa note pour créer une douce harmonie.

Ces moments de partage sont incroyablement riches en apprentissages et en transmission. Ils nous amènent à parler de tout et de rien, et parfois libèrent la parole sur des choses importantes. Chacun est libre d’aller et venir et trouve sa place naturellement. Nous rechargeons notre réservoir affectif et lorsque l’activité se termine c’est parce que chacun a eu son compte et a trouvé autre chose à faire. Les enfants vont alors généralement entamer une longue période de jeu, et je peux me consacrer à mes occupations d’adultes.

Voilà pourquoi je ne chercherai plus l’équilibre, mais j’ai bien l’intention de créer, avec ma tribu, une douce harmonie.

Et vous ? Avez-vous déjà fait la distinction entre l’équilibre et l’harmonie ? Racontez-moi vos plus beaux moments en famille, et votre philosophie de vie (oui, rien que ça !) en commentaire, car c’est toujours un immense plaisir pour moi de vous lire !

phrases inspirantes

Juste un petit pouce levé

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Juste un petit pouce levé, ça suffit pour redonner la pêche parfois !

Après une énième nuit entrecoupée par les pleurs d’un bébé malade, j’ai eu la désagréable surprise de constater que ma machine à café était en panne ce matin. Mon précieux breuvage noir étant souvent ce qui m’aide à tenir, la journée s’annonçait mal…

Nous sommes donc en fin d’après-midi. J’ai la mine tellement fatiguée que plusieurs personnes n’ont pas manqué de me le faire remarquer. Mais heureusement j’ai pu faire un détour au supermarché où j’ai trouvé du café soluble (le truc immonde que je ne bois jamais) qui m’apportera ma dose de caféine aussitôt arrivée à la maison. J’attends le bus avec ma poussette double bien chargée, mais celui-ci tarde à venir. Je pourrais bien rentrer à pied comme je le fais parfois, mais l’idée de remonter la côte avec mes 30kg de poussette me décourage (oui 30kg, j’ai fait le calcul !).

Petit O’, exténué se met à pleurer. Je décide d’abord de ne pas le prendre car si je l’ai dans les bras quand le bus arrive, jamais je ne pourrai monter la poussette. Mais finalement j’ai mal pour lui. Il est malade et épuisé. Je le prends dans mes bras, le console, le berce. Mais le bus arrive… Poser Petit O’, demander au chauffeur d’ouvrir la porte de derrière, monter la poussette dans le bus, garer la poussette, mettre le frein, bloquer les roues, reprendre Petit O’ qui s’est mis à hurler, sortir la carte de bus, valider la carte de bus, trouver un siège et consoler Bébé. Voilà, je suis assise. Mais pas pour longtemps car je descends dans 3 arrêts. D’ailleurs voilà on y est. Attendre l’arrêt du bus, me lever avec Petit O’ dans les bras, débloquer les roues de la poussette, retirer le frein de la poussette, manœuvrer la poussette à une main jusqu’à la porte, puis sortir doucement la poussette du bus.

Me voilà sur le trottoir. Les portes du bus se ferment et alors qu’il s’apprête à repartir, je croise le regard d’une dame assise au fond du véhicule. Elle me sourit et me montre son pouce levé. Même si j’ai l’air épuisé, elle me montre qu’elle est impressionnée. Même si j’ai le sentiment d’être débordée, elle me dit que j’assure !

Le bus part et moi aussi. Je pousse ma poussette double en tenant mon bébé dans les bras, mais cette fois j’ai un grand sourire au lèvres !

Eh oui ! Il n’y a pas que le café qui donne la pêche !