Être maman, c’est vraiment Waouh ?

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Dubaï, un jour de la mi-août en plein milieu de journée.

À cette heure-là les gens dotés de bon sens sont chez eux ou au travail à profiter de la douceur de la climatisation. À Dubaï en plein mois d’août, il fait au bas mot 45° à l’ombre. Mais qui dit milieu de journée, dit soleil à son zénith et donc… il n’y a pas d’ombre.

Ce jour-là, une maman s’est dépêchée de parcourir les 300 mètres qui séparent son immeuble de l’entrée du métro. Non seulement elle n’était pas en avance (pour changer) à son rendez-vous, mais elle ne voulait pas vraiment cuire lors de cette traversée. Mais avec 1 enfant de 4 ans qui marche à contre cœur et un autre de 2 ans qui ne veut pas rester dans la poussette, le trajet prend une allure plus compliquée. Finalement après de trop nombreux « dépêche-toi un  peu ! » et « mais arrête de bouger dans la poussette », ruisselant, le trio arrive devant les portes du métro.

Une vague de froid s’abat sur eux (vive la clim à 20° quand il fait 50° dehors !). Se disant qu’elle aurait l’air ridicule en annonçant à ses proches qu’elle et ses enfants ont attrapé une pneumonie alors qu’ils vivent au chaud, la mère s’arrête net et prononce 3 mots : « Lunettes, chapeau, gilet ». L’organisation des sorties commence à être rodée et les enfants lui tendent immédiatement leurs lunettes de soleil et leur chapeau qu’elle échange avec les gilets à enfiler !

Elle range les lunettes, ferme le sac, aide le petit à mettre son gilet malgré la ceinture de la poussette, aide la grande à mettre les 15 minuscules boutons de son gilet parce que « c’est plus joli comme ça » et les ouvre parce que « finalement non. ». Elle calme le petit qui s’impatiente, attend que la grande rattrape le côté de la poussette et ils sont enfin prêts à repartir vers le métro.

Arrivés vers l’ascenseur les 2 enfants s’exclament en chœur :  » c’est moi qui appuie ! ». Elle rappelle alors la règle : « Celui qui marche a le droit d’appuyer sur les boutons » (je vous avais dit que l’organisation des sorties était rodée !). Le petit réplique :  » Mais moi je voulais marcher ! » (bon ok, cette organisation n’est pas rodée du tout, elle est juste complètement bidon !). Elle laisse la grande appuyer, ils entrent dans l’ascenseur et la maman prononce quelques mots en direction de la grande : « 1er étage, fermer les portes ». Elle tente de rasseoir le petit dans la poussette et l’empêche trop tard d’appuyer sur le bouton d’ouverture des portes. Machinalement elle appuie sur le bouton fermeture des portes et la grande s’écrit « c’était moi qui appuies ». La maman décide alors d’ignorer tout le monde.

Ils s’engagent alors dans les longs couloirs du métro et croyez-le ou non mais les choses se sont très bien passées ! Il faut dire que sautiller sur les tapis roulant et se laisser pousser rapidement par maman c’est tellement drôle ! Et puis il faut aussi dire que parfois avec les enfants ça se passe bien aussi !

Les portiques d’entrée dans le métro sont en vue, la maman sort sa carte. La grande s’écrit : « c’est moi qui passe la carte ! ». La maman lui dit : « alors il faut te mettre du bon côté de la poussette ». La petite s’exécute, la maman lui donne la carte, et le trio se dirige vers le seul portique suffisamment large pour laisser passer une poussette. Le portique est alors assailli par nombre de personnes sortant (donc en sens inverse). La mère doit attendre, la grande à lâché la poussette et s’engage dans la foule qui la bouscule. La mère lui dit de revenir, la petite n’entend pas, les gens ne prêtent pas attention. Les gens sont tous jeunes, minces, valides et sans poussette, ils pourraient utiliser tous les autres portiques, mais non, c’est celui-là qu’ils voulaient. La mère peste en français, mais tout le monde s’en fout, personne ne comprends le français. La mère tire une tronche de dix pieds de long. Les gens comprennent. Ils changent de portique.

La mère rattrape sa fille par le bras, la dirige vers le portique et sur un ton plus qu’irrité lui lance : « aller passe la carte maintenant ! ». La petite fille passe la carte et reste sur place. La mère a peur que le portique se referme sur la petite et lui lance : « mais reste pas plantée là ! ».

Malgré les 20° la mère s’est pris une nouvelle suée, elle ne ressemble sans doute plus à rien et son gilet porte une belle auréole sous chaque bras.

Arrivés vers l’ascenseur (oui, à Dubaï le métro est aérien, on y accède par un ascenseur) les 2 enfants s’exclament en chœur :  » c’est moi qui appuie ! ». Elle rappelle alors la règle : « Celui qui marche a le droit d’appuyer sur les boutons » (je vous avais dit que l’organisation des sorties était rodée !). Le petit réplique :  » Mais moi je voulais marcher ! » (bon ok, cette organisation n’est pas rodée du tout, elle est juste complètement bidon !). Vous vous dites que vous avez déjà lu ce paragraphe, mais la maman, elle a déjà vécu cette scène des dizaines de fois (au cours du dernier mois seulement) et elle est heureuse que vous expérimentiez ainsi un peu son quotidien ! Elle laisse la grande appuyer, ils entrent dans l’ascenseur et la maman prononce quelques mots en direction de la grande : « 1er étage, fermer les portes ». Elle tente de rasseoir le petit dans la poussette et l’empêche trop tard d’appuyer sur le bouton d’ouverture des portes.

Et là, une femme qu’elle avait à peine remarquée quand elle était entrée dans l’ascenseur avec eux demanda à la maman sur un ton incroyablement enthousiaste : « Est-ce que c’est vraiment waouh ?
-Euh… comment ça ? Quoi est waouh ?
-Être maman, est-ce que c’est vraiment waouh ? »

Cette femme était elle une nullipare qui débutait sa vie et qui s’imaginait déjà à la tête d’une grande famille, belle, épanouie, pimpante et souriante ? Avait-elle découvert un test de grossesse positif le matin même, qui aurait changé sa vision du monde, transformé la sueur ruisselante sur le front de la maman en tiare de diamant, et les enfants braillards en Bisounours fredonnant la plus joyeuse des mélodies ? Était-elle simplement sous acide pour ne pas remarquer à quel point la maman se sentait plus « arrrrghhh ! » que « waouh » à ce moment même ?

Décontenancée, la maman répondit simplement : « Oui, c’est complètement waouh ! »

Et en y pensant, être maman c’est waouh ! C’est gniiii ! C’est arggh ! C’est aaaaahhhhh ! C’est snif ! Être maman c’est tous les sentiments du monde décuplés ! Les meilleurs, comme les pires. Mais ça doit quand même être super waouh, puisque même dans les moments les plus « grrr ! » les mamans admettrons toujours que c’est la plus grande expérience de leur vie.

Sortie toute simple avec les enfants !
Les sorties avec les enfants sont souvent physique ! D’ailleurs dans ce domaine j’ai des précédents !

 

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8 commentaires sur “Être maman, c’est vraiment Waouh ?

    Monjolipetitbureau a dit :
    06/10/2017 à 18:54

    Hihi, tu m’as fait rire et franchement en ce moment il ne vaut mieux pas me poser cette question car sois serais contrainte de mentir sois la réponse déconcertera le questionneur 😜…
    Comme quand je vois une maman fière de son bidon de 2eme grossesse. Ma première pensée qui me vient c’est « bon courage » 😂😂. Mais ça passera (enfin normalement!).

      mamanadada a répondu :
      08/10/2017 à 06:03

      Le deuxième enfant est difficile. Personnellement c’est ce que j’ai trouvé le plus difficile dans la maternité (donner suffisamment de place à chacun, gérer les conflits et parvenir à trouver du temps pour soi ensuite…). Mais en ce moment je lis des livres très intéressants (et pas culpabilisants !!!) qui m’aide pas mal !

    anne a dit :
    06/10/2017 à 19:39

    Cette question est incroyablement étrange… Demander à une maman dans un ascenseur si la maternité est waouh 😤 est wohohow 😵 (je fais dans l’onomatopée ce soir). Si on m’avait posé cette question je crois que j’aurais éclaté de rire. Je dirai qu’en presque six ans il y a eu 6mois difficiles en mettant tous les moments compliqués bout à bout… Donc bilan plutôt Waouh 😂

      mamanadada a répondu :
      08/10/2017 à 06:05

      Globalement c’est plutôt waouh effectivement (sinon je n’en aurais pas fait un deuxième sans doute !). Mais honnêtement j’étais là en sueur, ne sachant plus trop où donner de la tête et priant pour que mes gosses ne se blessent pas, ne se perdent pas… et la fille me pose cette question comme si j’avais été Bree Van de Kamp en train de siroté un thé glacé en admirant mes hortensias… MMMM….

    Fanny Bubble Gones a dit :
    06/10/2017 à 19:52

    Ha le métro et la joie des poussettes même sans cela je te comprends pleinement. J’ai un roulement à la maison pour pleins de petites actions. Une semaine une ouvre la porte avec les clefs l’autre prends le courrier et inversement la semaine d’après. Manon commence par un M donc c’est qui appelle et appuye dans l’ascenseur pour monter, Chloé le fait pour descendre.
    C’es petites astuces limitent les mini batailles quotidiennes mais elles trouvent toujours qlq chose
    Bon courage.

      mamanadada a répondu :
      08/10/2017 à 06:07

      On a aussi des roulements : celui qui est dans la poussette n’appuie pas (ça marche parce qu’ils vont tous les 2 dans la poussette), celui qui a appelé l’ascenseur laisse l’autre appuyer à l’intérieur. Mais comme tu dis, les enfants trouvent toujours quelque chose !

    Pa'Man! C'est une longue histoire... a dit :
    07/10/2017 à 00:28

    Excuse nous on a ri… Je pense qu’on aurait hurlé plus que pesté (surtout Maman hein^^) en en perdant un de vue dans la foule. Malgré tout il est vrai que c’est whaou d’être parent. C’est fou comme les mauvais moments sont vite absorbés par les bons <3 On vous envoie de gros bisous

      mamanadada a répondu :
      08/10/2017 à 06:12

      J’ai ri aussi ! Mais sur le moment je suis un peu restée sur le c… ! Cela dit si l’on m’avait raconté l’histoire je crois que j’aurais aussi dit que je me serai mise à lui balancer mon stress à la figure. Mais sur le moment je suis restée déconcerté et j’ai balbultié un euh… oui…

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