Mon accouchement par voie basse après une césarienne

Publié le

Ah je vous ai tenues en haleine toute la semaine n’est-ce pas ? Allez, soyez gentilles, laissez moi croire que vous avez attendu cet article avec impatience ! La semaine dernière j’ai fait un petit bilan des prérequis pour accoucher par voie basse après une césarienne, alors cette semaine, comme promis c’est de ma propre expérience que je vais vous parler !

Convoquée à la maternité

Une grossesse, c’est long… et d’ailleurs parfois c’est plus long qu’on n’aurait pu croire ! Nous voilà le 26 décembre 2014, Bébé est toujours bien au chaud dans mon ventre et ne montre pas signe de vouloir sortir. Pourtant le terme est prévu 4 jours plus tard… Mais sa grande sœur a pointé le bout de son nez avec 5 jours de retard, alors je me fais une raison. Depuis un mois je suis tiraillée entre l’envie de laisser faire les choses naturellement afin d’accoucher par voie basse, et celle d’aller supplier qu’on me fasse une césarienne. Cette césarienne qu’il fallait bien que j’accepte puisqu’elle avait de grande chance d’arriver. Cette césarienne que je sentais se rapprocher alors que le terme arrivait et qu’aucun signe d’accouchement ne se manifestait. Finalement, elle aurait réglé le problème de l’accouchement trop long que j’ai vécu la première fois. Et une deuxième césarienne en aurait entraîné une 3ème pour un futur enfant, et elle m’aurait évité de revivre cette angoisse des derniers jours où on ne sait jamais quand la naissance va enfin avoir lieu.

Bref, nous sommes le 26 décembre 2014 et je suis convoquée en avance pour le dépassement de terme (l’équipe médicale avait convoqué les dépassements de terme plus tôt à cause de Noël et du week-end qui arrivaient). Papa À Dada ! et moi prévenons Colombe (22 mois à l’époque) que nous allions voir si le petit frère arrivait, et que pendant ce temps elle irait à la plage avec Grand-père et Grand-mère. Après une série d’examen et un monitoring montrant des contractions toutes les 15 minutes, j’ai eu le droit à un désespérant : “Vous êtes dilatée à 1, comme il y a un mois. Rentrez chez vous ça n’est pas pour maintenant”.

Nous sommes le 28 décembre 2014, jour du terme. Je suis de nouveau convoquée à la maternité. Papa À Dada ! et moi prévenons (encore) Colombe que nous allions voir si le petit frère arrivait, et que pendant ce temps elle irait à la plage avec Grand-père et Grand-mère. Après une série d’examen et un monitoring montrant des contractions toutes les 10 minutes, j’ai eu le droit à un encourageant : “Vous êtes toujours à 1, mais si vous voulez je peux essayer de décoller la membrane pour accélérer un peu les choses.”. Après un premier essais infructueux, la sage-femme me dit qu’elle préfère arrêter car elle voit que j’ai mal. Je lui réponds alors : “J’ai supporté 19h de contractions sans péridurale pour mon premier accouchement, c’est pas ça qui va m’arrêter !” (vous sentez mon air aimable là ?). La sage-femme essaye, encore, encore… Rien. “Rentrez chez vous ça n’est pas pour maintenant”.

Nous sommes le 30 décembre 2014 et je désespère… un peu… Je suis convoquée à la maternité. Papa À Dada ! et moi prévenons (encore, encore) Colombe que nous allions voir si le petit frère arrivait, et que pendant ce temps elle irait à la plage avec Grand-père et Grand-mère (oui, Grand-père et Grand-mère adorent la plage).  Encore un monitoring et cette fois les contractions se présentent toutes les 7 minutes. Si je les avais senties, elles auraient été le signe d’un accouchement qui commence. Mais voilà, je ne les sens pas… D’ailleurs, je ne sens plus rien et je n’y crois plus. Je me dis que je suis peut-être moitié éléphante et que mon temps de gestation est de 2 ans, qu’il faut que je me fasse une raison, que je n’accoucherai peut-être pas avant longtemps… La sage-femme m’examine : “Vous êtes à 2, votre accouchement sera un peu particulier du fait de votre première césarienne. Et comme ça n’a pas vraiment l’air de progresser pour l’instant, je vais appeler le médecin pour savoir ce qu’il en pense”.

Le médecin arrive, m’examine, regarde la sage-femme et lui dit : “Mais la dame est à 3 !”. La sage-femme me ré-examine : “La dame est à 3 !”. Je suis à 3. Je suis soulagée ! Mon accouchement a officiellement commencé, mais maintenant reste à savoir combien de temps cela durera ! Je vous rappelle que la dernière fois ça a duré 29h, alors oui le temps que ça prendra fait partie de mes préoccupations !

Dialogue et prise de décision

L’accouchement a donc commencé très timidement. La sage-femme, le médecin et moi commençons à parler de ce que nous envisageons pour que cet accouchement se passe mieux que le premier. Dans mon dossier se cachait mon projet de naissance. Je ne l’ai pas sorti, mais l’avoir rédigé m’avait aidée à avoir les idées claires. J’ai donc exposé ma vision des choses : “Je voudrais accoucher par voie passe si c’est possible, tout simplement parce que c’est ce qui est naturel. Mais je ne suis pas prête à tout pour ça. Quand on a sorti ma fille, il a fallu la réanimer et la transférer dans un autre hôpital. Je ne veux revivre ni la peur, ni la séparation pour cette naissance. Je veux essayer la voie basse, mais au moindre problème je veux qu’on sorte mon bébé avant que sa santé ne soit en danger.” Le médecin m’a alors exposé les deux possibilités :

  • rentrer chez moi et attendre que l’accouchement se mette réellement en route naturellement en courant le risque d’un accouchement de nuit. Pourquoi le risque ? Parce qu’en accouchant de nuit, dans l’éventualité d’une césarienne, les choses se feraient bien moins rapidement que de jour car il faudrait attendre que toute l’équipe médicale d’astreinte arrive à l’hôpital.
  • entrer en salle d’accouchement dès maintenant et recevoir une faible dose d’ocytocine qui pourrait accélérer un peu l’accouchement. Voir comment les choses évolue et faire une césarienne avant la fin du service de jour si on constate que l’accouchement traîne en longueur.

La sage-femme, le médecin et moi avons parlé un moment, mais ma décision n’a pas été difficile à prendre : il est midi je m’apprête à monter en salle d’accouchement et si le bébé n’est pas né à 19h, on me fera une césarienne. Je suis rassurée car je sais que l’équipe veut autant que moi que tout se passe bien. Personne ne cherche à jouer les héros ou à laisser faire la nature à tous prix.

En place !

Je passe un petit coup de fil à ma Colombe pour lui expliquer que le petit frère s’est enfin décidé et que d’ici ce soir il serait né. Puis je monte à l’étage de la maternité toute excitée, on y est ! Le moment qui a suscité tant d’interrogations pendant ces 9 derniers mois est enfin arrivé !

Une gentille sage-femme (que nous appellerons Cécile) se présente. Elle me demande d’aller me changer et d’enfiler une chemise d’hôpital sans forme et largement ouverte à l’arrière. Bon, Cécile est gentille, mais je sens qu’avec sa chemise, elle essaye de m’embarquer dans un mauvais plan. Et pour cause, une fois la chemise enfilée, laissant apparaître au grand jour mon dos et mes magnifiques sous-vêtement de grossesse 100% coton, Cécile me demande de traverser les couloirs de la maternité jusqu’à la salle d’accouchement la plus éloignée (Je crois sincèrement que faire marcher les patients avec leur derrière exposé de la sorte est une épreuve officielle d’une sorte d’olympiade du monde hospitalier !). Sur le chemin, nous croisons Papa À Dada ! qui a l’air perdu avec nos manteaux et son sac à la main. Cécile lui dit : “Je vous ai dit de tout poser dans un casier dans cette salle et d’enfiler une tenue pour nous rejoindre, ça n’est toujours pas fait ?” (faire croire aux papas qu’ils ne comprennent rien est sûrement une autre épreuve de ces Olympiades !). Finalement nous nous retrouvons tous dans la salle d’accouchement.

L’anesthésiste va arriver et je demande à Cécile si elle peut rester avec moi pendant qu’on me pose la péridurale. Immédiatement elle me demande : “Pourquoi, ça s’est mal passé la première fois ?”. Je lui réponds : “Au contraire, ça s’est très bien passé. La sage-femme était restée près de moi et m’a aidée à me détendre. J’aimerais que cela se passe de la même façon.”. Et j’ai senti que ça lui a fait plaisir à Cécile de comprendre que j’apprécierai son aide, car bien qu’elle était débordée, elle a tout fait pour que je sois accompagnée ! Et j’étais détendue pour cette péridurale. Tellement détendue que lorsque l’anesthésiste a échoué à la poser la première fois, je lui juste dit de recommencer. Et lorsqu’elle a échoué une deuxième fois, m’expliquant qu’elle pouvait essayer une fois mais pas plus, je lui ai dit : “Pas de problème”, sans vraiment réaliser que si elle n’y arrivait pas la 3ème fois, j’accoucherai sans péridurale ! Bref, j’étais sur mon petit nuage.

Me voilà prête. L’ocytocine devrait m’aider à accoucher et la péridurale est posée (eh oui, la 3ème fut la bonne !). Allongée sur la table d’accouchement je fais remarquer à l’infirmière anesthésiste que la vue est vraiment exceptionnelle pour accoucher ! Elle me lance un regard bizarre, se demandant si je ne suis pas en train de sombrer en plein délire. Je m’assoie et réalise que si lorsque j’étais allongée j’avais vue sur une colline avec un beau mas provençal entouré d’olivier, la fenêtre donne en fait sur le parking des urgences. Bref, je me rallonge et retourne à mon mas provençal !

Papa À Dada ! s’installe “confortablement” sur sa chaise de camping en plastique (oui, j’en ai parlé ici !), nous sortons l’intégrale de Kaamelott (tant qu’à attendre autant le faire en rigolant !) et nous attendons (et Papa À Dada ! me fait des massages des pieds parce qu’il est juste formidable !). Je sens déjà les premières vraies contractions !

Les choses sérieuses commencent

Je ne sais pas quelle heure il est, 16h, ou 17h… Je ne regarde pas vraiment la montre. Cécile vient de m’examiner, je ne suis qu’à 5. Ça progresse très doucement, mais c’est toujours plus rapide que pour mon premier accouchement. Elle me propose de changer de position pour essayer d’accélérer les choses. Je me retrouve donc allongée sur le côté, une jambe en l’air dans une position d’un glamour que je n’aurais jamais imaginé ! Entre ça et la chemise ouverte, je crois que Cécile marque beaucoup de points pour ses olympiades avec moi ! Voulant garder un peu de dignité, je demande à Papa À Dada ! d’aller chercher la valise dans le coffre de la voiture, et je lui propose d’aller manger un peu à la cafétéria. Il quitte la pièce et je commence à me reposer dans cette position naturelle et sexy !

Pas pour longtemps. Je sens toujours les contractions, mais cette fois elles me font mal, elle me font très mal ! En fait je ne sens plus la péridurale. J’appelle. On tarde à venir, alors j’appelle une nouvelle fois. Une gentille aide soignante un peu perdue arrive. Elle m’aide à me remettre dans une position un peu plus académique (et vlan Cécile, t’as perdu cette épreuve des olympiades !). Cécile ne peut pas venir car elle fait naître un bébé. On va appeler l’anesthésiste. J’attends, j’ai mal. Papa À Dada ! revient. Il voit que j’ai mal mais ne peut rien faire (oui parce que les massages des pieds, c’est bien mais ça ne fait pas de miracle non plus ! ). Cécile arrive presque en courant. Elle m’examine et ouvre de grands yeux : “Vous êtes passée de 5 à 8 !”. L’anesthésiste arrive, elle me remet une dose dans la péridurale (et je la bénie !) en m’assurant que cela ferait effet le temps qu’on s’installe. L’agitation retombe un peu, et Cécile se prépare.

Mon mari à mes côtés, mes pieds dans les étriers (encore une position sexy !), on me donne quelques consignes et je me mets à pousser. Je n’ai aucune notion du temps, j’essaye juste de me concentrer et de faire sortir mon bébé. Après quelques poussées Cécile me prend la main et me dit : “Touchez, c’est la tête de votre bébé.”. Je sens ses cheveux et je réalise que tout va bien se passer. Je verse une larme et Cécile sourit : “Ça c’est de la joie !”. Oui. Je continue de pousser. Je sens les contractions venir avant qu’on ne les voit sur le monitoring. Je les sens bien mais elle ne me font pas mal. Je préviens Cécile dès qu’une nouvelle arrive. Ça va de plus en plus vite, je suis fatiguée mais je donne tout. Et puis Cécile s’agite, me dit : “Arrêtez de pousser, laissez moi faire”, et enfin : “Venez, il est là attrapez le !”. Elle avait compris ce dont je n’avais osé parler à personne. Ce qui pour moi était impossible tant mon premier accouchement fut difficile. Je rêvais d’attraper moi-même mon bébé mais n’osais pas le demander.

Je prends mon bébé et le pose contre moi. Je le serre, et je ne le lâche plus du regard. Il est là, en bonne santé et ça a été facile. Grâce au dialogue avec l’équipe médicale qui a su me rassurer, j’ai vécu cet accouchement sereinement.

bonnet_noel_tetine

Nous sommes le 30 décembre 2014, il est 19h passé et je viens de recevoir le plus merveilleux cadeau de fin d’année : mon Petit Olivier ! Hihi ! oui, Olivier, vous vous souvenez de la vue sur le mas provençal ?  😉

Si vous avez aimé, n'hésitez pas à partager :Share on Facebook
Facebook
Pin on Pinterest
Pinterest

10 commentaires sur “Mon accouchement par voie basse après une césarienne

    Franzoesin a dit :
    04/08/2016 à 21:18

    Trop émouvant ce récit !! Et tres positif et rassurant en plus ! J’ai une petite question qui n’a rien à voir : ton fils s’appelle “vraiment” Olivier ou c’est juste un pseudo ?

      mamanadada a répondu :
      04/08/2016 à 21:39

      Olivier est un pseudo, comme commmbe 😉
      J’ai annoncé la naissance de Petit O’juste après la tuerie de Charlie Hebdo. On voyait des symboles de paix un peu partout et le pseudo de ma fille était aussi un symbole de paix. Alors j’ai voulu continuer sur ce thème. Olivier est un des deuxièmes prénoms de mon fils et correspondait parfaitement au thème. 😉

    Escarpins et Marmelade a dit :
    05/08/2016 à 09:54

    Tu m’as mis la larme à l’oeil, moi qui n’ai pu accoucher normalement pour aucun de mes deux enfants. J’ai ri quand tu parlais de la gestation de l’éléphant qui dure deux ans! J’ai fait exactement la même remarque dans le récit de mon deuxième accouchement! Bien contente que tu ais vécu l’accouchement dont tu rêvais 🙂

      mamanadada a répondu :
      05/08/2016 à 19:20

      Oui à la fin de mes grossesses je me suis demandé si je n’étaispas éléphante. Quoique vu mon ventre pour ma première grossesse j’étais certainement plutôt baleine !
      J’étais heureuse d’avoir vécu cet accouchement par voie basse. Mais je suis surtout heureuse d’avoir mis au monde un bébé vif et en bonne santé !

    Appellation Maman a dit :
    06/08/2016 à 09:47

    Quel magnifique récit! J’ai plein de frissons et une petite larme à l’oeil! Pouvoir sortir son bébé et le poser contre soi c’est juste magique comme moment! Je suis contente que tu ais pu vivre cette belle expérience après une césarienne! Et ça me rassure de savoir qu’un accouchement par voie basse après une césarienne est possible! 🙂 Ton petit bonhomme à un très joli prénom, et je t’envie la vue sur le mas provençal 😉 Gros bisous

      mamanadada a répondu :
      07/08/2016 à 11:27

      Merci, c’était vraiment un très beau moment ! Rien à voir avec mon premier accouchement plein de peur !
      Merci pour le prénom de Petit O’ (bon, comme dit précédemment, Olivier est un pseudo !)

    Chat-mille a dit :
    06/08/2016 à 09:59

    Merci beaucoup pour ce récit 😉 Tout est bien qui finit bien, alors ! Les olympiades m’ont bien fait rire 😀

      mamanadada a répondu :
      07/08/2016 à 11:28

      Oui, ça s’est bien terminé !
      J’imagine bien les sages-femmes et les médecins tenir un tableau de points !

    maman nougatine a dit :
    11/08/2016 à 12:45

    J’adore lire des récits d’accouchements! On voit qu’aucun accouchement ne se ressemble et que chacun réserve son lot de surprise (plus ou moins bonnes, plus ou moins drôles). Le tiens est particulièrement émouvant, touchant et raconté de manière tendre et amusante <3 Tu as du avoir très peur pour ta fille lors de sa naissance, aussi quel bonheur de voir le joli déroulement de ce deuxième accouchement.

      mamanadada a répondu :
      11/08/2016 à 13:31

      La naissance de ma fille reste la plus grande peur de ma vie… Alors la naissance de Petit O’ à côté m’a semblé incroyablement facile ! Et j’ai eu droit à tellement de beaux moments ! <3 <3 <3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.