Accoucher par voie basse après une césarienne

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Je n’ai jamais parlé de mon deuxième accouchement ici. Pourtant j’avais déjà ce blog lorsque j’ai mis au monde mon Petit O’. Mais lorsqu’on a eu un premier accouchement difficile et traumatisant (que je vous ai raconté ici), il semble qu’il n’y ait rien à dire d’un accouchement qui se passe sans encombre. Et pourtant ce deuxième accouchement n’est pas complètement banal. Il s’est passé dans le calme et a été serein, mais il a nécessité une préparation et une organisation un peu spéciale car j’ai accouché par voie basse après une césarienne.

Projet de naissance

Ma césarienne

En février 2013, j’ai subit une césarienne en urgence pour détresse fœtale. J’ai toujours bien vécu cette césarienne qui pour moi a sauvé la vie de mon bébé, alors je ne la regrette pas. Mon seul regret est d’avoir attendu avant de la pratiquer, car la première fois que j’ai vu ma fille j’ai cru la perdre. Elle n’était qu’une masse violette qui ne respirait pas et qui me regardait de ses grands yeux noirs pleins de détresse. Après une réanimation et un court passage en service de néonatalogie, tout est revenu dans l’ordre et nous avons été rassurés. Mais j’ai juré de ne plus jamais vivre cette peur de la mort alors que je devais donner la vie !

Après cette naissance, je restais dans l’idée que je n’accoucherai plus que par césarienne. À une époque, les médecins n’autorisaient pas les femmes à accoucher par voie basse après une césarienne. L’utérus cicatriciel était trop fragile et on voulait évité tout risque de complication. On limitait aussi le nombre d’enfants qu’une femme pouvait mettre au monde par cette voie haute qui laissait des séquelles à chaque fois. C’est ce qu’avaient vécu des femmes de mon entourage et j’avais complètement accepté cette idée.

Mais lors d’un rendez-vous de contrôle, mon médecin m’apprît que les mesures avaient changé et qu’une femme césarisée pouvait maintenant accoucher par voie basse en respectant quelques précautions.

Dans quel cas accouche-t-on par voie basse après une césarienne ?

Un utérus cicatriciel est nécessairement plus fragile qu’un utérus intact. Il nécessite donc un suivit et des mesures de sécurité particulière pour un accouchement par voie basse.

Ne pas présenter d’impossibilité à accoucher par voie basse :

Cela va de soit, les médecins ne laissent pas un accouchement se faire par voie basse s’ils savent qu’il sera risqué. Ils prennent encore moins de risque si la femme a déjà eu une césarienne. Pour accoucher par voie basse quand on a déjà eu un césarienne, il faut donc présenter toutes les caractéristiques d’un accouchement sans complication (bassin assez large, pas de présentation par le siège…).

Attendre un an entre la césarienne et la conception du prochain enfant :

C’est le délais minimum pour une cicatrisation complète qui permet à l’utérus de supporter la pression des contractions répétées pendant les heures de travail ainsi que la pression de la poussée. Le risque est une rupture utérine qui pourrait mettre le bébé et la maman en danger. Finalement ce délais n’est pas très difficile à tenir car si vous calculez bien, cela donne un écart d’âge de 21 mois entre les enfants. On peut donc avoir des enfants rapprochés ! (d’ailleurs les miens ont 22 mois d’écart !)

Être accompagnée par des professionnels :

Toute grossesse est accompagnée par des professionnels, mais lorsqu’on représente un cas un peu particulier, il est bon de se faire bien accompagner par des personnes capables d’entendre les besoins de la patiente et de lui expliquer clairement ce qui va se passer. J’ai consulté une sage-femme avant la conception de mon Petit O’ : nous avons parlé de mon premier accouchement, de la manière dont je l’avais vécu et des séquelles qu’il avait laissé en moi car l’impact psychologique peut être important. Puis elle a vérifié la bonne cicatrisation externe, elle a vérifié mon état de santé général et m’a donné le feu vert pour la conception en m’assurant qu’une naissance par voie basse serait envisageable.

Bien préparer son accouchement :

J’ai parlé de l’importance que j’accordais au projet de naissance. Je pense n’avoir pas bien exprimé mes attentes lors de mon premier accouchement, et les sages-femmes qui m’accompagnaient ont sans doute cru bon de tout tenter pour que j’accouche par voie basse. Alors pour mon deuxième accouchement, j’ai couché mes pensées sur un papier que j’ai glissé dans mon dossier. Le personnel l’a-t-il vu ? Je ne sais pas. Mais ma réflexion m’a permis de savoir ce que je voulais et de l’exprimer clairement au début de l’accouchement.

Un accouchement sans déclenchement :

L’une des conditions médicales à l’accouchement par voie basse après une césarienne est la spontanéité du travail. Pendant toute ma grossesse on m’a répété que je ne pourrai accoucher par voie basse que si l’accouchement se déclenchait spontanément. Mais voilà, j’avais déjà dépassé le terme une fois, et plus les jours passaient, plus je guettais les signes de début de travail. Et ces signes ne venaient pas. Encore une fois j’ai dépassé le terme et j’ai dû me présenter à la maternité pour des contrôles plusieurs fois… Au dernier rendez-vous on m’a rassuré : le travail commençait timidement. Les médecins ont alors sorti un joker dont ils s’étaient bien gardés de me parler avant : l’ocytocine à faible dose ! Si le déclenchement par tampon n’est pas recommandé dans ce cas, on peut tout de même avoir recours à l’ocytocine en perfusion. Les médecins ne déclenchent pas l’accouchement à proprement parler, mais ils peuvent utiliser de faibles doses pour accélérer un peu un accouchement qui débute très timidement comme c’était mon cas. Ce fut pour moi un soulagement, car les 29h de mon premier accouchement me hantaient encore ! (Et ce deuxième accouchement n’a duré que 7h, pour certaines c’est beaucoup mais comme on dit tout est relatif !)

Ce que vous allez entendre

Par rapport à la césarienne

Vous croiserez forcément des gens qui ont une opinion bien tranchée sur la césarienne. Entre les : “tu n’as pas réussi à accoucher” et les “de toutes façons de nos jours on fait une césarienne pour un oui ou pour un nom”, vous entendrez (ou avez déjà entendu) tout un florilège de réflexion complètement connes (pardon pour la grossièreté, mais ces remarques ont fini par avoir raison de ma gentillesse !), sans intérêt et blessante. Je l’expliquais dans mon article “ma césarienne“, j’ai vécu les deux types d’accouchement et j’estime n’avoir rien fait de plus ou de mieux la deuxième fois. La nature a juste été plus clémente. Alors ne culpabilisez pas car il y a une part de chance dans la manière dont se passent les choses. Et surtout fuyez ces bonnes femmes qui voudraient se donner un intérêt en exprimant leur avis !

Par rapport à votre accouchement

Il faut que je vous prévienne par avance, l’équipe médicale n’arrêtera pas de vous dire que c’est un premier accouchement ! C’est surprenant et un peu vexant d’entendre ça quand on pense au petit bout qui nous attend à la maison. Mais si vous n’avez pas eu d’autre enfant avant votre césarienne, ça sera effectivement votre premier accouchement par voie basse. J’ai bien tenté de faire comprendre à l’équipe que j’avais déjà accouché une fois mais pas de cette manière, mais ça n’a pas eu grand effet. Les sages-femmes et les médecins parlent avec des termes qui leurs sont propres et qu’ils utilisent tous les jours. Autant j’ai réussi à convaincre certains membres de mon entourage que ma césarienne en urgence après 28h de travail m’a demandé autant voir plus de force qu’un accouchement “normal” et que par conséquent elle méritait d’être considéré comme un accouchement à part entière, autant je pense que le personnel médical n’est pas prêt à sortir de sa bulle…

Et c’est quoi le mieux ?

Pour un prochain accouchement, je ferai de nouveau tout pour accoucher par voie basse. Parce que c’est ce qui est naturel. Parce que c’est ce qui me permettra de prendre mon enfant dans les bras dès ses premiers instants. Parce que je pourrai me lever et donner son premier bain à mon bébé. Mais pour être honnête, si les conséquences de la césarienne sont douloureuses juste après (bon, une épisiotomie ou une déchirure ça n’est pas très agréable non plus sur le moment), j’ai eu l’impression d’avoir moins de séquelles. Outre ma cicatrice que personne ne voit (même en maillot de bain !), lorsque j’éternue j’ai parfois l’impression que mon ventre va s’ouvrir et laisser sortir mes entrailles (je sais, ça fait rêver !). J’ai beaucoup plus souffert de ma cicatrice de déchirure que de celle de ma césarienne (il faut dire que ça n’est pas un endroit très agréable pour les petits bobos). Mon périnée a bien morflé aussi comparé à la césarienne, et depuis j’expérimente les infections urinaires que j’avais eu la chance de ne jamais connaître. Et globalement j’ai retrouvé un confort de vie plus rapidement après la césarienne. Mais malgré tout j’espère ne plus vivre de césarienne. Si j’ai vécu des moments magiques à la naissance de ma fille, il a fallu passer outre toutes les complications et faire fi de l’impossibilité de m’occuper seule de mon bébé.

Et mon accouchement par voie basse alors ?

Vous êtes curieuses, n’est-ce pas ? Eh bien il va falloir attendre encore un peu car je vous raconterai ça une prochaine fois !

à suivre…

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9 commentaires sur “Accoucher par voie basse après une césarienne

    Franzoesin a dit :
    29/07/2016 à 22:11

    C’est hyper intéressant merci ! J’ai accouché de façon tout à fait classique pour mon premier et unique enfant, mais je ne suis pas prête à tout pour ca : la santé d’abord ! Alors je ne crois pas que je serais particulièrement déçue si un deuxième bébé devait naître par césarienne. Ca me ferait juste peur parce que je ne connais pas… Vivement la suite en tout cas !

      mamanadada a répondu :
      30/07/2016 à 09:34

      J’ai parfois l’impression qu’une césarienne programmée est plus difficile à vivre qu’une césarienne d’urgence. Quand elle est programmée on a peut être tendance à se dire qu’on n’a pas tout tenté, alors qu’en urgence on est allée aussi loin qu’on a pu. Mais l’avantage d’une césarienne programmée c’est qu’on sait ce qui va se passer. Pour ma césarienne tout s’est passé très vite et c’était l’inconnu, mais heureusement, les sages-femmes (oui j’en avais plusieurs !!!) m’ont tout expliqué !

    Chat-mille a dit :
    29/07/2016 à 22:56

    Comme la copine du dessus ! (le commentaire constructif :D)

    (sauf que je serai embêtée si deuxième bébé devait naître par césarienne, moi, à cause de la douleur des suites, surtout… mais ce que tu en dis me rassure un peu) (ouais, en fait même ça c’est un peu comme la copine, je sers vraiment à rien :D)

      mamanadada a répondu :
      30/07/2016 à 09:37

      Même quand les commentaires se ressemblent, ils font toujours plaisir !
      La douleur des suites de césarienne sont tout à fait supportable et on en garde moins de séquelles généralement. Mais après une césarienne on a du mal à prendre son bébé dans les bras et les 48h qui suivent on ne peut pas se lever librement, alors il faut demander à quelqu’un de changer les couches, de donner le premier bain… Finalement c’est surtout cette perte de contrôle qui est blessante.

    Escarpins et Marmelade a dit :
    31/07/2016 à 12:49

    Les amies de mes amies sont mes amies! Depuis le temps que je me dis qu’il faut que je fasse un tour sur ton blog… Cet article tombe à pic! Je vais aller lire ton récit de ton premier accouchement. J’ai également accouché par césarienne pour mon fils et ça c’est très mal passé (éclampsie, double hémorragie, cata complète). Alors je me suis dit que je ferais tout pour accoucher par voie basse pour mon deuxième enfant.
    Et lorsque je suis tombée enceinte de ma fille, toutes les conditions étaient réunies pour que j’accouche par voie basse, sauf que ça c’est encore très mal passé…. (dois pas être douée) (mon utérus est un vieux chacal).
    La cicatrice a lâché, j’ai fait une rupture utérine. Pourtant, j’ai attendu 2 ans avant de retomber enceinte, mais les contractions ont été trop fortes… Alors, tu vois, je me dis qu’avec le recul, j’aurais dû accepter la deuxième césarienne par précaution.
    Bref, je te raconte ma life 😉

      mamanadada a répondu :
      31/07/2016 à 17:21

      Tu as bien fait de venir me voir ! 😉
      Il n’y a pas de femme douée pour accoucher, il y a juste une nature plus ou moins clémente. Et bien sûr il n’y a pas de règle et une rupture peut arriver même lorsqu’on a attendu suffisamment longtemps. Ne serait-ce que parce qu’on ne cicatrise pas toutes de la même manière ! D’ailleurs dans certains pays il est encore impossible d’accoucher par voie basse après une césarienne.
      Pour mon deuxième accouchement, j’ai gardé l’option césarienne jusqu’au dernier moment, mais chut ! Je raconterai ça dans le prochain numéro !

    Appellation Maman a dit :
    02/08/2016 à 08:58

    Merci pour le partage de ton expérience! C’est rassurant de savoir qu’après une césarienne, la voie basse peut dans certains cas être envisagée… si jamais l’idée farfelue d’avoir un quatrième me passait par la tête, cette pensée me rassure! 😉

      mamanadada a répondu :
      02/08/2016 à 15:08

      Hihi ! Oui, si jamais il te reste de l’énergie pour un 4ème !

    […] article avec impatience ! La semaine dernière j’ai fait un petit bilan des prérequis pour accoucher par voie basse après une césarienne, alors cette semaine, comme promis c’est de ma propre expérience que je vais vous parler […]

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