Maman expat’ : Die Franzoesin en Allemagne

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Après le Japon, la Chine et l’Angleterre, nous partons de nouveau en voyage avec une maman expat’ qui nous présente sa vie dans son pays d’accueil ! Cette fois c’est l’Allemagne que nous allons découvrir ! Je suis Die Franzoesin depuis l’ouverture de mon blog il y a plus de 4 ans ! Son blog me rappelle mon année d’Erasmus à Hannovre ! Alors forcément quand j’ai ouvert ce rendez-vous, j’ai pensé à elle ! Je lui laisse maintenant la parole :

1- Pour commencer, je te propose de te présenter, de nous présenter ta famille, le pays d’où vous venez, et celui où vous vivez maintenant !

Bonjour ! Je m’appelle Alice, je suis française et j’habite en Allemagne – plus précisément au nord de la Westphalie, pas très loin de la frontière avec les Pays-Bas – depuis huit ans. Je suis la maman de deux petits garçons franco-allemands de deux et quatre ans.

Crocs France-Allemagne

2- Qu’est-ce qui vous a amenés dans ce pays ?

Le papa est allemand ! Je l’ai rencontré pendant mes vacances, en 2008, et après trois années de relation à distance et de fréquents trajets dans le Thalys il nous a fallu faire un choix pour enfin vivre ensemble. J’habitais alors à Paris et commençais à vouloir en partir : le rejoindre dans sa jolie ville m’a semblé être une belle opportunité ! J’ai toujours eu le goût du voyage, des langues et de l’étranger de toute façon. 

"Die franzoesin"

3- Décris-nous un peu ta vie ici

Je voulais absolument trouver un emploi avant de déménager et je crois que c’était une bonne décision : cela a clairement facilité mon intégration et accéléré mes progrès en langue allemande.

Les premiers mois n’ont pas été faciles malgré tout : mes amis me manquaient, m’exprimer toute la journée en allemand était très fatigant. Mais finalement les choses se sont mises en place progressivement. 

Bureau "Die franzoesin"

4- Quel est le changement culturel qui t’a donné le plus de mal pour d’adapter à ta nouvelle vie ?

La culture allemande est très proche de la notre. Ce qui me choque toujours un peu, c’est leur absence de tact, leur côté très direct. Je ne m’y suis pas encore habituée. 

Leur rapport à la nourriture et à l’argent est aussi différent. Pour faire court, ici, lorsqu’on fait ses courses en promotion chez Aldi, c’est un objet de fierté, l’occasion de montrer à quel point on est malin. En France mes amis sont plutôt fiers d’aller au marché acheter des produits frais et de saison, qu’ils cuisinent eux-mêmes… 

5- Et l’aspect culturel que tu adores dans ton pays d’adoption ?

J’aime l’apparence plus naturelle des femmes : depuis que j’habite ici il m’arrive souvent de sortir sans maquillage, mal épilée… Je ne porte plus de talons et j’ai décidé d’assumer mes cheveux blancs. Avant je voyais tout cela comme un défaut, une forme de négligence et de mauvais goût. C’est vrai que, lorsque je rentre en France, dans les beaux quartiers de Paris ou de la Côte d’Azur notamment, j’admire les belles tenues et les silhouettes qui les portent. Mais pour ce qui me concerne, j’ai gagné énormément de liberté dans mon rapport à la féminité. 

6- Quelle est la place de la mère et de l’enfant dans le pays dans lequel tu vis ?

Ici, et très particulièrement dans l’Allemagne de l’Ouest catholique où j’habite, ils ont une place presque sacrée. L’accouchement naturel est largement favorisé, l’allaitement aussi. La très grande majorité des femmes prennent au moins un an de congé parental après chaque naissance – il faut ajouter que ce congé est généreusement indemnisé. Il est totalement admis que les bébés partagent la chambre de leur parent au moins jusqu’à un an. Et tout ce qui fait l’éducation bienveillante en France est plutôt standard ici : absente de châtiments corporels comme la fessée, absence de punition…

Les petits de un à six ans sont pris en charge dans des jardins d’enfants. Les enfants ne sont scolarisés qu’après et toujours avec des horaires très aménagés : ils sortent au plus tard à 15 heures.

En tant que maman, j’aime énormément ce modèle et j’estime que c’est une chance de pouvoir en profiter. Je suis ravie d’avoir pu rester aussi longtemps auprès de mes bébés, et d’en profiter encore chaque jour dès 15 heures. 

Évidemment, comme on ne peut pas tout avoir, c’est en revanche un modèle très néfaste pour le travail féminin – ou en tout cas tout espoir de carrière. C’est sans doute la raison pour laquelle beaucoup de femmes ici choisissent encore de renoncer à la maternité.

Anniversaire allemand

7- Comment se passe la scolarité de tes enfants ?

Mes deux garçons vont dans un jardin d’enfants allemand. Le prix que nous payons est indexé sur nos revenus, plus tard l’école allemande sera gratuite. Pour favoriser leur apprentissage du français, en plus de notre relation évidemment, ils vont à un cours de français pour enfants bilingues une après-midi par semaine.

Il n’existe pas d’école française dans notre ville mais finalement ce n’est pas un trop grand regret. Je ne sais pas si j’aurais voulu qu’ils se considèrent comme expatriés dans leur pays. Et puis le système éducatif allemand, ses valeurs et son organisation, me conviennent vraiment bien pour le moment, peut-être même davantage que ce que je perçois du système français.

Sac de crèche

8 – En quoi cette expérience a-t-elle été enrichissante pour ta famille ? Et pour toi ?

Mes enfants sont parfaitement bilingues et je pense que c’est un beau cadeau pour leur avenir, pour leur manière d’appréhender la vie, en termes de tolérance et d’ouverture d’esprit par exemple. Mon aîné s’intéresse déjà beaucoup aux autres langues. 

Mon déménagement a changé toute la trajectoire de ma vie, je ne peux plus imaginer ce qu’elle aurait été sinon. D’ailleurs cette année, je vais franchir une nouvelle étape en ce sens en demandant la nationalité allemande.

9- Si je viens passer quelques jours chez toi, qu’est-ce que tu m’emmènes visiter ?

Je te propose une belle promenade en vélo : ici tous les déplacements peuvent se faire sans problème ainsi ! Nous pourrons découvrir notre très beau centre-ville – où Louis XIV a séjourné !, passer par le château où je travaille parfois et pousser jusqu’au bord du lac savourer une bière. 

10- Et après ? Vous restez ? Vous rentrez dans votre pays d’origine ? Vous partez ailleurs ? Quelles sont vos souhaits pour l’avenir ?

Nous souhaitons élever nos enfants dans notre région actuelle. J’y ai mon petit réseau désormais, des habitudes, des amis, et je n’ai pas envie de tout recommencer à zéro. Et puis c’est la région d’origine de mon mari et il y tient.

Parfois nous disons qu’à la retraite, nous irons nous installer en France mais c’est un rêve lointain. Je pense que ça dépendra de beaucoup de choses, notamment du lieu de vie que choisirons nos enfants. 

Merci mille fois à Die Franzoesin de s’être prêtée au jeu ! Si vous voulez en savoir plus sur la vie et la maternité en Allemagne, je vous conseille vivement d’aller faire un petit tour sur son blog ! Vous y trouverez des articles sur le bilinguisime, les modes d’accueil des enfants en Allemagne et aussi des comparatifs entre la France et l’Allemagne !

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