Maman Expat’ : Miettes de vie au Japon

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Chaque mois je vous présente je propose à une maman expat’ de se prêter au jeu de mes questions pour nous partager son expérience. Après la Chine et la Suisse, je vous emmène direction le Japon chez ma copine Johanna du blog Miettes de vie !

Miettes de vie
Crédit : Miettes de vie

1- Pour commencer, je te propose de te présenter !

Alors pour quelqu’un qui n’aime pas trop parler de soi, je vais me prêter au jeu 🙂 Chez Miettes de vie, on est 3 humains et 3 chats (oui oui, je tiens a y inclure les chats). Nous avons commencé à 3 et les chats n’ont pu venir qu’un an après (longue histoire avec les autorisations, vaccins etc …). Pour présenter un peu la famille, il y a mon mari (celui grâce à qui nous sommes au Japon) qui est engineering manager chez Indeed (vous savez la boite qui vous aide à trouver du boulot), mon fils Liam de 3 ans et demi maintenant, et moi, Johanna, qui suis au Japon, maman au foyer. En rencontrant mon mari, il y a 14 ans, je savais très bien qu’un jour nous serions amenés à vivre à l’étranger. Cela ne me posait pas de problème, bien au contraire j’avais envie (et j’ai toujours envie) de découvrir le monde. J’avais déjà quitté ma région toulousaine pour le retrouver à Paris alors pourquoi pas le suivre au bout du monde ! Après 7 ans de vie parisienne, nous sommes donc partis pour le Japon en toute vitesse (3 mois après l’annonce nous atterrissions au Japon) laissant notre appartement, mes jobs (assistante maternelle et community manager en freelance), la famille et nos chats.

Johanna et sa famille
Crédit photo : Miettes de vie

2- Qu’est-ce qui vous a amenés dans ce pays ?

Alors ce n’est pas comme on pourrait le croire, ce n’est pas du tout l’entreprise de mon mari qui nous a envoyé au Japon. Il cherchait depuis quelques temps des nouvelles offres d’emplois à l’étranger et plusieurs offres lui ont été faites. Nous ne sommes donc pas expatriés mais immigrés (nous n’avons plus rien avoir avec la France “en gros”). Plusieurs choix lui ont été faits mais seulement deux avaient retenus son attention : le Canada (Montréal) et le Japon (Tokyo) ! Autant vous dire que c’était l’opposition extrême 😀 Nous avions d’un côté un pays/ville qui ressemblait à ce que nous vivions déjà, c’est à dire des gens venant du monde entier, des gens qui parlaient notre langue, qui avaient les mêmes habitudes que nous … Et d’un autre côté, un pays que nous ne connaissions ABSOLUMENT pas (a part les 3 semaines que nous y avons passe pour notre lune de miel) et dont nous aurions TOUT à apprendre. Nous n’avons jamais été particulièrement attirés par le Japon. Nous ne connaissions que très peu leur culture, leurs coutumes, ni leur vie, nous n’étions pas des fans non plus de la cuisine japonaise… et je ne vous parle même pas de la langue xD Et pourtant croyez-le ou non, notre choix a été vite pris. Quitte à “s’expatrier” autant le faire dans un pays que nous ne connaissions pas ! Et puis pour moi, partir vivre à l’étranger, ce n’était pas de se retrouver dans un pays où les gens parlent ma langue !

Les démarches concernant nos visas etc … ont été faites par l’entreprise de mon mari, ce qui fait qu’en quasiment 3 mois (de notre réponse positive à notre emménagement sur Tokyo), nous avons dû arrêter nos emplois, laisser notre appartement, vendre presque toutes nos affaires et meubles, laisser les chats a mes parents, dire au revoir à tout le monde et embarquer pour notre nouvelle vie.

Alors ce n’est pas fifou, ça ne vend pas du rêve mais voilà comment nous nous sommes retrouvés dans la plus grande ville du monde et la plus peuplée : Tokyo.

Japon
Crédit photo : Miettes de vie

3- Décris-nous un peu ta vie ici.

Je pense que l’on ne peut pas trouver un pays dont la culture est aussi différente de la nôtre que le Japon (petit clin d’oeil à La famille Kangourou en Chine retrouvez son interview ici). La société japonaise n’est pas plus mirobolante qu’une autre, elle a ses avantages et ses inconvénients. Mais le choc entre la culture européenne et japonaise est bel et bien là.

Nous vivons dans le centre de Tokyo, dans une tour de 52 étages, dans un quartier très résidentiel et familial… et sur l’une des îles artificielles qui ont été créés. Il y a très peu de résidents étrangers et si l’on en trouve, ils sont plutôt en couple avec un local. Je n’y ai encore jamais croisé de français. Nous avons fait le choix de ne pas vivre à côté de la communauté francophone ou du quartier des expatriés étrangers, pour nous immerger dans la culture japonaise  à 100%.

Depuis notre arrivée en avril 2017, je suis devenue maman au foyer à temps complet. Un changement assez drastique étant donné que j’avais toujours travaillé même en devenant maman (moins qu’auparavant mais toujours un peu). Il a donc fallu que je m’habitue à ce changement en plus du changement de pays, de culture et d’habitudes. Ce qui fut, je dois l’avouer très difficile pour moi. J’ai mis quelques mois pour trouver ma place dans cette nouvelle vie.

Grâce au visa de mon mari, j’ai la possibilité, en plus du visa épouse, d’accéder à un visa travail de 28h/semaine. Mais que je n’utilise pas du tout d’une part car mon diplôme en communication Community Manager n’est pas reconnu au Japon et d’autre part car mon second métier d’assistante maternelle n’est pas bien vu ici. Il faut savoir qu’au Japon, une femme qui a des enfants, 90% du temps arrête son métier (très souvent on la pousse a partir de l’entreprise … ici, une femme ne peut pas s’occuper de sa famille et travailler) et s’occupe entièrement de sa famille. Mais il y a aussi la barrière de la langue. A moins de trouver une entreprise française ou anglophone, il est très difficile d’obtenir un entretien car ce dernier se fera automatiquement en japonais (même les cv a remplir sont très différents des nôtres). Il y a la possibilité aussi de monter son entreprise ou de se mettre en freelance, c’est tout un tas de démarches a faire (en japonais bien-sûr) mais dont je n’ai pas encore sauté le pas.

Rue de Tokyo
Crédit photo : Miettes de vie

4- Quel est le changement culturel qui t’a donné le plus de mal pour t’adapter à ta nouvelle vie ?

Énormément de choses … Il faut dire que de passer de la  vie “européenne” à la vie “japonaise” n’est pas une mince affaire.

Tout d’abord la langue. Le japonais est une langue très ancienne qui a évolué au fil du temps, qui intègre la grammaire et les verbes. Elle se compose de trois “alphabets” :

  • Les kanjis = Écriture qui résulte d’une adaptation de l’écriture chinoise. Elle ne représente pas des sons mais des images. Il en existe plus de 2000.
  • Les katakanas : Au nombre de 46, ils sont plus utilisés pour transcrire les mots, japonais, chinois ou encore anglophone.
  • les hiraganas : Écriture créé à partir des kanjis, souvent utilisé par les enfants.

Enfin vous l’aurez compris, pour quelqu’un qui n’a jamais fait de japonais, cela est très compliqué ! Si vous voulez en apprendre plus (et en détails), je vous laisse le lien Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Japonais. Mais il faut aussi savoir que le japonais peut se lire de droite à gauche, comme de gauche à droite et de haut en bas xD

Le trop de politesse. La politesse et le respect sont des valeurs fondamentales au Japon et ils l’apprennent dès leur plus jeune âge. Alors oui, on trouve ça plaisant au début. On se demande même pourquoi ce n’est pas comme cela chez nous. Il existe, sans mentir, des dizaines d’expressions de politesse et de respect qui varient suivant le contexte ou la nature d’un interlocuteur (âge, profession …) et cela en devient, à mon sens ridicule. C’est tellement automatique que l’on se demande presque si elle a un sens et si elle est véritablement sincère. Alors oui, la politesse n’a jamais tué personne (encore heureux) mais à la longue je peux vous dire que ça use.

La culture de l’excuse, ne jamais dire non, ne pas dire ce que l’on pense. Cela rejoint un peu le point de l’hyper-politesse. Le respect d’autrui en public étant primordial, il est très important d’éviter l’embarrassement ou le sentiment de honte au maximum. Si un japonais ne dit pas non ou s’excuse à longueur de temps pour un oui ou pour un non, c’est pour ne pas vexer son interlocuteur. (Exemple avec mon groupe de mamans japonaises : un jour on se retrouve toutes devant l’immeuble de la crèche et là, je demande à quelques unes de se retrouver au parc pour manger avec les enfants. On me répond “Oui Oui”. Donc on va se préparer chacune chez soi. Et là, je reçois un message sur LINE d’une des mamans qui me dit que finalement elle ne pourra pas car elle ne se sentait pas très bien et qu’elle resterait à la maison. OK c’est pas grave. Je rejoins donc les autres. Et en rejoignant le parc, je surprends cette même maman au salon de coiffure/manucure… Et quand j’en ai parlé aux autres, elles ont trouvé ça normal, que la maman ne voulait pas me vexer en me disant non). En tant qu’occidentale, je n’ai pas l’habitude de ces manières, si je n’ai pas envie ou que je ne veux pas, je le dis clairement. Cela n’a pas pour but de “vexer” mais quand on est indisponible je préfère le dire pour ne pas faire espérer ou attendre pour rien.

Il y a aussi le fait de ne pas vraiment dire ce que l’on pense. Que ce soit en politique, ou sur un sujet d’actualité… les Japonais préfèrent garder pour eux leurs pensées. Alors des fois les conversations ne vont pas bien loin.

Le “Complexe du Gaijin”. En gros cela s’explique par : “un sentiment d’inconfort et d’embarras qu’un Japonais peut ressentir lorsqu’il est confronté à un étranger”. Et pour ma part, ce fut ce point-là qui m’a le plus posé de problèmes et surtout d’incompréhensions. Je vais m’expliquer avec des exemples concrets qui me sont arrivés de manières quotidiennes. La première expérience fut dans une crèche “gratuite”. J’ai demandé des informations en anglais ET japonais. Blanc total. Aucune réponse. On m’ignore. Mais par contre, on répond à la japonaise derrière moi arrivée après moi. Alors soit, je me dis que c’est moi qui m’y suis mal prise ou je ne sais pas. Je laisse passer. Je vais donc voir dans une autre et là, tout se passe bien. Enfin du moins pendant la première semaine. Je me rends compte que quand j’arrive avec MiniDino, certaines mamans qui sont arrivées à peine 5 mn avant moi, repartent. Certains enfants viennent vers Liam, pour jouer avec lui ou juste être avec lui. Je laisse faire, c’est le but aussi pour lui de se faire de nouveaux copains. Mais au bout de 10-15 mn, je vois les mamans reprendre leurs enfants et les obliger à jouer avec les autres enfants japonais. J’avouerai que sur le coup je n’ai rien dit, lui ne se rendant pas compte de la chose mais se retrouvant seul au final, mais mon cœur de maman s’est brisé en voyant cette scène. C’est devenu assez récurrent par la suite, dans d’autres crèches, parcs, lieux public pas tous les jours heureusement mais au moins 3-4 fois par semaine (sachant que l’on va le matin et l’aprem au parc ou crèche). Par contre, quand je suis avec le mari, ou lui avec le petit, nous n’avions plus ces comportements. Il y a eu aussi le moment d’aller se renseigner sur les crèches. Il y en a au moins une dizaine dans notre quartier (publiques ou privées). Je savais que ça allait être dur de trouver une place mais je ne m’attendais pas du tout au genre de discours que l’on m’a tenu … J’ai eu droit : “Vous n’êtes pas japonaise” “Vous travaillez en freelance ? Alors vous pouvez garder votre enfant” “Vous avez les grand-parents pour le garder” “il faut que ce soit votre mari qui vienne“… Et certaines me voyant arriver me faisaient simplement “non” de loin avec les mains… Je vous avoue que là, je riais “jaune”. Puis un beau jour, j’ai eu une belle rage de dents … Et j’ai reçu à ce moment là, une grande claque dans la figure. Pendant 5 jours, j’ai fait les dentistes du coin. Une dizaine par jour à peu près (sachant qu’au Japon tous les 500 mètres, vous trouverez un dentiste) avec un MiniDino super compréhensif, qui ne s’est pas plaint une seule fois d’attendre ou d’être trimbalé à droite et à gauche. J’ai demandé (en japonais et pas en anglais) si je pouvais prendre rendez-vous maintenant ou dans les jours qui venaient. La seule réponse que j’ai eu ce fût “Vous n’êtes pas japonaises donc on ne peut pas“. Incompréhension totale. J’ai eu beau leur montrer ma carte de résident ainsi que ma carte d’assurée et autres papiers prouvant que j’avais droit à des soins comme n’importe qui résidant au Japon, que je pouvais même payer s’il le fallait. Pendant ces 5 jours, plus je cherchais et plus les portes se fermaient devant moi. J’étais vraiment à bout de nerfs et la rage de dents empirait. J’ai fini par trouver un dentiste anglais/japonais qui m’a prise en rendez-vous dans les 10 mn. Je lui ai expliqué tout ce qui s’était passé dans les autres cabinets dentaires… Et il a fini par me dire qu’ici c’était “normal” ce genre de comportement envers les étrangers. Que 90% de sa clientèle était “étrangère” à cause de ça. J’ai eu l’expérience du métro bondé. Une place libre à côté de moi, personne s’y assoit, reste debout. Jusqu’à ce qu’une place libre se libère un peu plus loin. Mais toujours personne à côté de moi. Il y a aussi eu la fois ou j’ai du aller à la mairie aussi et la j’ai eu droit au tirage à la courte paille devant moi, pour savoir qui allait s’occuper de moi…

Cela arrive encore, quelque fois mais je n’y prête plus attention. Mais il faut dire que quand vous débarquez et que cela vous arrive, vous restez totalement sur le cul.

5- Et l’aspect culturel que tu adores dans ton pays d’adoption ?

Heureusement, après ces quelques points négatifs, il y a aussi les bons côtés !

L’accès à la culture pour tous est de loin ce qui me plaît le plus ici. Que l’on ait de l’argent ou pas, tout le monde peut accéder aux musées, temples, jardins, zoo, aquariums… généralement pour les enfants de – de 12 ans c’est gratuit ou alors en tarifs réduits (je n’ai encore jamais payé pour Liam que ce soit pour un musée ou zoo par exemple) et pour les adultes cela dépasse rarement les 600 yens (5 euros à peu près). Voilà pourquoi, nous faisons  souvent des sorties culturelles le weekend. Je me rappelle que sur Paris, juste pour aller au zoo (Liam avait un an et demi), à trois cela nous a coûté 55 euros… Alors faire des sorties tous les weekend n’était même pas envisageable. Et ce n’est pas tout, tout ces endroits sont toujours accessibles aux plus petits, très interactifs tout en restant ludiques. Ils prennent très au sérieux le fait de s’instruire dès le plus jeune âge tout en s’amusant. Je ne parle même pas des musées gratuits, il y en à la pelle. Rien qu’autour de notre quartier nous devons en avoir une dizaine.

Ce que j’aime aussi c’est leur ponctualité ! Alors qu’en France, les transports ne sont la plupart du temps jamais à l’heure, ici en 2 ans, je n’ai jamais vu un bus ou train être en retard même quand il y a eu les tremblements de terre ou typhon. Ils ont toujours un coup d’avance et sont parés à toutes éventualités. Même quand ce genre de catastrophes arrivent vous pouvez être certains que les gens seront à l’heure au travail. Quand vous allez chez le médecin, si vous avez rendez vous à 10h, vous serez pris en charge à la bonne heure ! Et pas besoin de prendre rendez-vous des mois à l’avance pour un spécialiste, vous y allez et vous passez !

Le sens du service et le respect des autres. En France, on dit souvent que le client est roi… mais ce n’est jamais le cas. Ici, cette phrase prend tout son sens. Quand vous faites des courses, vous avez une personne qui va automatiquement mettre vos achats dans les sacs. Quand il y a des travaux dans la rue, vous avez automatiquement quelqu’un pour assurer votre sécurité. Si vous êtes perdu, vous pouvez être sûr que la personne à qui vous aurez demandé de l’aide fera tout pour vous aider (et vous accompagnera pour être sûre que vous arrivez bien à destination). Quand vous allez au restaurant, on vous apporte automatiquement de l’eau (et durant le repas vous n’aurez pas à en redemander on vous servira), vous serez servi très rapidement (fini les 20mn d’attente xD), si vous avez des enfants, ils vous apportent (sans avoir a le demander) des couverts et sièges enfants, et il y a toujours de quoi ranger vos affaires. Dans le métro, bus, trains, restaurants… les gens font toujours la queue. Vous ne verrez jamais un japonais passer devant les autres.

La propreté. Au japon, vous ne trouverez pas de poubelles et pourtant les rues sont supers supers propres. Pas de détritus ou même d’excréments de chiens… Les gens sont respectueux de leur environnement et de celui des autres. Ils ont toujours un sac pour mettre leurs déchets et ils le mettent à la poubelle chez eux. Et quand on parle de propreté, on pense souvent aux toilettes… ça ne déroge pas à la règle. Toujours propres et qui sentent bon (certains s’en fichent mais personnellement c’est vraiment un soulagement). Vous en trouverez PARTOUT. 90% du temps elles sont entièrement équipées pour les plus jeunes et pour les bébés. Mais aussi pour les femmes souhaitant allaiter. Pour le métro/train/bus, c’est la même chose, super propre. Il y a des fois où je me fais la remarque que l’on pourrait même manger par terre 🙂 Il y a encore de nombreux exemples mais la liste serait trooop longues ! Mais cette propreté s’applique partout, que ce soit un lieu privé ou public.

La sécurité. On peut s’y promener la nuit sans avoir peur, ce qui n’était pas le cas à Paris, je vous l’avoue. On peut laisser ses affaires dans la rue (sac avec portefeuille, iphone etc …) et être sûr de les trouver comme on les a laissé. Il m’arrive souvent d’aller en plein centre de Tokyo pour faire mes courses, en vélo, et de laisser ce dernier pas attaché et/ou mon sac a main dedans le temps de faire mes courses, et je n’ai jamais eu de problèmes.

Il m’est arrivée aussi de perdre mon portefeuille avec tous mes papiers dedans et beaucoup de liquide. Et vous savez quoi ? Je l’ai toujours retrouvé avec tout ce qu’il contenait dedans. En France, ce ne fut pas le cas …

Il nous arrive de temps en temps avec Liam de prendre sa trottinette, et quand il n’a plus envie d’en faire, on la laisse à un endroit et on vient la récupérer le soir. Alors que par exemple, dans le village de mes parents en France (600 habitants), on est parti se promener dans les champs avec son mini tracteur et le temps d’aller voir les chevaux 15mn, on nous avait volé le mini tracteur… En campagne, dans les champs quoi !

Crédit photo : Miettes de vie

6- Quelle est la place de la mère et de l’enfant dans le pays dans lequel tu vis ?

De ce que j’ai pu constater, l’enfant tient un grand rôle dans une famille. Il est souvent privilégié à tout autre membre de la famille. Ce qui n’est pas souvent le cas de la mère, même si cette dernière fait “marcher” toute la petite vie de famille (c’est elle qui s’occupe des enfants, de la cuisine, du ménage, du budget…). L’enfant est roi et cela se voit.

Dès sa naissance, la mère et l’enfant vont partager le même futon (tout en laissant dormir le mari dans une autre chambre) jusqu’à ce que ce dernier décide qu’il ne veut plus dormir avec sa mère. Imaginez la surprise de mes amies japonaises quand je leur dit que Liam dort dans sa propre chambre depuis sa naissance et que moi je dors avec mon mari xD

Généralement quand les femmes attendent leur premier enfant, elles “arrêtent” de travailler. Je met entre parenthèses car le plus souvent cela ne vient pas d’elles mêmes mais plutôt de leur entreprise qui les “poussent” gentiment dehors. Être maman et travailler au japon n’est pas encore rentré dans les mœurs… La place de la femme est le plus souvent à la maison. Mais bon, outre cet aspect que je trouve très archaïque, la mère au Japon est souvent le pilier de la famille. Elle prend toutes les décisions concernant l’éducation des enfants, ou des décisions concernant la famille, et c’est elle qui gère le budget de TOUT. C’est a dire que l’homme ne s’en préoccupe pas et reçoit en quelque sorte de l’argent de poche pour le mois xD

Au japon, j’ai vraiment compris ce que c’était qu’être mère au foyer ! Et encore je ne gère pas tout toute seule, mon mari m’aide beaucoup ! Ici, même mariées, les femmes s’occupent de tout. Le mari n’étant là que pour travailler (ce n’est pas partout je vous rassure).

Mais je ne connais pas encore assez bien le système japonais pour en parler concrètement.

Parc de jeux au Japon
Crédit photo : Miettes de vie

7- Comment se passe la scolarité de tes enfants ?

Il faut savoir qu’ici tous les enfants de moins de 3 ans restent avec leurs mamans ou vont dans des crèches (si les parents ont les moyens de les y mettre bien-sûr). A partir de 3 ans, obligatoirement, les enfants entrent en école maternelle.

A notre arrivée, Liam n’avait que 18 mois et nous avons attendu d’être sur place pour trouver une école/crèche. Nous avons voulu le mettre en école locale (comprendre japonaise donc) pour qu’il puisse s’imprégner au maximum de cette culture et apprendre une nouvelle langue. Mais je dois vous dire que ça a été le parcours du combattant. Durant 3 mois, j’ai fait à peu près toutes les écoles du coin (il doit y en avoir une trentaine a peu près), et à chaque fois nous avons essuyé des refus, avec des excuses un peu bidons

  • Nous ne sommes pas japonais.
  • Je ne travaille pas donc je peux m’en occuper.
  • On aimerait que ce soit votre mari qui vienne.
  • On ne parle pas japonais.
  • Et j’en passe …

Alors face à ce gros échec, nous nous sommes tournés vers une école internationale américaine privée. Qui était plus que contente d’accueillir Liam, vu que c’était le seul non japonais 😀

L’école est donc payante mais reste beaucoup moins chère que par exemple le lycée français de Tokyo, où il faut compter 15 000 euros l’année (pour 8 mois d’école à peu près vu qu’ils se calent sur l’année scolaire française) + le transport de 400 euros par mois, vu que cette école se trouve à 3/4h de la maison. Nous payons à peu près 1100 euros par mois, et nous n’avons pas de transport vu que l’école se trouve à 5mn de la maison en vélo. Et c’est un réel plaisir de l’amener moi-même tous les matins.

Concernant le rythme scolaire, il faut savoir qu’ici la rentrée se fait en avril et se termine en avril avec 32 jours de vacances répartis dans l’année et quelques jours, qui sont considérés comme un camps de vacances. Il existe aussi des jours fériés pour les fêtes japonaises mais généralement l’école est ouverte et peut donc accueillir les enfants. Et quand les enfants en France sont en vacances pour deux mois l’été, le mien est à ecole. Dans les écoles japonaises, les plus petits ont généralement 1 mois de vacances l’été, mais ils ne partent pas en vacances et restent plutôt chez eux à vaquer à d’autres occupations (toujours dans un but scolaire).

Du lundi au mercredi, il a école de 10h a 14h30 et le jeudi/vendredi de 10h à 16h30. C’est une école de typeMontessori (même si ici ils ne connaissent pas le terme), et c’est assez libre dans leur enseignement. La classe ressemble plus à une salle de jeux qu’une classe avec petits bureaux etc … Le midi, chacun a sa lunchbox et ils mangent tous avec leur “sensei“. Ils apprennent à mettre, la table, à manger seul pour ceux qui ne savent pas, à partager, à nettoyer leur table ainsi que leur chaise (dans l’enseignement japonais il faut savoir que ce sont toujours les élèves qui s’occupent de la propreté de leur classe). Ils les rendent très autonomes dès le plus jeune âge. A chaque fin de journée, le professeur vient voir les parents qui attendent et nous fais un résumé complet de ce qu’ils ont pu faire dans la journée, puis ensuite, ils prennent le temps de voir chaque parents (enfin maman xD) pour nous dire ce que notre enfant a fait, si il était plutôt content ou fatigué, si il est allé aux toilettes, et les affinités avec les copains… Ils nous donnent aussi une feuille de “devoirs” à faire avec notre enfant chaque soir (oui a 3 ans) mais il n’y a aucune obligation.

Après l’école, généralement nous passons 2h-2h30 au parc (ou dans une aire de jeux intérieure si il fait trop froid ou trop chaud) et nous rentrons à la maison. Mon fils ne fait plus de sieste depuis son arrivée au Japon, alors il faut tout le temps l’occuper (ou pas hein). Il mange vers 18h30 et se couche a 20h pour ne se réveiller qu’à 8h le lendemain.

Salle de classe de maternelle au Japon
Crédit photo : Miettes de vie

8 – En quoi cette expérience a-t-elle été enrichissante pour ta famille ? Et pour toi ?

Elle nous a permis de nous rapprocher encore plus et de passer beaucoup plus de temps en famille (ce qui n’était pas possible à Paris avec nos horaires), et surtout du temps qualitatif !

Elle nous a appris à vivre d’une autre façon, avec une culture très différente de la nôtre. Mais aussi à découvrir un pays que nous ne connaissions pas ! On se retrouve dans quelques années et je pourrai te faire un résumé plus détaillé, l’aventure n’est pas encore finie.

Crédit photo: Miettes de vie

9- Si je viens passer quelques jours chez toi, qu’est-ce que tu m’emmènes visiter ?

Je t’emmènerai au sommet de la mairie de Tokyo à Shinjuku où tu pourras découvrir l’immensité de cette ville qu’est Tokyo et apprécier la vue du Mont Fuji. C’est à couper le souffle ! Puis en restant dans les alentours, on visitera le jardin impérial de Shinjuku Gyoen park magnifique en pleine période des sakuras et des chrysanthèmes. Puis bon, après une journée comme celle-ci à gambader, rien de mieux qu’un bon repas ! Tu auras le choix entre un bon Ramen ou un Yakiniku (faire cuire de la viande et légumes sur une plaque au milieu de la table) ou Oden (pot-au-feu japonais) !

Ensuite, il faudra absolument aller sur Shibuya et voir son fameux “crossing” mais du haut du magasin 109 Men. Puis il faudra bien sûr se rendre a Yoyogi Park et au célèbre sanctuaire shintoïste Meiji-Jingu. On finira la journée dans le quartier très jeune et branché d’Harajuku et Omotesando, pour y manger et découvrir toutes sortes de choses insolites (pas mal de gens habillés en cosplay).

Vue sur Tokyo
Crédit photo : Miettes de vie

Il faudra aussi aller voir le parc du palais imperial, pas loin de chez moi. Je te ferai aussi découvrir l’ancienne place du plus grand marché au poisson au monde a Tsukiji et quitte à y être, aller voir le nouveau à Toyosu ! Et se diriger par la suite sur la grande ile artificielle d’Odaiba pour y voir les magnifiques coucher de soleil sur le Rainbow Bridge et Tokyo Bay et bien sur son Gundam géant !

Et si c’est la période des cerisiers, je t’emmènerai au parc de Ueno pour admirer une centaines de cerisiers en passant dessous.  Mais je pourrai aussi t’emmener dans les quartiers électriques d’Akihabara, aller voir encore des temples, des jardins, des musées …

Il y a tellement de choses a voir sur Tokyo… Juste quelques jours ce n’est pas possible xD Le mieux pour visiter Tokyo, c’est de s’y perdre !

Vue sur Tokyo
Crédit photo : Miettes de vie

10- Et après ? Vous restez ? Vous rentrez dans votre pays d’origine ? Vous partez ailleurs ? Quelles sont vos souhaits pour l’avenir ?

On va y rester encore 3 ans. Jusqu’à ce que Liam rentre a l’école primaire. Étant donné qu’il parle déjà couramment l’anglais et que cela devient sa langue première, nous souhaitons aller dans un pays anglophone comme l’Angleterre, le Canada ou encore les États-Unis. Il pourra pratiquer l’anglais au quotidien, à la maison, dans la rue… Pas juste quelques heures par jour. Enfin dans tous les cas, même si j’ai appris à aimer vivre au Japon, je ne me vois pas y vivre plus longtemps. Il y a des pays qui sont fait pour nous, d’autres non. Le Japon restera quand même une de mes plus belles expériences de vie !

Je ne pense pas que nous retournerons un jour en France, nous n’en ressentons pas le besoin. Et à vrai dire, je n’ai pas envie d’y revenir ! Une fois que l’on commence à découvrir d’autres cultures et d’autres pays, on ne veut plus s’arrêter !

Jeu au parc japonais
Crédit photo : Miettes de vie

Merci beaucoup Johanna pour ce voyage dépaysant ! Vous pouvez retrouver ses aventures au Japon sur son blog Miettes de vie ou sur son compte Instagram !

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