paroles d’expat’

Maman expat’ : Die Franzoesin en Allemagne

Publié le

Après le Japon, la Chine et l’Angleterre, nous partons de nouveau en voyage avec une maman expat’ qui nous présente sa vie dans son pays d’accueil ! Cette fois c’est l’Allemagne que nous allons découvrir ! Je suis Die Franzoesin depuis l’ouverture de mon blog il y a plus de 4 ans ! Son blog me rappelle mon année d’Erasmus à Hannovre ! Alors forcément quand j’ai ouvert ce rendez-vous, j’ai pensé à elle ! Je lui laisse maintenant la parole :

1- Pour commencer, je te propose de te présenter, de nous présenter ta famille, le pays d’où vous venez, et celui où vous vivez maintenant !

Bonjour ! Je m’appelle Alice, je suis française et j’habite en Allemagne – plus précisément au nord de la Westphalie, pas très loin de la frontière avec les Pays-Bas – depuis huit ans. Je suis la maman de deux petits garçons franco-allemands de deux et quatre ans.

Crocs France-Allemagne

2- Qu’est-ce qui vous a amenés dans ce pays ?

Le papa est allemand ! Je l’ai rencontré pendant mes vacances, en 2008, et après trois années de relation à distance et de fréquents trajets dans le Thalys il nous a fallu faire un choix pour enfin vivre ensemble. J’habitais alors à Paris et commençais à vouloir en partir : le rejoindre dans sa jolie ville m’a semblé être une belle opportunité ! J’ai toujours eu le goût du voyage, des langues et de l’étranger de toute façon. 

"Die franzoesin"

3- Décris-nous un peu ta vie ici

Je voulais absolument trouver un emploi avant de déménager et je crois que c’était une bonne décision : cela a clairement facilité mon intégration et accéléré mes progrès en langue allemande.

Les premiers mois n’ont pas été faciles malgré tout : mes amis me manquaient, m’exprimer toute la journée en allemand était très fatigant. Mais finalement les choses se sont mises en place progressivement. 

Bureau "Die franzoesin"

4- Quel est le changement culturel qui t’a donné le plus de mal pour d’adapter à ta nouvelle vie ?

La culture allemande est très proche de la notre. Ce qui me choque toujours un peu, c’est leur absence de tact, leur côté très direct. Je ne m’y suis pas encore habituée. 

Leur rapport à la nourriture et à l’argent est aussi différent. Pour faire court, ici, lorsqu’on fait ses courses en promotion chez Aldi, c’est un objet de fierté, l’occasion de montrer à quel point on est malin. En France mes amis sont plutôt fiers d’aller au marché acheter des produits frais et de saison, qu’ils cuisinent eux-mêmes… 

5- Et l’aspect culturel que tu adores dans ton pays d’adoption ?

J’aime l’apparence plus naturelle des femmes : depuis que j’habite ici il m’arrive souvent de sortir sans maquillage, mal épilée… Je ne porte plus de talons et j’ai décidé d’assumer mes cheveux blancs. Avant je voyais tout cela comme un défaut, une forme de négligence et de mauvais goût. C’est vrai que, lorsque je rentre en France, dans les beaux quartiers de Paris ou de la Côte d’Azur notamment, j’admire les belles tenues et les silhouettes qui les portent. Mais pour ce qui me concerne, j’ai gagné énormément de liberté dans mon rapport à la féminité. 

6- Quelle est la place de la mère et de l’enfant dans le pays dans lequel tu vis ?

Ici, et très particulièrement dans l’Allemagne de l’Ouest catholique où j’habite, ils ont une place presque sacrée. L’accouchement naturel est largement favorisé, l’allaitement aussi. La très grande majorité des femmes prennent au moins un an de congé parental après chaque naissance – il faut ajouter que ce congé est généreusement indemnisé. Il est totalement admis que les bébés partagent la chambre de leur parent au moins jusqu’à un an. Et tout ce qui fait l’éducation bienveillante en France est plutôt standard ici : absente de châtiments corporels comme la fessée, absence de punition…

Les petits de un à six ans sont pris en charge dans des jardins d’enfants. Les enfants ne sont scolarisés qu’après et toujours avec des horaires très aménagés : ils sortent au plus tard à 15 heures.

En tant que maman, j’aime énormément ce modèle et j’estime que c’est une chance de pouvoir en profiter. Je suis ravie d’avoir pu rester aussi longtemps auprès de mes bébés, et d’en profiter encore chaque jour dès 15 heures. 

Évidemment, comme on ne peut pas tout avoir, c’est en revanche un modèle très néfaste pour le travail féminin – ou en tout cas tout espoir de carrière. C’est sans doute la raison pour laquelle beaucoup de femmes ici choisissent encore de renoncer à la maternité.

Anniversaire allemand

7- Comment se passe la scolarité de tes enfants ?

Mes deux garçons vont dans un jardin d’enfants allemand. Le prix que nous payons est indexé sur nos revenus, plus tard l’école allemande sera gratuite. Pour favoriser leur apprentissage du français, en plus de notre relation évidemment, ils vont à un cours de français pour enfants bilingues une après-midi par semaine.

Il n’existe pas d’école française dans notre ville mais finalement ce n’est pas un trop grand regret. Je ne sais pas si j’aurais voulu qu’ils se considèrent comme expatriés dans leur pays. Et puis le système éducatif allemand, ses valeurs et son organisation, me conviennent vraiment bien pour le moment, peut-être même davantage que ce que je perçois du système français.

Sac de crèche

8 – En quoi cette expérience a-t-elle été enrichissante pour ta famille ? Et pour toi ?

Mes enfants sont parfaitement bilingues et je pense que c’est un beau cadeau pour leur avenir, pour leur manière d’appréhender la vie, en termes de tolérance et d’ouverture d’esprit par exemple. Mon aîné s’intéresse déjà beaucoup aux autres langues. 

Mon déménagement a changé toute la trajectoire de ma vie, je ne peux plus imaginer ce qu’elle aurait été sinon. D’ailleurs cette année, je vais franchir une nouvelle étape en ce sens en demandant la nationalité allemande.

9- Si je viens passer quelques jours chez toi, qu’est-ce que tu m’emmènes visiter ?

Je te propose une belle promenade en vélo : ici tous les déplacements peuvent se faire sans problème ainsi ! Nous pourrons découvrir notre très beau centre-ville – où Louis XIV a séjourné !, passer par le château où je travaille parfois et pousser jusqu’au bord du lac savourer une bière. 

10- Et après ? Vous restez ? Vous rentrez dans votre pays d’origine ? Vous partez ailleurs ? Quelles sont vos souhaits pour l’avenir ?

Nous souhaitons élever nos enfants dans notre région actuelle. J’y ai mon petit réseau désormais, des habitudes, des amis, et je n’ai pas envie de tout recommencer à zéro. Et puis c’est la région d’origine de mon mari et il y tient.

Parfois nous disons qu’à la retraite, nous irons nous installer en France mais c’est un rêve lointain. Je pense que ça dépendra de beaucoup de choses, notamment du lieu de vie que choisirons nos enfants. 

Merci mille fois à Die Franzoesin de s’être prêtée au jeu ! Si vous voulez en savoir plus sur la vie et la maternité en Allemagne, je vous conseille vivement d’aller faire un petit tour sur son blog ! Vous y trouverez des articles sur le bilinguisime, les modes d’accueil des enfants en Allemagne et aussi des comparatifs entre la France et l’Allemagne !

Paroles d’expat’ : Les Mamans Winneuses en Angleterre

Publié le

Je reviens avec une nouvelle présentation de maman expat ! Cette fois c’est Aurélie, du site participatif d’idées de sorties Les Mamans Winneuses qui nous parle de sa vie en Angleterre ! Je lui laisse donc la parole !

Les Mamans Winneuses- partage de sorties en famille !

1- Pour commencer, je te propose de te présenter !

Hello. Je suis Aurélie maman de 2 garcons Eliot et Charlie. Je suis française et je ne suis expatriée avec ma famille en Angleterre.

2- Qu’est-ce qui vous a amenés dans ce pays ?

Concrètement le travail de mon mari mais avant et surtout l’envie d’une expérience à l’international. J’aime le fait que mes enfants apprennent l’anglais. Ils parlent mieux que moi maintenant !

3- Décris-nous un peu ta vie ici.

Je travaillais à mon compte en France et j’ai continué ici. Ce qui change réside plus dans le quotidien et la culture. J’en apprend tous les jours. D’abord par la langue différente mais aussi par la façon de vivre, les habitudes.

4- Quel est le changement culturel qui t’a donné le plus de mal pour d’adapter à ta nouvelle vie ?

La nourriture 😂 Il a fallut que je m’adapte. Que je trouve des produits qui nous correspondent mais j’en ai aussi découvert que j’aime beaucoup. 

5- Et l’aspect culturel que tu adores dans ton pays d’adoption ?

Le côté business est, je trouve, bien plus facile. Les anglais aiment la créativité et considère cet art comme un vrai travail.

6- Quelle est la place de la mère et de l’enfant dans le pays dans lequel tu vis ?

Il n’y a pas grande différence avec la France de ce côté là.

7- Comment se passe la scolarité de tes enfants ?

Nous avons fait le choix d’inscrire nos enfants à l’école publique anglaise comme la plupart des enfants anglais. Malgré un début difficile (l’un de mes enfants n’avait pas de place à l’école du coup nous avons changé d’école) ça se passe super bien. Ici, il y a école tous les jours de la semaine jusqu’à 15h10. Tous les enfants restent à l’école pour la pause déjeuner. C’est soit la cantine, soit le lunch bag. L’école termine plus tard qu’en France, jusqu’à fin juillet. Ils n’ont qu’un mois de vacances d’été mais il y a 1 semaine en plus en juin.

8 – En quoi cette éxpérience a-t-elle été enrichissante pour ta famille ? Et pour toi ?

Je pars du principe que l’expatriation est une expérience enrichissante en soi. Ce n’est pas facile car on perd ses repères mais ça ouvre d’autres horizons. D’autres façons de penser, de se débrouiller.

9- Si je viens passer quelques jours chez toi, qu’est-ce que tu m’emmènes visiter ?

haha. Pleins de trucs. Londres évidemment, plus précisément le magasin Liberty. On ira prendre un breakfast au Bill’s, un cupcake chez Peggy Porshen. Et puis on ira à la mer ! Ben oui, c’est une île 😁 On boira une bière au pub.

10- Et après ? Vous restez ? Vous rentrez dans votre pays d’origine ? Vous partez ailleurs ? Quelles sont vos souhaits pour l’avenir ?

Si ça ne tenait qu’à moi on partirai encore plus loin ! Mais en réalité, on va revenir en France (peut être été 2020?) pour j’espère mieux repartir.

Merci Aurélie pour tes réponses !

Et si vous ne la connaissiez pas encore, allez-vite faire un tour si son compte Instagram qui est une explosion de couleurs et de créativité ! Et bien-sûr, allez faire un tour sur le site Les Mamans Winneuses pour trouver des idées de sorties en famille en France, et à l’étranger (il paraît même qu’il y a des idées de sorties à Dubaï !) !

Maman Expat’ : La famille kangourou en Chine!

Publié le

Cette année, j’inaugure un nouveau rendez-vous dans lequel je vous présenterai chaque mois une maman qui a quitté son pays pour quelques mois, des années ou toute la vie. Des mamans qui vont nous parler du pays dans lequel elles vivent, nous partager cette culture et nous expliquer les différences avec leur pays d’origine. Pour cette grande première, c’est Loutarwen du blog La famille Kangourou en Chine qui a accepté de répondre à mes questions et de nous faire découvrir Shanghai où elle vit avec son mari et ses deux enfants (le deuxième étant né là-bas) depuis 4 ans. Mais trêve de bavardage, je lui laisse la parole !

Crédit photo : La Famille Kangourou en Chine

“Bonjour à tous,

Pour commencer, je voudrais très sincèrement remercier A dada et au dodo pour ce questionnaire aux mamans expats. Merci de m’avoir donné la chance de répondre!

Depuis que je suis expatriée, je vois bien à quel point il est différent de vivre dans un pays ou dans un autre, à quel point nos situations d’expatriés ne sont pas les mêmes et nos attentes d’ailleurs non plus. Je pense vraiment que de suivre plusieurs familles dans différents pays permet d’avoir une vision plus globale de ce que peut être l’expatriation.

1- Pour commencer, je te propose de te présenter, de nous présenter ta famille, le pays d’où vous venez, et celui où vous vivez maintenant !

Dans la famille Kangourou, on est quatre. Mais au départ de notre expatriation, il y a un peu plus de quatre ans maintenant, nous n’étions que trois. Papa Lou et moi nous sommes rencontrés au lycée. Ça a été un véritable coup de foudre et nous ne nous sommes plus jamais quitté. Je faisais des études d’histoire et lui une école d’ingénieur quand il m’a parlé expatriation pour la première fois. C’était juste inconcevable pour moi de quitter la France pour vivre dans un autre pays. Je trouvais ça tellement égoïste (pour le reste de la famille). Et pourtant…

Nous nous sommes installés à Paris en 2007. L’idée avait déjà fait du chemin dans ma tête. Dès début 2009, nous avons sérieusement pensé à nous expatrier en Asie. Papa Lou en a parlé à sa direction. Ils nous ont prévenu que les délais sont souvent long pour obtenir de tel poste et qu’il faudrait attendre plusieurs années.

Nous nous sommes mariés, et puis Little Miss Sunshine est née en décembre 2011. Notre projet a été mis un temps de côté. Mais en 2012, nous avons décidé de tout mettre en oeuvre pour que nous puissions partir au courant de l’année 2013.

Si vous voulez en savoir plus sur notre demande d’expatriation, notre état d’esprit à cette période et nos déconvenues, c’est par ici: “Expatriation : une expérience de longue haleine”

2- Qu’est-ce qui vous a amenés dans ce pays ?

LAsie est un continent qui nous a toujours énormément attiré tous les deux. Et c’est encore plus le cas depuis que nous vouons tous les deux une véritable passion au thé et au Japon.

Les choix d’expatriation étaient assez clairs pour nous en Asie: Corée du Sud, Kuala Lumpur, Singapour ou Shanghai. Je dois bien dire qu’à l’époque, Shanghai était le dernier de mes choix… Nous avons vécu quelques péripéties, notamment durant la dernière année d’attente avant le départ que vous pouvez retrouvez sur le blog.

Quand Papa Lou m’a donc annoncé un soir de janvier 2014, en rentrant d’un déplacement de Chine, que le bureau de Shanghai était très intéressé par son profil, je n’ai pas été surprise. Mais je n’ai pas été enchantée non plus.

Quand nous avons commencé à parler de notre projet de partir vivre en Chine autour de nous, à la famille ou aux voisins de quartier, nous avons été choqués par la manière dont notre expatriation en Chine a été perçue. Les gens nous ont regardé comme des « bêtes curieuses ». Je pense que tout le monde se disait qu’on ne pouvait pas tomber sur pire destination – ou peut être un pays en guerre. Nous avons vraiment une triste image de la Chine en France, véhiculé par les médias…

Mais nous étions ravis, nous allions pouvoir découvrir cette culture qui nous plaît tant de l’intérieur et cultiver notre passion pour le thé au contact même de ceux qui le font. Par contre, j’avais une très mauvaise image de Shanghai, surtout à cause de la pollution. Et c’est vraiment une des grandes craintes que nous avions à notre départ: vivre dans une grande ville polluée avec de jeunes enfants…

Crédit photo : La famille Kangourou en Chine

3- Décris-nous un peu ta vie ici (ce qui change d’avant, est-ce que tu travailles, as-tu de l’aide ?)

Je pense qu’on ne peut pas trouver un pays dont la culture est plus différente de la nôtre que la Chine. Leur manière de penser, leur façon de voir la vie, leurs langues, leurs coutumes, tout est radicalement différents. On se rend bien vite compte que c’est impossible de juger avec nos yeux emprunts de morale judéo-chrétienne. On doit se défaire de tous nos a-priori et ce n’est pas toujours facile. Beaucoup d’expats détestent la Chine et rentrent rapidement en France. Pour d’autres, c’est un véritable coup de foudre et ils y restent des années. C’est vraiment un pays où l’expatriation n’a rien de facile.

Nous vivons dans le centre-ville de Shanghai, dans une résidence chinoises composées de 6 grands bâtiments où environ 1000 familles vivent ensemble. Il y a très peu d’étrangers dans notre résidence. Nous avons longtemps été les seuls avec un autre Français, qui vit là depuis plus de 10 ans et que nous n’avons croisé que deux fois.

Nous vivons loin de la communauté française, que je préfère croiser de temps à autre par choix, plutôt que de vivre dans des résidences où tous les Français sont regroupés. Nous avions vraiment envie de faire de cette expatriation une plongée dans la culture chinoise…

Depuis avril 2015, nous avons embauché une sorte de gouvernante « Ayi » qui m’aide dans les tâches ménagères, les courses, la préparation des repas, mais qui peut aussi prendre soin des enfants occasionnellement. C’est grâce à elle que nous avons notre bain quotidien dans la culture et la gastronomie chinoise. Elle ne vit pas à la maison, mais est chez nous tous les jours du lundi au vendredi de 11h à 19h. Cette aide m’est précieuse. Quand on vit à quelques 10 000 km de sa famille, on est heureux de savoir qu’il y a des gens sur lesquels on peut compter! Beaucoup de familles d’expat compte les frais de l’Ayi parmi les frais pris en charge par l’entreprise, ce n’est pas le cas pour nous. Nous la payons l’équivalent de 900 euros par mois.

La Chine est un pays où il est extrêmement difficile de travailler en tant que femme d’expat. Il faut changer de visa – passer du visa familial au visa de travail – et les lois sont actuellement tellement rude en terme de visa de travail, que c’est quasiment impossible. Le pays est entrain de se refermer et nous le remarquons bien, il y a de moins en moins d’expats à Shanghai – même si la communauté reste importante.

Je n’ai pas travaillé les deux premières années de notre expatriation, j’ai fait un stage de reconversion pour être maîtresse de maternelle durant la troisième année et j’ai travaillé en tant que maîtresse d’une classe de tout-petits (TPS) durant notre quatrième année. Cette année, j’ai fait le choix de ne pas travailler pour m’occuper des enfants à leur retour de l’école , me consacrer à ma famille et à des projets plus personnel et de profiter encore de cette expatriation en reprenant le temps de découvrir la ville.

Si vous voulez plus d’informations sur ma reconversion, vous pouvez jeter un oeil sur mon blog: “Ma reconversion professionnelle” ou ou “Reconversion Professionnelle”

Crédit photo : La famille Kangourou en Chine

4- Quel est le changement culturel qui t’a donné le plus de mal pour t’adapter à ta nouvelle vie ?

Beaucoup de choses! Mais nous l’avons toujours pris dans le sens de la découverte et d’une nouvelle aventure…

Tout d’abord la langue. Le Chinois n’est pas une langue difficile à apprendre – il n’y a quasiment aucune grammaire, aucune conjugaison – mais les sonorités sont tellement éloignées des nôtres que parler et comprendre le Chinois est vraiment difficile. Aujourd’hui je comprend bien et je parle Chinois. Mais je viens seulement de me mettre à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture car je n’en ai pas ressenti le besoin auparavant.

Et puis certains comportements des Chinois: cracher par terre, ne pas savoir attendre son tour dans une file d’attente, s’adresser aux gens en criant sans un bonjour ni rien, jeter ses déchets au sol, être continuellement sous la surveillance de tous – tout le monde sait exactement ce que nous faisons et quand nous le faisons dans notre résidence, c’est flippant -, le poids de la société sur tout le monde,…

L’absence de lois claires pour se protéger soi et les autres, et cette sensation que tout s’achète. Nous avons vécu une expérience malheureuse dont nous avons mis beaucoup de temps à nous remettre suite à un petit accrochage de Papa Lou à vélo avec une vieille dame à pied.

Si vous voulez en savoir plus, c’est sur le blog: “Nos coup dur de fin d’année”

Le monde! Je pense que c’est impossible de s’imaginer ce que peut être le monde en Chine avant d’y avoir été coincé. Notre première expérience a été traumatisante. Durant la fête de la mi-automne 2014, nous avions décidé de monter tout en haut de la Perle d’Orient. Il n’y avait pas d’attente pour l’achat des billets, nous nous sommes donc dit qu’il n’y aurait pas trop de monde. Et quelle erreur! Nous avons dû patienter 4h dans une file d’attente oppressante, pour pouvoir monter. Nous étions des milliers, il y avait un bruit assourdissant, c’était horrible! Nous avons ensuite dû attendre 2h de plus pour redescendre. J’ai fait une crise d’angoisse quand les gens derrière nous ont commencé à pousser. Je tenais Little Miss Sunshine contre moi dans le porte-bébé en pleurant. On nous a finalement fait sortir de la file d’attente pour nous permettre de descendre plus rapidement…

Crédit photo : La famille Kangourou en Chine

5- Et l’aspect culturel que tu adores dans ton pays d’adoption ?

Au bout d’un peu plus de quatre ans d’expatriation, je suis toujours encore en proie à des chocs culturels, ou tout au moins à un dépaysement, quotidiens. Et c’est vraiment un des points forts de notre expatriation. Je n’ai jamais le temps de m’ennuyer!

La culture chinoise nous attirait déjà beaucoup avant de venir, donc de pouvoir y vivre, parler le Chinois, est une chance inouïe.

De plus, comme nous avons l’occasion de pas mal voyager, c’est une source de découverte énorme. La Chine est un pays absolument magnifique! Et les Chinois sont plutôt accueillant quand on se montre intéressé par leur culture.

Crédit photo : La famille Kangourou en Chine

6- Quelle est la place de la mère et de l’enfant dans le pays dans lequel tu vis ?

La société chinoise a été totalement disloquée par le communisme. Il y a vraiment un avant et un après.

Avec la loi sur l’enfant unique, dont l’application dans les villes comme Shanghai date des années 1984, la place de la mère et de l’enfant a été totalement bouleversée.

En parallèle, les familles ont été déracinées et séparées, pour aller travailler à un bout ou à l’autre bout de la Chine. Les maris et les femmes ne vivent pas ensemble tant qu’ils travaillent. Prenons l’exemple d’Ayi, elle travaille à Shanghai et son mari au Tibet, son fils vit dans le Sichuan où vivent également ses parents et ses frères et sœurs. Elle rentre une à deux fois par an dans le Sichuan pour voir sa famille, mais a passé quatre ans sans voir son mari. Ce n’est plus forcément le cas pour la nouvelle génération, mais c’est encore comme ça que vivent la plupart des Chinois.

Depuis la loi sur l’enfant unique et l’explosion des familles, il est donc entendu par tous que c’est à la belle-mère de prendre soin du bébé. Quand cette belle-mère est absente, elle peut être remplacée par la mère de la jeune accouchée, ou une Ayi que l’on va embaucher à plein temps durant 40 jours juste pour ça.

La mère elle-même n’a que peu à dire de l’éducation du bébé et de l’enfant. Les quarante premiers jours elle n’a pas le droit de se lever et n’a son bébé sur elle que pour téter. La mère est surprotégée et infantilisée. Tout comme son bébé. Ils ne cessent de répéter que c’est trop fatiguant pour une mère de s’occuper de son enfant, qu’il faut laisser ce soin à d’autres.

Les Chinois sont convaincus qu’une personne seule ne peut pas s’occuper d’un enfant. Il faut au moins deux personnes autour d’un enfant. Alors imaginez quand ils voient les mères étrangères se promener seuls avec deux ou trois enfants…

La place de la mère et de l’enfant est vraiment passionnante ici en Chine, d’autant que les mentalités ont radicalement évolué ces trente dernières années. Avant, les femmes avaient toutes trois ou quatre enfants et s’en occupaient elle-même. Elles avaient évidement l’aide des anciens et de leurs sœurs. Aujourd’hui, les mères sont persuadés de ne plus être capable…

Dans un même temps, cette aide de l’extérieur permet aux femmes de travailler et d’avoir leur propre vie à l’extérieur du cercle familial. Et ça reste sans conteste une aide précieuse quand on sait la fatigue qu’amène la naissance d’un enfant…

Vous pouvez en apprendre plus sur le sujet : “Expatriation ; suivi de grossesse

7- Comment se passe la scolarité de tes enfants ?

Ma fille est entrée en petite section de maternelle à Shanghai. Nous avions choisi une école internationale et elle a été dans la section franco-chinoise jusqu’à la fin de son CP. Elle a donc eu un double cursus durant toutes ces années: la moitié de la semaine en français, l’autre moitié en chinois. C’est également le cas de mon fils depuis deux ans – il est entré en TPS et est aujourd’hui en PS.

“Expatriation : l’école internationale”

Aujourd’hui, nous avons eu l’obligation d’inscrire ma fille au lycée français. Il n’y a dorénavant plus d’autre école qui enseigne le français à Shanghai après le CP.

Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, c’est sur le blog : “Changements de plan”

L’école est payante. D’autant plus que ce sont des écoles internationales. Pour le lycée français, il faut compter environ 15 000 euros par an. Le tarif est équivalent pour l’école maternelle internationale. Heureusement, les frais de scolarité des enfants sont pris en charge par l’entreprise de mon mari !

Mes deux enfants prennent le bus scolaire qui vient les chercher devant notre résidence. Pour le rythme, les enfants travaillent du lundi au vendredi de 9h à 16h pour la maternelle internationale. Pour l’école française, c’est de 8h à 15h30 les lundis, mardis et jeudis et de 8h à 12h30 les mercredis et vendredis. Ensuite, les enfants ont la possibilités de participer à des activités culturelles et sportives. Pour les vacances, ils ont le même nombre de jours de vacances qu’en France, réparti légèrement différemment pour couvrir également les vacances chinoises.

Dans les écoles chinoises, le rythme n’est pas le même. Les enfants n’ont que deux temps de vacances dans l’année, en dehors de quelques jours de congés: une semaine du 1er au 7 octobre puis environ un mois pour le Nouvel An chinois. Ensuite ils ont deux mois de vacances d’été comme nous. Les enfants travaillent principalement le matin et terminent au plus tard vers 15h, souvent vers 13 ou 14h. A Shanghai, il y a une carte scolaire très précise pour intégrer les écoles de quartier, et en même temps en payant cher et en connaissant les bonnes personnes, on peut aller quasiment dans n’importe quelle école…

8 – En quoi cette expérience a-t-elle été enrichissante pour ta famille ? Et pour toi ?

Cette expérience correspond exactement à ce dont nous avions envie en quittant la France : nous sommes dans la découverte et l’émerveillement constant. Nous avons appris une nouvelle langue, nous continuons à découvrir cette magnifique culture. Little Miss Sunshine a un niveau de Chinois quasi équivalent à un enfant chinois de son âge, Little Smiling Buddha est né en Chine et le Chinois est sa langue maternelle au même titre que le Français.

L’expatriation nous a appris à sortir de notre zone de confort, à nous frotter à l’inconnu. Parfois nous avons été mis à mal par nos expériences, mais nous en sommes toujours ressorti plus fort.

Nous avions déjà une relation de famille très fusionnelle avant de partir. Cette vie, juste nous quatre à l’autre bout du monde, aura encore renforcé cet aspect. Nous voulions passer du temps ensemble, profiter de la vie et de moment de bonheur ensemble et c’est ce que cette vie a réussi à nous offrir.

9- Si je viens passer quelques jours chez toi, qu’est-ce que tu m’emmènes visiter ?

Je t’invite à boire un thé dans les règles de l’art, chez moi ou chez des amis chinois qui tiennent une superbe petite maison de thé.

Je t’emmène en promenade dans la concession française, visiter ce quartier si particulier et les lilongs – habitats traditionnels de Shangai.

Si on a le temps, je t’emmène voir l’incroyable ancien abattoir de Shanghai que j’ai visité au mois d’octobre, et qui est fascinant.

Fin d’après midi, je t’emmène sur le Bund pour observer la fameuse vue de Shanghai. Juste avant la tombée de la nuit pour profiter de la vue de jour et de nuit…

Je t’emmène dîner dans un restaurant sympathique avec une vue magnifique sur le Bund.

 10- Et après ? Vous restez ? Vous rentrez dans votre pays d’origine ? Vous partez ailleurs ? Quelles sont vos souhaits pour l’avenir ?

C’est là où encore une fois l’expatriation nous sort de notre zone de confort… Aucune idée!

Nous étions partis pour cinq ans. Nous terminerons nos cinq ans en mai 2019. Nous avons envie de rester encore quelques années ici, en Chine.

Si ce n’est pas possible, nous en saurons plus au début de l’année prochaine, nous n’avons pas envie de rentrer en France. Nous rechercherions certainement une expatriation dans un autre pays, soit toujours l’Asie, soit l’Europe du Nord.

Mais absolument rien n’est fixé! Seul l’avenir sait ce qu’il nous réserve!”

Merci encore à Loutarwen d’avoir répondu à mes questions et de nous avoir fait découvrir tant de choses sur la vie en Chine ! Pour suivre ses aventures, c’est sur son blog La famille Kangourou en Chine. N’oubliez pas non plus d’aller vous abonner à son compte instagram !